Tracer un OVALE au compas

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Autant l’ovale d’un visage gagne à être dessiné rapidement, soit en partant du cercle soit en partant du rectangle – autant pour une architecture ou un autre travail de précision, il est parfois nécessaire de faire son tracé au compas ou à la corde… Il y a plusieurs méthodes possibles :

Ovale inscrit dans un rectangle

C’est le premier qu’on apprend car généralement il peut se faire à main levée.  Voici la manière la plus rapide…

Ci-dessous, mais en version cercle, une manière plus précise, il suffira de transposer en rectangle plus ou moins long pour avoir l’ovale voulu…

Pour les explications à venir, désolée de la mauvaise qualité des photos mais je n’ai toujours pas de scanner…

ovale en forme d’oeuf

la première part d’un cercle divisé en croix, dans lequel on inscrit un triangle avec pointe vers le bas. Le compas a donc pour premier rayon le cercle lui-même et pour deuxième rayon le diamètre de ce même cercle. On pose ensuite la pointe du compas à l’intersection de droite entre triangle et croix, et l’on trace une première courbe. On inverse les côtés et on fait pareil. Ensuite, partant de la pointe du triangle, on réduit le rayon du compas de manière à tracer l’arrondi qui termine l’ovale. C’est facile et rapide. Ce tracé donne un ovale en forme d’oeuf.

ovale régulier

Pour tracer un ovale symétrique et régulier on fait deux cercles de même taille ayant leur centre sur la même ligne. Ensuite on monte une droite aux intersections et on trace un « V » partant du bas de l’intersection des deux cercles. Ce « V » doit passer par la ligne horizontale sur laquelle reposent les centres du cercle. En prenant comme rayon le diamètre entier des cercles prédédents et en plaçant la pointe-de-compas à la pointe de ce « V » on obtient la courbure d’ovale. Faire pareil de l’autre côté et hop, le tour est joué.

Ovale symétrique plus allongé

Pour trouver la droite verticale lorsque les cercles ne s’entrecroisent pas il faut procéder comme suit :
– tracer une droite
– tracer deux cercles assez éloignés l’un de l’autre
– au compas diviser le segment entre les deux centres
– monter la droite
– tracer un « V » rejoignant la circonférence de chaque cercle
mais ayant sa base sur la verticale. Le descendre plus ou
moins selon que l’ellipse doit être ventrue, ou pas.
– Placer la pointe du compas à la base du « V » et tracer le
ventre de l’ovale. Faire pareil de l’autre côté. Pour la symétrie
reporter la hauteur géométrique obtenue au compas.

L’intérêt de procéder ainsi c’est qu’on peut doubler l’ovale obtenu pour tracer une figure géométrique très précise, comportant une distance égale entre deux ovales dont l’un se trouve dans l’auttre… 

 

Beaucoup de dessinateurs utilisent des plastiques comportant des ovales mais cette astuce ne convient pas s’il faut intégrer les ovales dans un dessin déjà existant avec une perspective déterminée par les autres éléments de la compostion. D’où l’intérêt d’apprendre à les tracer correctement. 

Il y a quantité d’autres variantes mais les exemples supra suffiront à la plupart des Artistes dans leur usage courant. Tracer une ellipse à la corde est suffisamment connu pour qu’on n’ait pas à y revenir et convient en fait surtout pour les fresques ou les tracés au sol.

Apprendre à faire un tracé est bien plus RAPIDE que de mal calquer ou d’utiliser un « patron » qui serait faux alors… à vos crayons & compas !

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Comment réussir son stage…

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En cette période estivale, où l’on retrouve un peu de ce temps qui toute l’année manque chroniquement… voici pour ceux qui songent à un stage, quelques points qu’il est bon à savoir avant de se lancer… Article neutre de pub, écrit en ma double qualité d’Artiste-se-formant-en-continu donc participant à des workshops et… de formatrice.

Règle d’Or :

Savoir estimer son propre niveau.
Pourquoi ?
Parce que pour profiter pleinement d’un stage ou workshop, il faut que le niveau de celui-ci soit juste légèrement plus élevé que le vôtre. Si l’écart est important on repart frustré et on en a pour des années de travail pour arriver à intégrer ce qu’on a pu apprendre…

Pour estimer son propre niveau, l’arme-absolue c’est la parfaite honnêteté envers soi-même : celui qui n’arrive pas à dessiner un visage de mémoire ou qui ne connaît pas les canons n’aura aucun intérêt à s’inscrire à un stage sur le portrait où le Maître de Stage exige que l’on se passe de toute béquille en ne travaillant que face au sujet. Dans le même ordre d’idées, celui qui ne sait rien du mélange des couleurs primaires ne profitera pas pleinement de certaines subtilités de haut niveau…

Oui, nos attentes sont souvent déçues voire contrariées, mais il faut faire la part des choses, souvent le souci ne vient pas de l’enseignant mais d’une mauvaise définition de ce qu’on a besoin d’apprendre à un moment donné. Voir travailler les plus Grands est toujours une joie mais s’imaginer pouvoir y arriver ne serait-ce qu’un peu sans accepter d’évoluer étape-par-étape relève de l’utopie.

L’autre facteur à prendre en compte c’est que l’ego sera titillé dans un travail collectif car dans le groupe il y en a forcément qui sont plus doués car pratiquant déjà depuis plus longtemps ou ayant une recherche mieux ciblée…

Le débutant aura tout intérêt à commencer sa formation par un cours de pur-dessin portant sur la perspective élémentaire, puis à apprendre face à son sujet à choisir la meilleure perspective, celle qui rendra le mieux ce que l’on veut mettre en avant. Parfois il faudra pour ce faire exagérer la perspective. De même, il faudra apprendre à inscrire même une fleur dans une forme géométrique pour plus tard pouvoir faire une composition « juste » avec plusieurs éléments disparates. En matière de composition, nombreux sont les pièges dans lesquels nous pouvons tomber… on ne peut parfois pas tous les éviter mais il faut apprendre à limiter les dégâts. Ensuite il reste à étudier les ombres, l’anatomie et les canons, et naturellement la manière de rendre au mieux chaque sujet selon la technique que l’on choisit. En aquarelle le minimum est d’apprendre à mélanger les primaires, ensuite on pourra passer aux choses plus subtiles et aux techniques-de-peinture à proprement parler.

Le futur stagiaire va donc devoir repérer ses lacunes, puis se renseigner sur qui-peut-y-remédier…

Choix d’un Enseignant-Maître-de-Stage

Un bon Artiste-Peintre n’est pas forcément un bon pédagogue, il faut le savoir. Pour enseigner il faut une patience infinie alliée au savoir-faire-technique. Le mieux, une fois que l’on a cerné soigneusement ses besoins immédiats, c’est de lister tous les Enseignants dont le style correspond à ce que l’on aimerait apprendre. 

Au niveau dessin, il faut souvent dissocier ceux qui vous promettent d’apprendre trop facilement… On peut y arriver même partant de zéro, mais s’il y a des p’tits trucs faciles, il faut savoir qu’un minimum de discipline est nécessaire sur plusieurs semaines avant d’avoir un bon résultat. En dessin, un stage permet avant tout de mieux raisonner, de mieux apprendre à voir, et de mieux rendre avec l’acquis-du-moment.

En peinture et plus particulièrement en Aquarelle, avant de faire ses choix, si l’on peut se déplacer, c’est toujours très instructif de se rendre à une grande Exposition ou dans un Salon. On peut y voir travailler gratuitement ceux qui ont pignon sur rue et souvent aussi des artistes « montants ». Mais il faut savoir repérer ceux qui ne misent que sur les effets tape-à-l’oeil par rapport à ceux qui appliquent de vraies techniques. Il faut également tenir compte du fait que le temps limité d’une démonstration ne permet pas de faire une perspective telle que par exemple un édifice religieux du moins pas en technique hyper-réaliste. Par contre, en « suggéré » cela reste faisable… En clair, voir un artiste faire un sujet simple ne veut pas du tout dire qu’il ne peut pas faire autre chose ou mieux  : c’est juste qu’il essaie de se caler dans le temps qui lui a été imparti…

Dans le public, beaucoup hélas ne savent plus à quel saint se vouer.  Dans notre monde moderne où tout le monde veut tout-tout-de-suite, l’Art n’est pas épargné et il est devenu difficile d’innover car tout a déjà été peint et souvent mieux… Etudier l’Histoire de l’Art se révèle d’une grande aide pour s’y retrouver dans les styles et les techniques
Mais l’essentiel est que chacun repère déjà ce que lui aime et donc qu’il aimerait apprendre.

Donc, sur le terrain, on peut voir qui fait quoi… et parfois participer à de mini-workschops. Il faut toujours bien cibler ces besoins…

CHOIX d’UN STAGE

Une fois nos attentes et connaissances bien définies, et le Maître de Stage repéré… il est bon de participer avant de s’engager sur une semaine entière ou plus, à un stage d’une demi-journée ou d’une journée. Ce principe permet de vérifier que l’on est bien en adéquation avec l’état d’être de l’ Enseignant et que l’on va pouvoir profiter pleinement des nouvelles connaissances qu’on rêve d’acquérir.  Quelquefois on a des surprises… dans le bon sens ou dans l’autre… donc : toujours tester !

A titre d’exemple : une personne sachant dessiner ou ayant envie d’apprendre, n’aura pas sa place chez un « coloriste » distribuant des calques en début de séance… Cela ne veut pas dire que l’Enseignant est mauvais mais qu’il apprend juste à appliquer comme il faut le médium, sans plus. Autre exemple, les Artistes misant uniquement sur la couleur et occultant toute technique de dessin, perspective et composition.

En ce qui me concerne, j’ai trouvé un moyen de sélection efficient et rapide : dans le moteur de recherche, cliquer sur « images » et taper le nom de l’Artiste qu’on avait retenu pour un éventuel stage. Si toutes ses oeuvres se ressemblent (palette ou style) c’est que l’Artiste s’est enfermé dans un style et il vaut mieux l’éviter car on n’y apprendra au mieux que quelques effets spéciaux. Si maintenant on tombe sur une série d’images où l’on reconnaît la griffe de l’Auteur mais avec des sujets différents, des couleurs variées et une recherche technique constante, là BINGO. Il faut soigneusement se la noter… et creuser l’idée de faire un stage avec l’Enseignant. Si-si, il y en a encore de bons… même s’ils sont parfois loin.

En type de stage, il faut toujours privilégier le travail face au sujet. En ce qui concerne le plein-air, la météo peut parfois venir contrarier un stage, il convient de le savoir. Travailler sur le motif est toujours extrêmement formateur, en indoor comme en outdoor.


Ensuite, il y a l’aspect financier qui joue… à chacun de voir ce qu’il peut ou ne peut pas. Les stages « pension complète » sont les plus onéreux, il faut voir s’il existe des alternatives… L’idéal c’est de se constituer un petit groupe d’Artistes de même niveau et… de faire venir l’Enseignant : dès lors qu’il n’habite pas à l’autre bout du monde, c’est jouable et moins cher que de déplacer tout un groupe de personnes sur une semaine entière…

Important pour les allergiques : ne jamais opter pour un stage en pension complète.

Pour tout déplacement, il faut penser à s’organiser de manière à réduire au maximum les frais Sncf, avion et autres…

Le matériel en stage

Souvent on vient avec ce que l’on a en matière de médium & matériel, mais cela ne marche pas toujours. A titre d’exemple, un Artiste peignant exclusivement au pinceau plat vous en voudra si vous débarquez avec juste quelques pinceaux-chinois… La plupart des Enseignants donnent une liste de ce qu’il faut, que ce soit pour le médium, le papier ou les pinceaux.

Je recommande à chacun(e) d’emmener un cahier brouillon pour noter au moins les mots-clés de la théorie… 

Sinon, selon les techniques choisies, un tablier est grandement utile. Et toutes les petites affaires auxquelles on tient : lingettes pour s’essuyer les mains si l’on travaille au fusain ou au conté, chiffons, gobelets, vaporisateurs, apprareil photo.

Lieu du stage

Le lieu du stage peut ne pas être important pour ceux qui enseignent en s’appuyant sur des photos mais il est d’une importance de premier ordre pour tous les autres, les « vrais »… Il est clair que pour peindre un bâteau il faut aller dans un port et que pour peindre un chameau il faut être dans le désert ou tout au moins dans un zoo… Dans le même ordre d’idée, pour un modèle vivant il faut… un vrai sujet.

Un bon stage ne vous ruinera pas mais… il reste cher pour ceux dont le budget est limité. En version « semaine » attention aux journées de coupure qui vous obligent à rester sur place sans peindre : c’est agréable uniquement pour ceux qui ont les moyens. Côté « prix » il faut s’attendre à une fourchette entre 50 et +100 € la journée, hors hébergement et hors nourriture. D’où l’intérêt parfois de venir en camping-car ou de se trouver une autre solution se rapprochant du coût zéro… Je déconseille aussi les chambres à plusieurs car des tensions peuvent ternir le stage…

De qui faut-il se méfier ?

  • De ceux qui vous assurent que vous ferez un chef-d’oeuvre en trois (ou cinq) étapes… c’est un slogan percutant mais sans plus.
  • De ceux qui prennent vingt stagiaires à la fois…
  • de ceux qui vous parlent uniquement de leurs expositions ou de leur carrière fulgurante : un véritable Enseignant souvent met sa propre carrière entre parenthèses car la Pédagogie c’est avant tout une passion…
  • de ceux qui veulent que vous achetiez leurs livres ou leurs CD en « plus » du stage déjà coûteux…

Pour trouver un bon stage, il ne faut pas forcément aller à l’autre bout du monde… il faut juste bien chercher… et se renseigner chez les collègues ayant déjà testé.

Le contenu du stage sera toujours à demander globalement, car certains travaillent en fonction du niveau de chaque participant, les autres ont un planning méticuleux. Bon à savoir aussi : le nombre d’heures de travail par jour. Six me semble être un grand maximum car au-delà il y a crispation corporelle, et c’est contre-productif.

En résumé… un stage consiste à apprendre une nouvelle technique puis à s’en affranchir pour exprimer pleinement son émotion face au sujet. La pratique intensive d’une discipline artistique produit les bons « réflexes », la dynamique de groupe et la qualité de l’Enseignement aident chacun à aller au-delà de ses limites initiales…

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Trait ou masse, en dessin ou peinture

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 actualisé le 29 avril 2017


 

La plupart des personnes construisent leurs peintures comme on construirait un coloriage. Le résultat est très différent… voyons cela en détail.

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DESSIN PAR LA LIGNE

En dessin, l’enfant ou le débutant commençe généralement par poser les formes telles que nous les connaissons… Donc pour un oeil, on pose le contour et on pose la couleur… cette démarche, poussée dans sa perfection, peut aboutir à des peintures trop « léchées » ayant un rendu plus qu’artificiel même si le style voulu peut devenir hyper-réaliste.

Il faut donc faire la distinction entre le dessin au trait destiné à rester tel quel, et là le trait « juste » prend toute son importance. Voici un exemple d’étude au trait attribuée à Bloemaert  (image de chez Wikipédia) qui nous montre qu’un trait juste peut se passer de couleurs…

J’irai même plus loin : le trait s’il est juste peut aussi se passer d’ombres même si parfois elles sont suggérées… tout est dit PAR LA LIGNE

Il est bon de connaître toutes les techniques et de choisir laquelle convient sur le moment à ce que l’on veut faire ou alors de parfois les mélanger allègrement pour un travail qui a du cachet.

donne de bons résultats à la ligne… le tradio que l’on peut combiner par un pinceau à réserve d’eau pour un rendu plus fini…

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DESSIN PAR LES HACHURES


Aux Beaux-Arts on apprend toutefois à aborder l’oeuvre autrement… Au lieu de dessiner le contour, on pose les principales « masses » par le biais des hachures. Pour ce faire, sur le papier, on commence par mettre une petite croix là représentant le soleil. Ensuite on hachure logiquement son sujet sans en faire les contours. Je fais mon exemple au STYLO à ENCRE pour un meilleur rendu photographique. Les hachures n’ont pas besoin d’être mathématiquement exactes, voir exemple, mais ce sont elles qui vont nous permettre de poser les valeurs puis les contours, sachant que tous les contours n’ont pas forcément besoin d’être précisés… l’effet n’en sera que meilleur.

Ensuite on fait petit à petit l’ébauche des contours. Ici sur un petit sujet unique les traits ont le même sens mais sur une grande scène les traits pourront avoir un sens différent. Voir résultat plus loin…

D’aucuns trouvent cette technique plus compliquée que la construction par les formes géométriques (donc en plaçant les lignes dans un volume). Mais elle est la seule qui convient pour dessiner sur le motif en plein air une scène un peu compliquée, car elle permet de ne pas trop avoir à regarder sa feuille… et de placer les ombres aux bons endroits. Voici un exemple réalisé en pleine nature, dans lequel on aurait fini par « loucher » en choisissant d’aborder uniquement le travail par la ligne…

La technique des hachures permet de saisir l’essentiel en fort peu de temps, et donne un aspect spontané au dessin. Autre avantage, on s’écarte du rendu trop scolaire d’un croquis…

En résumé : les contours sont remplacés par des hachures ou des groupes de hachures, et les détails sont posés petit à petit. On peut peaufiner ou juste suggérer… c’est dans tous les cas sympa. Ici le stylo était à l’étroit sur trois sujets pour un papier A4 mais en grand format cette technique est des plus sublimes…

Sur le motif donc sujet devant soi, il faut plisser les yeux au lieu de les garder normalement ouverts.

Voici donc des roues de camion normales (ci-dessus) et maintenant, voilà comment on peut les percevoir une fois les yeux plissés : les zones ombrées sont renforcées et le tout est légèrement flouté… En peinture, cette manière de regarder aide beaucoup.

Les hachures permettent donc d’aborder à la fois les masses et les valeurs…

La ligne et la masse peuvent se côtoyer, mais en phase d’apprentissage il est bon de séparer les techniques. Par la suite c’est l’approche de l’Artiste qui déterminera si le travail part des masses ou des contours…  Les lignes & contours conviennent aux études sur les proportions, aux silhouettes, aux arrières-plans… L’approche par les masses convient aux ambiances et au sujet principal.

En dessin, les masses peuvent être suggérées par des hachures simples à un seul sens, ou un entrecroisement de hachures. En aquarelle, on va jouer sur les lavis, les superpositions, les injections de couleur en zone humide…

Ce qui est important c’est que le spectateur doit clairement voir le choix de l’Artiste. Les essais tièdes sont donc à proscrire… il faut franchement utiliser la technique choisie.

Le pinceau petit-gris permettra de faire des lavis à l’Encre et à l’Aquarelle pour dégager les masses qui seront ensuite retravaillées par le rythme et certains détails…

Ceux qui ont appris à dissocier cerveau-droit et cerveau-gauche apprécieront les masses car elle fait appel à la partie DROITE du cerveau ! yessss !

L’idéal c’est bien sûr… on ne le répètera jamais assez… de faire avant toute aquarelle une vignette ou miniature monochrome, en y inscrivant les masses et en réduisant les valeurs à trois ou quatre. C’est très formateur et permet d’aborder autrement la suite. Les valeurs seront abordées séparément…


Cet article sera régulièrement actualisé car peu importe notre niveau, nous n’avons jamais fini d’apprendre. C’est tout simplement passionnant.

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Diviser un segment ou une droite en deux parties égales

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Certains d’entre vous m’ayant demandé de refaire une petite synthèse, voici deux méthodes simples et sans calculs mathématiques qui permettent de diviser une longueur donnée en deux parties égales. On va aussi dans la foulée voir quand-et-pourquoi…

La première solution s’applique essentiellement dans les constructions à main levée ou les perspectives plus poussées faites à la règle… Elle peut se faire facilement et rapidement et offre l’avantage de pouvoir également fonctionner lorsque la forme géométrique est en perspective. Le milieu sera toujours juste.
(pour la photo du dessous on peut dans la foulée faire une ellipse)

Lorsqu’on n’a pas besoin de faire un tracé sur une forme géométrique en perspective mais qu’on dispose d’un compas donc plutôt en Atelier… c’est encore plus rapide :

pour diviser un segment en deux au compas
cliquez ici

L’ouverture du compas doit à la louche représenter un peu plus de la moitié du segment à diviser, peu importe laquelle, il faut juste garder le même rayon pour les deux courbes. Leur intersection donne la division et du même coup un angle parfaitement droit.

à vos outils !!!

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Le verre de réduction

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Les Artistes ou dessinateurs modernes ne connaîtront pas cet outil et préfèreront sans doute les techniques à la pointe du progrès mais à titre de curiosité il est toujours bon de savoir comment on faisait avant l’ère informatique ou l’invention du numérique…

Cet article ne conviendra pas à celui qui veut sérieusement apprendre à dessiner mais retiendra l’attention des autres… Je rappelle que dans mes articles suivants :
> avec ou sans calque  (calquer est à proscrire)
> astuces de reproduction
> compas de réduction pour vérifier son dessin (acceptable)
j’expliquais ce qui convient à qui et pourquoi…

Aujourd’hui je vais donc parler d’un instrument assez peu usité, facile à fabriquer soi-même mais pas évident du tout à employer.

Il s’agit non pas d’une loupe grossissante mais de son équivalent-réducteur. Elle existe en forme rectangulaire mais son prix n’est pas donné. Celle à forme ronde est facile à faire soi-même mais mais il faut compter une bonne centaine d’heures de frottement à l’abrasif.

Conclusion : durant ce laps de temps, il vaut bien mieux apprendre à dessiner correctement !

Je dispose d’un objet ancien-familial qui permet à la fois d’agrandir ou de rétrécir, avec un oeil ou deux yeux, je vous le montre à titre documentaire mais je ne m’en sers absolument PAS pour le dessin. Le voici en position « repos » (fermé) :

à remarquer qu’ouvert, il possède une « rallonge » à utiliser ou non selon le cas…

Cet outil peut éventuellement dépanner pour avoir une idée de comment serait le sujet en plus petit… mais il fausse le raisonnement, la technique et… ne fait pas du bien aux yeux.

L’inconvénient majeur de ce gadget c’est qu’on n’a pas de vue d’ensemble en travaillent car il faut bosser petite-zone-par-petite-zone.

Je conseille donc plutôt d’apprendre à changer l’échelle de son dessin d’une manière plus « saine » (lire ici).

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Polygone à sept côtés

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Matériel : compas, crayon, équerre, papier.

Le plus simple, c’est de tracer son cercle sur une droite de sept centimètres facilement divisables…

Mais si notre structure doit s’intégrer dans un dessin déjà en place cela n’ira pas, il faut donc partir du cercle de la taille qui colle… et faire autrement la division en sept segments égaux. Une division à la règle n’est pas possible, à titre d’exemple, neuf centimètres divisés par sept donnerait  = 1,285…

N’aimant pas les maths… écartons aussi toute formule compliquée, le bonheur réside dans la simplicité.

Nous allons géométriquement y arriver par projection en passant par une droite « de secours »… Cela n’est pas difficile… nous allons partir d’une droite devant ensuite s’inscrire dans un cercle ici non dessiné pour simplifier les explications. Du haut de ce segment nous allons dessiner la droite des mesures (ou de projection)…

On a ensuite deux possibilités :
a) se servir d’une règle et y tracer sept marques égales
b) faute de règle, tracer les marques égales au compas
b) (partir alors d’un premier point posé arbitrairement appelé 2.)

L’équerre par contre est ici obligatoire car avec elle on va relier chacun des points ainsi obtenus à notre droite initiale. La projection sur le segment de départ nous donne donc sept mesures rigoureusement égales et SANS CALCUL (ouf !).

Ma présentation « manuelle » plutôt qu’un tracé informatique est moins esthétique mais je préfère bosser à l’ancienne. C’est mon choix. C’est plus précis que les logiciels dont je dispose…

Il suffit donc de trouver le milieu en inscrivant ce segment dans un rectangle divisable par croix, puis d’y tracer au compas notre CERCLE.

Prendre ensuite comme rayon de cercle le segment de base, et tracer sur la droite le point central « de travail » duquel on va faire partir les côtés du polygone.

Après traçage de la 1ère ligne (qui part du point central de travail en passant par la  2ème mesure en partant du haut de la droite de base) et du 1er côté, il suffit de reporter la longueur du segment obtenu au compas… et de tracer les côtés à la règle. Ensuite un petit coup de pinceau… et hop le tour est joué.

à vous maintenant !

à quoi ça sert ?

à tracer correctement des visseries, fenêtres, roues d’engin, ou toute autre perspective nécessitant des côtés égaux…

On peut, sur le même principe, diviser un cercle en un autre nombre de parties égales.

Ce polygone servira également de base pour construire une spirale à sept points dans le cadre d’une architecture : c’est hyper important.

 

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Papier Yupo

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Le Papier LanaVanguard (200 g/m²) n’a pas été conçu  initialement pour l’aquarelle et je ne m’en sers jamais pour mes tableaux, mais je l’ai quand même testé car il peut convenir pour certaines choses notamment des cartes destinées à être plastifiées ou vernies… il permet de jolis effets spéciaux. Mais comme nous allons le voir s’amuser avec est l’un de ses seuls atouts…

 

C’est un produit qui présente une surface très lisse sur laquelle on peut travailler avec de l’encre, de l’acrylique et bien sûr de l’aquarelle voire de la gouache. Le médium reste en surface ce qui en clair signifie qu’on ne peut PAS appliquer un certain nombre de techniques propres à l’aquarelle mais offre l’avantage de faire « chanter » les couleurs qui sont sur ce papier toujours très lumineuses et denses.

Le papier Yupo gagne à être utilisé en position parfaitement plane donc sur table.

Il est grattable et permet par conséquent pas mal d’effets spéciaux, immédiatement effaçables si l’on souhaite en changer.

Ce papier donne aux Créations spontanées un rend unique et inattendu qu’on n’a pas sur papier classique mais… je pense qu’il est à réserver aux personnes manquant de technique sur papier-classique et il ne convient assurément pas à l’hyper-réalisme et au figuratif seulement s’il est interprété avec fantaisie.

On peut l’acheter par paquets de cinq feuilles pour une vingtaine d’euros en 50 x 70 cm mais aussi en blocs plus petits, de 10 feuilles : 22 x 32 cm ou 34 x 48 cm.

Le Père-Noël m’avait envoyé une feuille gratuite pour faire mes essais… c’est largement suffisant puisque ce papier se nettoie d’un coup d’éponge, du moins pour une dizaine de fois. Après le médium laisse des traces et il faut le changer… Dans le même ordre d’idées le crayon ne s’efface pas toujours et le papier ne supporte pas la pointe d’un compas (il n’est d’ailleurs pas fait pour les choses précises et figuratives, plutôt pour le flou artistique et l’abstrait). Voici à quoi il peut alors ressembler :

Voici ce que j’ai pu constater en utilisant ce papier.

 

sur fond sec

  • aucune fusion telle qu’elle se produit sur des excellents papiers comme Arches ou Bockingford
  • les pigments se repoussent souvent

sur fond mouillé ou très mouillé

  • aucune fusion telle qu’elle se produit sur des excellents papiers comme Arches ou Bockingford
  • aucun travail d’auréoles possible
  • il est conseillé de légèrement mouiller le papier Yupo avec quelques gouttes de liquide-vaisselle dans l’eau
  • ne pas utiliser le médium le plus cher… pour ces essais très provisoires car même recouvert de laque il est clair que la conservation dans le temps est plus que limité et que des travaux faits sur ce papiers sont écartés par les Collectionneurs & investisseurs.

L’intérêt d’utiliser un tel papier ?

S’amuser, se lâcher, oser du nouveau…
Trempage du papier et fixation inutiles, il ne gondole pas. Par contre il ne se laisse déchirer que si l’on prend soin de l’entailler avant.

 

Les plus et les moins…

Ce qu’on peut faire :

  • glaçé, il sèche lentement et permet beaucoup de migrations de pigments, on a le temps de voir ce qui se passe
  • repentir possible et même souhaitable. Ceux qui ne savent pas dessiner peuvent poser un support en dessous et peindre directement par transparence si le yupo est posé sur une table lumineuse
  • les couleurs restent vives et dynamiques et sont comme sublimées
  • effets spéciaux inimaginables ce qui est une pure-merveille pour les abstraits
  • avec un bon vernis… voire de la résine (prévoir au moins 2 mm) on peut l’exposer sans cadre

 

  • On peut par exemple faire des retraits au papier absorbant, gratter, souffler, saler, poser des films alimentaires ou du papier alu…les effets sont parfois saisissants.

Ce que l’on ne peut PAS faire :

  • on arrive à de beaux résultats sans forcément maîtriser la technique complexe de l’aquarelle, bref ce n’est pas avec ce papier que l’on progresse
  • il faut user abondamment de fixatifs & vernis si on veut « garder » un travail quelques années mais nous n’avons aucun recul sur plusieurs siècles comme pour les vraies aquarelles. Des dégradations ont déjà été notées et ce même au bout d’une année.
  • trop de choses avec ce papier doivent être laissées au hasard, rien ne peut être prévisible
  • l’inconvénient MAJEUR pour moi c’est que dès qu’on regarde la création de BIAIS… on voit horriblement les différences de densité dans l’application du médium… car tout reste en surface au lieu d’aller en profondeur…


Utilisation idéale
  :

  • essais divers
  • cartes de voeux plastifiées ou vernies
  • abstraits
  • combiné avec les crayons aquarellables, les sticks, ou technique-mixte
  • le travail par retraits (notamment sur fond uniforme)

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Financer son Art

paramétré pour 3 miniatures sur une ligne, si votre écran est réglé autrement merci de ré-ajuster en appuyant simultanément sur Ctrl et + (ou -) du pavé numérique.

 


 

 

 

 

 

 

Plusieurs possibilités :

  • paiement comptant en espèces, par chèque ou par virement…
  • à partir d’un certain montant, paiement possible en deux ou trois fois
  • Pour préserver sa trésorerie, l’acheteur peut aussi économiser et attendre de pouvoir payer au comptant… mais avec le risque de voir entretemps l’oeuvre partir ailleurs…
  • en cas de gros achat (par exemple pour un lot entier de tableaux) le client peut éventuellement prendre un micro-crédit. A titre indicatif, un prêt de 1.000 € remboursable en douze mensualités ne coûtent qu’une quinzaine d’euros pour le crédit, hors frais de dossier. Pourquoi il est plus intéressant que l’acheteur contacte lui-même un organisme de financement plutôt que de demander à l’Artiste un échelonnement ? tout simplement parce que les organismes spécialisés offrent des services supplémentaires tels que les assurances-emprunteur, un taux annuel nominatif fixe assez faible,  et en option l’assurance-décès ou chômage voire perte-d’autonomie. C’est donc une GARANTIE pour les deux parties de passer par une Banque ou un organisme financier. L’Artiste est réglé de suite (cash ou chèque certifié) et peut lui-même payer ses factures, et le client est sûr de ne pas avoir le couteau sous la gorge en cas de souci de santé.
Défiscalisation :
Article 238bis-ab (lire ici)

Parce qu’en Entreprise l’espace et l’ambiance comptent tant pour le personnel que pour les visiteurs, et qu’un environnement distingué est toujours favorable à l’obtention d’un contrat, il y a un intérêt commun certain entre le monde du travail et l’Art. Une entreprise peut acquérir des oeuvres ou penser au leasing et changer régulièrement ses tableaux… Toutes les oeuvres exposées 4 à 5 ans au public (lieux d’accueil ou de réunion) donnent lieu à d’importantes déductions fiscales, que l’Artiste vive encore ou plus. Passé ce délai les oeuvres peuvent passer dans les bureaux ou être rachetées par un membre du personnel…
Des simulations intéressantes se font sur les sites appropriés… à tester ! A titre d’exemple, un achat peut être étalé sur plusieurs années (avec clause de réserve de propriété comme garantie pour l’Artiste), les loyers du leasing peuvent passer en défiscalisation, et le coût final est très réduit par rapport aux collectionneurs privés.
Il faut aussi savoir que l’Art n’est pas asujetti à l’ISF et mes propres factures ne comportent pas de T.V.A. actuellement, en vertu de l’Article 293 B du CGI.Deux solutions :

  1. l’entreprise repère les oeuvres qu’elle souhaite acquérir ou louer
  2. l’entreprise souhaite donner une âme à ses locaux mais a besoin d’un accompagnement pour le choix des tableaux et surtout des cadres…
    Consulter aussi l’expert-comptable qui reprend les conditions nécessaires pour bénéficier des déductions fiscales supra.Astuce :
    Plutôt que d’acquérir uniquement des Oeuvres d’Artistes reconnus, souvent hors de prix, il est judicieux de trouver les  Artistes émergents, déjà en place au niveau international mais n’ayant pas encore monté un onéreux dossier-de-cotation… Leurs prix sont généralement abordables mais mieux, leurs Oeuvres prennent de la valeur avec les années qui passent.Ces Artistes ont généralement fréquenté une Ecole d’Art, et exposent dans des Salons internationaux. (nb. certains pays ont horreur des autodidactes et leurs investisseurs misent uniquement sur une solide formation indépendamment de la qualité du travail fait, il convient de le souligner et de le savoir) – Certaines de leurs ventes sont cataloguées (cela donne une juste idée de la qualité du travail) et ils sont des valeurs sûres au niveau du marché de l’Art.Je conseille donc aux Entreprises de vérifier le parcours artistique des Artistes susceptibles de les intéresser, puis de se faire conseiller selon l’importance de leur investissement, par un bon encadreur assisté dudit Artiste ou par un Critique d’Art mais ce dernier a un coût dans le cadre d’une telle consultation.

Cet article sera régulièrement mis à jour.

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autour de l’encre traditionnelle chinoise

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Ayant eu en cadeau un coffret de calligraphie chinoise… je vous invite à explorer les possibilités de ces outils non pas pour la calligraphie (que j’aime aussi beaucoup) mais pour la peinture à l’encre. Ce chapitre vient compléter l’article où j’évoquais déjà un peu l’encrage. L’encrage d’un dessin de style manga se fait à la bonne Encre de Chine mais l’encre pour Calligraphie est (nuance !!) de l’encre chinoise TRADITIONNELLE. Il s’agit d’un produit très différent pour une utilisation elle aussi différente.
>>> Travail à l’encre de Chine.

L’encre traditionnelle se présente en effet sous forme de bâtonnet. C’est pour cela  que l’on prévoit un support évidé (sorte de « cupule » pour ceux qui connaissent le terme dans son contexte celtique voire ésotérique). On y met un peu d’eau et… on frotte le bâtonnet d’encre d’un mouvement circulaire dans la cupule de la pierre à encre. Les bâtonnets ou bâtons d’encre comporte très souvent des symboles ou marques de fabrique et peuvent avoir des formes et des couleurs différentes.

La pierre à encre est tradition-nellement constituée de roche creusée puis polie. S’en servir est très « ritualisé » et la texture voire le son en sont appréciés par les spécialistes. Cet « ustensile » existe également en porcelaine mais son utilisation exige alors plus de finesse.

C’est la proportion de l’eau qui détermine les différentes « nuances » obtenues.

En tant qu’Artiste nous allons plus particulièremement nous pencher sur les utilisations de cette encre pour peindre. La calligraphie chinoise exige en effet des études plus poussées… L’encre est, en résumé, obtenue par addition de noir de fumée (après combustion) et de divers produits variant d’une sorte d’encre à l’autre. Le bois de sapin a une grande importance.

La bonne encre traditionnelle est d’une extrême dureté et dans la pierre il faut pratiquement la « moudre » par mouvement de rotation. Le bâtonnet doit pouvoir rester immergé dans l’eau et demeurer intact mais très curieusement on a toujours pris d’infinies précautions pour le préserver de l’humidité.

L’utilisation la plus facile pour nous occidentaux, reste le « lavis« . J’ai découvert récemment (et avant de recevoir mon coffret) que Victor Hugo pratiquait très efficacement cette technique. En voici un bel aperçu.

Les points communs entre le lavis à l’encre et le lavis à l’aquarelle sont la grande dilution du médium. Dans les deux techniques on peut l’appliquer sur papier sec ou sur papier humide. A l’aquarelle on peut faire des retraits, à l’Encre non. Mais on peut retravailler à l’aide d’un pinceau gorgé d’eau. A noter que le résultat est très différent à l’encre selon que l’on travaille à plat ou sur un plan légèrement incliné… l’encre se diffuse bien plus vite sur une surface humide que l’aquarelle…

Ceux qui ont déjà eu la chance d’observer des artistes orientaux auront remarqué leur grande assurance dans l’exécution de l’Oeuvre… cette spontanéité n’est obtenue qu’après de longues années de travail et de méditation.

Pour qui les travaux à l’encre conviennent-ils ?

  • pour ceux qui savent faire preuve de patience
  • pour rendre la perspective atmosphérique & subtilités
  • pour les études de valeurs en monochrome
  • pour ceux qui trouvent que peindre c’est aussi méditer
  • ceux qui ne craignent pas l’absence de repentir.

Les lavis bistres de Fragonard sont de toute beauté, cliquez ici pour en avoir un aperçu.

Alors que la calligraphie à l’encre traditionnelle chinoise se fait sur du papier de riz… nous pouvons faire les lavis sur les supports occidentaux que nous connaissons, donc pour moi le papier aquarelle ou le papier-calligraphie si son grammage est suffisant.

Peindre au lavis exige de bonnes bases en dessin et un geste sûr. Tellement sûr qu’un Maître sachant méditer pourra se passer d’un tracé au crayon alors que nous autres, pour un résultat regardable, ferons mieux de crayonner avant d’encrer. L’idéal est, comme pour l’aquarelle, de se préparer avant une vignette (ou croquis tonal). On travaille ensuite par superposition de « jus » plus ou moins dilués, sachant que les zones blanches ne doivent pas être mouillées ni peintes.

Petit détail technique qui a son importance : à l’encre, surtout au bâton d’encre… il est pratiquement impossible de se re-préparer un jus de la même densité ou couleur… il faut donc en préparer  suffisamment quitte à ensuite utiliser le reste pour autre chose.

Techniques :

  • laisser le papier complètement sécher entre deux couches (permet des contours « nets »)
  • appliquer la couche sur papier encore humide (permet des contours estompés)

Au lavis-encre, la technique du négatif reste possible.

En tant qu’illustratrice occasionnelle, j’adore travailler à l’encre et ses divers degrés de dilution permettent d’obtenir d’infinies nuances. On peut aussi travailler les contrastes avec une palette de nuances plus réduite. Les travaux graphiques à l’Encre ont, quant à eux, un rendu incomparable.

(j’ai fait des tests avant de rédiger mon article mais sur papier-bureau… des photos personnelles seront rajoutées dès que je disposerai de papier approprié)

L’entraînement « lavis » le plus ludique est sans doute l’exercice consistant à dessiner des bambous. C’est l’anti-stress parfait… Après bien sûr, tous les sujets sont possibles, qu’il s’agisse d’animaux, de paysages ou d’architectures.

En technique-mixte on peut aussi combiner Encre et Or… c’est du plus bel effet quand on maîtrise la technique…

Le lavis (uni ou dégradé) gagne à être souligné de traits à la plume !

Une technique dérivée du lavis consiste à faire un tracé à la plume et immédiatement (l’encre sèche plus vite que l’aquarelle) à faire des dilutions localisées au pinceau humide. Mais attention, l’encre se diffuse différemment que l’aquarelle…

Espérant vous avoir donné envie de vous y mettre……….

 

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Changer son échelle en dessin

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© ALLENBACH CHRISTIANE

CHRISTIANE ALLENBACH | EQUERRE SUR SEGMENT PROJECTION ET SEGMENT DE BASE


 

CO

Le dessin artistique doit être juste à la fois en échelle, en perspective et en qualité du trait. Il se différencie du dessin industriel par sa touche artistique et son trait vivant mais toujours dans le respect des lignes justes.

Voici quelques possibilités pour ceux qui ne souhaitent pas dessiner en taille 1:1 donc en grandeur nature.
Je recommande toutefois, pour apprendre, de garder ce rapport 1:1 tout simplement parce qu’il est idéal pour éduquer l’oeil. Il ne faudrait passer à une autre échelle donc transposer mentalement que lorsqu’on peut rendre sans se tromper les proportions justes telles qu’on les voit. Pour le tester, se mettre face à son sujet, et en dessiner une partie. Mesurer ensuite à la pige ou à la règle et vérifier si cela colle. Avec un entraînement quotidien d’une quinzaine de minutes on y arrive assez rapidement.

Minimaliste, je recherche toujours une simplicité maximum même si le problème est parfois plus complexe qu’il n’y paraît, nous allons donc écarter les calculettes, compas et autres outils… Pourquoi ? parce que pour dessiner DEHORS, qu’il s’agisse de paysage, perspective ou nature morte… on n’emmène généralement que le minimum. Ensuite… parce que ce même minimum permet de produire un travail correct et même plus que correct… Alors pourquoi se compliquer la Vie ?

Tout d’abord, revoyons ce qu’est une échelle car entre nos cours de techno et notre actuel parcours un certain nombre d’années se sont sûrement écoulées… L’échelle c’est le rapport la mesure de l’objet qui se trouve devant le dessinateur et la mesure avec laquelle il va choisir de la représenter.

Exemples :
> 1:1 = grandeur nature
> 1:2 = réduction de moitié
> 2:1 = grandeur double par rapport au sujet

Pourquoi est-il nécessaire de changer parfois le rapport 1:1 donc de passer d’une grandeur « nature » à une autre dimension sur le papier ?

Voici quelques exemples (liste non exhaustive)  :

  • dans le travail avec un modèle vivant, la disposition du sujet  par rapport aux chaises d’élèves, prévoit généralement un travail sur feuille de format raisin. On peut se déplacer mais avancer ou reculer n’est pas possible sauf séance individuelle (plus chère que si plusieurs personnes s’associent pour payer un modèle). Dès lors que certains arrivent avec un bloc à dessin plus petit… voire un sketchbook… ils doivent mentalement transposer les mesures… Les étudiants des Beaux-Arts, formés à ce type d’exercice, se passent aisément de tout système de mesure mais les autres gagnent (au moins au début) à vérifier leurs mesures. Je dis ici vérifier car je conseille toujours de ne se servir d’un outil que comme moyen de contrôlejamais comme supplément à la technique propre à chaque Artiste.
  • Dehors, face à un immeuble… il est évident que nous aurons un problème d’échelle : nous avons donc le choix soit de nous éloigner physiquement du sujet jusqu’à ce que le rapport 1:1 aille sur le papier que nous avons emmené. Dans l’inverse, on peut aussi s’en rapprocher… Il faut toutefois garder à l’esprit que si nous avons besoin de peindre le sujet en y incluant des détails, il nous faudra après avoir dessiné les contours avec recul, nous en rapprocher pour mieux voir ces détails, de manière à les retranscrire avec exactitude. Une aquarelle d’ambiance pourra se passer de cette dernière démarche si la perspective est juste dans son ensemble.
  • Cela peut sembler étrange que j’évoque cette possibilité de déplacement de l’Artiste alors qu’il suffit de convertir les mesures… mais sur le terrain, lorsqu’on se déplace, on découvre aussi très souvent un point de vue bien plus intéressant pour dessiner que celui que l’on avait initialement sélectionné. Certains sujets complexes nécessitent également que l’Artiste en fasse le tour avant de commencer le dessin car il devra suggérer ce qui ne se verra pas pour donner l’impression « juste ». Je rajoute que parfois il ne faut pas juste s’éloigner ou se rapprocher, mais aussi monter ou descendre pour avoir une idée de ce que donne le sujet en montant ou descendant la ligne d’horizon.
  • Dans tous les cas où la configuration interdit à l’Artiste de se déplacer, le changement d’échelle permettra d’avoir un travail adapté au support choisi.

Pour contrôler si l’oeil a transposé la bonne mesure sur le papier, qu’elle soit, simple, double ou différente, nous disposons de différents systèmes que je vais évoquer du plus simple au plus élaboré… Mais commençons par le commencement…

  • Le cadrage, étape préliminaire à toute esquisse ou dessin, est expliqué ici et je n’y reviendrai pas autrement que pour souligner qu’il faut toujours s’assurer, avant de commencer, que TOUT ce que l’on a choisi de dessiner rentre sur la feuille. Bien sûr on peut sciemment opter de ne rendre qu’une partie d’un sujet mais cela entre alors dans la composition personnelle plutôt que dans la partie basique du cadrage. Fait intéressant, c’est en procédant au cadrage qu’on se rend compte s’il faut ou non changer d’échelle. Le plus simple est, bien sûr, de passer du simple au double.
  • Une fois le cadrage fait, il convient de choisir mentalement la disposition du sujet sur la place délimitée sur le papier, selon que l’on souhaite respecter ou s’affranchir des règles de composition.
  • L’étape suivante… et c’est indispensable, c’est de tracer au crayon (avec ou sans règle, au choix) sa ligne d’horizon. Le lecteur trouvera quelques illustrations ici. Cette ligne est à tracer légèrement mais entièrement car pour un rajout d’éléments que l’Artiste n’aura pas sous les yeux elle est indispensable. Qu’il s’agisse d’un sujet spécial-perspectives comme une chaise, un banc ou une maison ou alors seulement d’un vase avec un bouquet… la ligne d’horizon est absolument indispensable car elle détermine la logique dans laquelle les différents éléments de la composition vont être transposés. Voici un ancien pas à pas qui le démontre.
  • Pour l’échelle 1:1 ou 2:1, la pige est amplement suffisante. Ceux qui n’ont pas de pige fine peuvent prendre leur crayon ou une règle métallique mais dans la nature on peut aussi se servir d’une branchette et à défaut d’une chûte de papier aquarelle découpée de manière appropriée.

Pour la prise d’une unité de mesure à la pige, il est bon de fermer un oeil. Les porteurs de lunettes vont devoir faire attention à ne pas regarder par dessus leurs verres pour la prise de mesure et à travers pour dessiner.

 

 

  • La prochaine étape va être, une fois le cadrage fait et la composition ébauchée en tête (via une vignette c’est mieux) de reporter les VERTICALES stratégiques puis de vérifier les angles et de tracer les fuyantes. On trace ensuite les figures géométriques dans lesquels viendront s’inscrire les immeubles, arbres, personnages ou objets… Il faudra avec la pige prendre les mesures globales plutôt que d’additionner des segments ce qui est toujours légèrement inexact. Un angle rigoureusement exact par rapport au sujet s’obtient avec deux simples tickets-tram ou autres cartons…

 

  • Les plus méticuleux peuvent avoir recours à la règle pour dessinateur mais en outdoor elle est encombrante (30 cm de long et triangulaire). Elle permet de mesurer en taille réelle (1:00) mais aussi en 1:10, 1:20, 1:25, 1:50 (selon le fabricant).
  • Une bonne alternative consiste à découper un petit carton sur lequel on peut faire un trait à titre d’une unité de mesure que l’on peut par pliage diviser en deux, ou additionner pour doubler le segment mesuré. Pour les croquis aquarellés cela suffit amplement.
  • Les perfectionnistes auront recours au compas de réduction pour vérifier si leur oeil restitue correctement ce qu’ils perçoivent. Lorsqu’on ne dessine pas tous les jours on change facilement d’échelle en cours de travail. Je recommande l’usage d’un tel outil s’il est en métal, tout le reste est à oublier car trop imprécis !

Je n’évoque pas les autres manières d’agrandir car elles ne font que reporter un tracé au lieu d’aider à dessiner juste)

Le meilleur training et on ne le répétera jamais assez, c’est de dessiner un peu tous les jours. Vérifier les proportions permet de se rendre compte que souvent on avait tapé juste, et cela aide à avoir confiance en son oeil… et en sa main. Bref en soi.

… à vos crayons & stylos…

 

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