Changer son échelle en dessin

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CHRISTIANE ALLENBACH | EQUERRE SUR SEGMENT PROJECTION ET SEGMENT DE BASE


 

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Le dessin artistique doit être juste à la fois en échelle, en perspective et en qualité du trait. Il se différencie du dessin industriel par sa touche artistique et son trait vivant mais toujours dans le respect des lignes justes.

Voici quelques possibilités pour ceux qui ne souhaitent pas dessiner en taille 1:1 donc en grandeur nature.
Je recommande toutefois, pour apprendre, de garder ce rapport 1:1 tout simplement parce qu’il est idéal pour éduquer l’oeil. Il ne faudrait passer à une autre échelle donc transposer mentalement que lorsqu’on peut rendre sans se tromper les proportions justes telles qu’on les voit. Pour le tester, se mettre face à son sujet, et en dessiner une partie. Mesurer ensuite à la pige ou à la règle et vérifier si cela colle. Avec un entraînement quotidien d’une quinzaine de minutes on y arrive assez rapidement.

Minimaliste, je recherche toujours une simplicité maximum même si le problème est parfois plus complexe qu’il n’y paraît, nous allons donc écarter les calculettes, compas et autres outils… Pourquoi ? parce que pour dessiner DEHORS, qu’il s’agisse de paysage, perspective ou nature morte… on n’emmène généralement que le minimum. Ensuite… parce que ce même minimum permet de produire un travail correct et même plus que correct… Alors pourquoi se compliquer la Vie ?

Tout d’abord, revoyons ce qu’est une échelle car entre nos cours de techno et notre actuel parcours un certain nombre d’années se sont sûrement écoulées… L’échelle c’est le rapport la mesure de l’objet qui se trouve devant le dessinateur et la mesure avec laquelle il va choisir de la représenter.

Exemples :
> 1:1 = grandeur nature
> 1:2 = réduction de moitié
> 2:1 = grandeur double par rapport au sujet

Pourquoi est-il nécessaire de changer parfois le rapport 1:1 donc de passer d’une grandeur « nature » à une autre dimension sur le papier ?

Voici quelques exemples (liste non exhaustive)  :

  • dans le travail avec un modèle vivant, la disposition du sujet  par rapport aux chaises d’élèves, prévoit généralement un travail sur feuille de format raisin. On peut se déplacer mais avancer ou reculer n’est pas possible sauf séance individuelle (plus chère que si plusieurs personnes s’associent pour payer un modèle). Dès lors que certains arrivent avec un bloc à dessin plus petit… voire un sketchbook… ils doivent mentalement transposer les mesures… Les étudiants des Beaux-Arts, formés à ce type d’exercice, se passent aisément de tout système de mesure mais les autres gagnent (au moins au début) à vérifier leurs mesures. Je dis ici vérifier car je conseille toujours de ne se servir d’un outil que comme moyen de contrôlejamais comme supplément à la technique propre à chaque Artiste.
  • Dehors, face à un immeuble… il est évident que nous aurons un problème d’échelle : nous avons donc le choix soit de nous éloigner physiquement du sujet jusqu’à ce que le rapport 1:1 aille sur le papier que nous avons emmené. Dans l’inverse, on peut aussi s’en rapprocher… Il faut toutefois garder à l’esprit que si nous avons besoin de peindre le sujet en y incluant des détails, il nous faudra après avoir dessiné les contours avec recul, nous en rapprocher pour mieux voir ces détails, de manière à les retranscrire avec exactitude. Une aquarelle d’ambiance pourra se passer de cette dernière démarche si la perspective est juste dans son ensemble.
  • Cela peut sembler étrange que j’évoque cette possibilité de déplacement de l’Artiste alors qu’il suffit de convertir les mesures… mais sur le terrain, lorsqu’on se déplace, on découvre aussi très souvent un point de vue bien plus intéressant pour dessiner que celui que l’on avait initialement sélectionné. Certains sujets complexes nécessitent également que l’Artiste en fasse le tour avant de commencer le dessin car il devra suggérer ce qui ne se verra pas pour donner l’impression « juste ». Je rajoute que parfois il ne faut pas juste s’éloigner ou se rapprocher, mais aussi monter ou descendre pour avoir une idée de ce que donne le sujet en montant ou descendant la ligne d’horizon.
  • Dans tous les cas où la configuration interdit à l’Artiste de se déplacer, le changement d’échelle permettra d’avoir un travail adapté au support choisi.

Pour contrôler si l’oeil a transposé la bonne mesure sur le papier, qu’elle soit, simple, double ou différente, nous disposons de différents systèmes que je vais évoquer du plus simple au plus élaboré… Mais commençons par le commencement…

  • Le cadrage, étape préliminaire à toute esquisse ou dessin, est expliqué ici et je n’y reviendrai pas autrement que pour souligner qu’il faut toujours s’assurer, avant de commencer, que TOUT ce que l’on a choisi de dessiner rentre sur la feuille. Bien sûr on peut sciemment opter de ne rendre qu’une partie d’un sujet mais cela entre alors dans la composition personnelle plutôt que dans la partie basique du cadrage. Fait intéressant, c’est en procédant au cadrage qu’on se rend compte s’il faut ou non changer d’échelle. Le plus simple est, bien sûr, de passer du simple au double.
  • Une fois le cadrage fait, il convient de choisir mentalement la disposition du sujet sur la place délimitée sur le papier, selon que l’on souhaite respecter ou s’affranchir des règles de composition.
  • L’étape suivante… et c’est indispensable, c’est de tracer au crayon (avec ou sans règle, au choix) sa ligne d’horizon. Le lecteur trouvera quelques illustrations ici. Cette ligne est à tracer légèrement mais entièrement car pour un rajout d’éléments que l’Artiste n’aura pas sous les yeux elle est indispensable. Qu’il s’agisse d’un sujet spécial-perspectives comme une chaise, un banc ou une maison ou alors seulement d’un vase avec un bouquet… la ligne d’horizon est absolument indispensable car elle détermine la logique dans laquelle les différents éléments de la composition vont être transposés. Voici un ancien pas à pas qui le démontre.
  • Pour l’échelle 1:1 ou 2:1, la pige est amplement suffisante. Ceux qui n’ont pas de pige fine peuvent prendre leur crayon ou une règle métallique mais dans la nature on peut aussi se servir d’une branchette et à défaut d’une chûte de papier aquarelle découpée de manière appropriée.

Pour la prise d’une unité de mesure à la pige, il est bon de fermer un oeil. Les porteurs de lunettes vont devoir faire attention à ne pas regarder par dessus leurs verres pour la prise de mesure et à travers pour dessiner.

 

 

  • La prochaine étape va être, une fois le cadrage fait et la composition ébauchée en tête (via une vignette c’est mieux) de reporter les VERTICALES stratégiques puis de vérifier les angles et de tracer les fuyantes. On trace ensuite les figures géométriques dans lesquels viendront s’inscrire les immeubles, arbres, personnages ou objets… Il faudra avec la pige prendre les mesures globales plutôt que d’additionner des segments ce qui est toujours légèrement inexact. Un angle rigoureusement exact par rapport au sujet s’obtient avec deux simples tickets-tram ou autres cartons…

 

  • Les plus méticuleux peuvent avoir recours à la règle pour dessinateur mais en outdoor elle est encombrante (30 cm de long et triangulaire). Elle permet de mesurer en taille réelle (1:00) mais aussi en 1:10, 1:20, 1:25, 1:50 (selon le fabricant).
  • Une bonne alternative consiste à découper un petit carton sur lequel on peut faire un trait à titre d’une unité de mesure que l’on peut par pliage diviser en deux, ou additionner pour doubler le segment mesuré. Pour les croquis aquarellés cela suffit amplement.
  • Les perfectionnistes auront recours au compas de réduction pour vérifier si leur oeil restitue correctement ce qu’ils perçoivent. Lorsqu’on ne dessine pas tous les jours on change facilement d’échelle en cours de travail. Je recommande l’usage d’un tel outil s’il est en métal, tout le reste est à oublier car trop imprécis !

Je n’évoque pas les autres manières d’agrandir car elles ne font que reporter un tracé au lieu d’aider à dessiner juste)

Le meilleur training et on ne le répétera jamais assez, c’est de dessiner un peu tous les jours. Vérifier les proportions permet de se rendre compte que souvent on avait tapé juste, et cela aide à avoir confiance en son oeil… et en sa main. Bref en soi.

… à vos crayons & stylos…

 

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Randocrocking -9- cadrage au carton-trois-en-un

Pour l’artiste débutant, ce n’est pas facile entre voir la beauté autour de lui et en extraire les éléments significatifs pour les mettre sur papier… Cela engendre parfois des dessins disproportionnés ou mal cadrés.

si vous avez besoin :
– de mieux cadrer
– de sélectionner la partie la plus avantageuse du sujet
– d’agrandir…
alors mon carton-trois-en-un vous rendra d’énormes services.

Pour y remédier, j’ai inventé un petit cache qui peut avoir trois utilités mais tout d’abord voici comment le construire. D’autres en ont parlé mais je crois être la seule à lui adjoindre un petit « plus » de taille… (voir plus loin).

Il faut :
un carton foncé de la même taille que votre bloc-croquis
(si comme moi vous dessinez sur du demi-A4 ce sera hyper facile)
Règle + crayon + cutter
facultatif : fil + plastifieuse

Donc, si votre bloc à dessin et vos feuilles à dessins sont carrées, votre carton devra être carré et avoir les mêmes dimensions. Si votre bloc à dessin et vos feuilles volantes sont rectangulaires, votre carton devra être rectangulaire et avoir les mêmes dimensions.

Pourquoi ? parce qu’en même temps qu’une aide au cadrage ou à la recherche de la meilleure partie d’un paysage… il vous aidera à agrandir. Pour cela il faut garder les PROPORTIONS entre votre feuille et votre cache. Pour un cache carré, il suffira de mesurer une égale distance de chaque côté pour garder les proportions mais pour un cache rectangulaire cela n’ira pas. Pour que la partie évidée reste proportionnelle au support de dessin, il faut contrôler votre « sélection » par le biais d’une diagonale.

Prenez votre carton rectangulaire et tracez les diagonales puis au centre, un rectangle d’assez petite taille (2 cm de haut, par exemple, pour un demi-A4)… évidez au cutter en coupant droit et très soigneusement. La base-classique est faite.

L’idéal c’est de prendre du carton foncé. Si vous n’en avez pas, prenez du papier aquarelle 300 g. et peignez-le au vaporisateur. Vous aurez ceci :

Mon astuce maintenant… risque d’être surprenante mais… il faut en avoir deux.

Pourquoi ??? Parce que nous allons y fixer des fils aux 1/3<> 2/3, de manière à voir du 1er coup où il faut placer nos centres d’intérêt… On peut fixer les fils au scotch puisqu’on va plastifier… Alors qu’on aura évidé le carton noir, il n’est pas nécessaire d’évider le plastique… au contraire, il va maintenir les fils et donner de la solidité à l’ensemble car vous l’aurez tout le temps avec vous…  On aura donc 1 carton pour le format-paysage et un carton pour le format-portrait si l’on choisit cette dernière option qui est bien sûr facultative mais pourra rendre bien des services tant que l’on n’a pas encore le compas dans l’oeil.

Cette petite « aide » s’utilise en la tenant plus ou moins éloignée de l’oeil… à tester selon l’effet souhaité. Le mieux bien sûr sera de fermer un oeil mais pour tous ceux qui trouvent que c’est laborieux, j’ai aussi une solution : à l’aide d’une chûte de papier aquarelle 300 g, confectionnez un petit cache pour un oeil. Si vous portez des lunettes il suffira de le glisser en dessous, généralement il tient sans aucune fixation j’ai testé… et sinon… un petit bout de scotch le fera tenir le temps de mettre vos repères sur papier…


Petit inconvénient… vous n’avez qu’une main libre sauf si vous fixez votre cache avec une punaise sur un support trouvé sur place… Pour y remédiez… posez un poids sur votre feuille à dessin ou scotchez la. 

Par contre, il vaut mieux ne PAS s’habituer à faire tout le dessin en regardant à travers votre cache sinon exit-les-progrès. Après avoir mis les principaux repères sur papier… retravaillez normalement.

Ce travail n’est pas à mélanger ni à confondre avec le travail à la pige… sachant que par la suite il faudra se passer de tout…

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