Trait ou masse, en dessin ou peinture

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© ALLENBACH CHRISTIANE

 actualisé le 29 avril 2017


 

La plupart des personnes construisent leurs peintures comme on construirait un coloriage. Le résultat est très différent… voyons cela en détail.

ALLENBACH CHRISTIANE A LA BOSSE SKETCH

DESSIN PAR LA LIGNE

En dessin, l’enfant ou le débutant commençe généralement par poser les formes telles que nous les connaissons… Donc pour un oeil, on pose le contour et on pose la couleur… cette démarche, poussée dans sa perfection, peut aboutir à des peintures trop « léchées » ayant un rendu plus qu’artificiel même si le style voulu peut devenir hyper-réaliste.

Il faut donc faire la distinction entre le dessin au trait destiné à rester tel quel, et là le trait « juste » prend toute son importance. Voici un exemple d’étude au trait attribuée à Bloemaert  (image de chez Wikipédia) qui nous montre qu’un trait juste peut se passer de couleurs…

J’irai même plus loin : le trait s’il est juste peut aussi se passer d’ombres même si parfois elles sont suggérées… tout est dit PAR LA LIGNE

Il est bon de connaître toutes les techniques et de choisir laquelle convient sur le moment à ce que l’on veut faire ou alors de parfois les mélanger allègrement pour un travail qui a du cachet.

donne de bons résultats à la ligne… le tradio que l’on peut combiner par un pinceau à réserve d’eau pour un rendu plus fini…

ALLENBACH CHRISTIANE A LA BOSSE TRADIO

DESSIN PAR LES HACHURES


Aux Beaux-Arts on apprend toutefois à aborder l’oeuvre autrement… Au lieu de dessiner le contour, on pose les principales « masses » par le biais des hachures. Pour ce faire, sur le papier, on commence par mettre une petite croix là représentant le soleil. Ensuite on hachure logiquement son sujet sans en faire les contours. Je fais mon exemple au STYLO à ENCRE pour un meilleur rendu photographique. Les hachures n’ont pas besoin d’être mathématiquement exactes, voir exemple, mais ce sont elles qui vont nous permettre de poser les valeurs puis les contours, sachant que tous les contours n’ont pas forcément besoin d’être précisés… l’effet n’en sera que meilleur.

Ensuite on fait petit à petit l’ébauche des contours. Ici sur un petit sujet unique les traits ont le même sens mais sur une grande scène les traits pourront avoir un sens différent. Voir résultat plus loin…

D’aucuns trouvent cette technique plus compliquée que la construction par les formes géométriques (donc en plaçant les lignes dans un volume). Mais elle est la seule qui convient pour dessiner sur le motif en plein air une scène un peu compliquée, car elle permet de ne pas trop avoir à regarder sa feuille… et de placer les ombres aux bons endroits. Voici un exemple réalisé en pleine nature, dans lequel on aurait fini par « loucher » en choisissant d’aborder uniquement le travail par la ligne…

La technique des hachures permet de saisir l’essentiel en fort peu de temps, et donne un aspect spontané au dessin. Autre avantage, on s’écarte du rendu trop scolaire d’un croquis…

En résumé : les contours sont remplacés par des hachures ou des groupes de hachures, et les détails sont posés petit à petit. On peut peaufiner ou juste suggérer… c’est dans tous les cas sympa. Ici le stylo était à l’étroit sur trois sujets pour un papier A4 mais en grand format cette technique est des plus sublimes…

Sur le motif donc sujet devant soi, il faut plisser les yeux au lieu de les garder normalement ouverts.

Voici donc des roues de camion normales (ci-dessus) et maintenant, voilà comment on peut les percevoir une fois les yeux plissés : les zones ombrées sont renforcées et le tout est légèrement flouté… En peinture, cette manière de regarder aide beaucoup.

Les hachures permettent donc d’aborder à la fois les masses et les valeurs…

La ligne et la masse peuvent se côtoyer, mais en phase d’apprentissage il est bon de séparer les techniques. Par la suite c’est l’approche de l’Artiste qui déterminera si le travail part des masses ou des contours…  Les lignes & contours conviennent aux études sur les proportions, aux silhouettes, aux arrières-plans… L’approche par les masses convient aux ambiances et au sujet principal.

En dessin, les masses peuvent être suggérées par des hachures simples à un seul sens, ou un entrecroisement de hachures. En aquarelle, on va jouer sur les lavis, les superpositions, les injections de couleur en zone humide…

Ce qui est important c’est que le spectateur doit clairement voir le choix de l’Artiste. Les essais tièdes sont donc à proscrire… il faut franchement utiliser la technique choisie.

Le pinceau petit-gris permettra de faire des lavis à l’Encre et à l’Aquarelle pour dégager les masses qui seront ensuite retravaillées par le rythme et certains détails…

Ceux qui ont appris à dissocier cerveau-droit et cerveau-gauche apprécieront les masses car elle fait appel à la partie DROITE du cerveau ! yessss !

L’idéal c’est bien sûr… on ne le répètera jamais assez… de faire avant toute aquarelle une vignette ou miniature monochrome, en y inscrivant les masses et en réduisant les valeurs à trois ou quatre. C’est très formateur et permet d’aborder autrement la suite. Les valeurs seront abordées séparément…


Cet article sera régulièrement actualisé car peu importe notre niveau, nous n’avons jamais fini d’apprendre. C’est tout simplement passionnant.

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