Compas de réduction

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______article actualisé le 21.10.2016______

 


 

En dessin-artistique, la plupart des travaux se font à main levée. Mais comme il n’y a pas de règle sans exception, l’usage d’outils de précision tels que règle, équerre, compas… est parfois indispensable. Au-delà de leur symbolisme, souvent oublié, ces instruments de géométrie permettent un tracé précis. (petite parenthèse : la géométrie est le seul aspect mathématique qui m’ait intéressée, j’ai sinon une allergie avérée pour les « maths » car je suis sur tous les plans plutôt praticienne que théoricienne)

Le compas normal est connu et tout le monde en apprend l’usage à l’école.

Moins connus sont les compas spécifiques, dont le compas d’épaisseur, le compas d’intérieur, le compas à verge, le compas de transfert des Artisans (cliquer sur le PDF ici), le compas de tonnelier,  et le compas de réduction (attention, ce n’est pas le compas de proportion).

C’est uniquement le compas de réduction que nous allons examiner en détail ici. Le compas de luthier lui ressemble un peu… et bien sûr le compas de l’Artisan-sculpteur… parfois de grande dimension. Voici quelques exemples trouvés grâce à tonton-Google (option utilisation autorisée)  en attendant que j’en déniche un comme je veux pour un prix abordable…

Pourquoi j’en parle ?
Parce qu’avant de connaître son existence réelle… je l’ai inventé et fabriqué en carton.


L’idée m’est venue grâce à mon système de mesure des angles avec des tickets-tram…

Ensuite et ensuite seulement, je me suis dit que, même si je suis très inventive et appréciée pour cela auprès de mes amis… en l’an 2014 où on a sûrement déjà tout inventé… il doit y avoir moyen de trouver ce truc dans le passé…

S’en suivirent quelques recherches (documentaires et enquête dans les grandes écoles d’Arts aux quatre coins de France et même à l’étranger…et eurêka… j’ai trouvé un Professeur qui possède un exemplaire en métal et s’en sert encore).

A une vente aux enchère, j’en ai vu un vrai… un beau… en laiton… mais je n’ai pas pu l’acquérir… L’espace d’un instant, il m’a fait rêver et m’a replongé dans le passé… époque où l’on prenait le temps de bien faire les choses…  seul ou en lot il faut débourser un minimum de 200 à 300 € pour un objet ancien en métal, le  seul qui soient valable.

Avant d’en arriver aux alternatives abordables, voyons d’abord à quoi sert cet outil… dont voici plusieurs « variétés » selon l’utilisation (art ou artisanat).

Ce qu’il est et ce qu’il n’est pas, le compas de réduction

  • tout d’abord, son nom est mal choisit car il sert autant à réduire qu’à agrandir, on eût dû l’appeler « compas-convertisseur-de-mesures). En fait c’est instrument de « calcul-par-le-trait ».
  • ensuite il faut souligner son côté pratique à la fois pour les Artistes et pour les Artisans (le principe du compas est le même seule sa matière, sa taille et la forme des pointes-de-repère diffèrent)
  • La plupart des compas de réduction anciens pour Artistes sont fabriqués en métal et plus particulièrement en laiton. Mais l’aluminium pourrait constituer une alternative financièrement intéressante bien que ce métal enlèverait beaucoup de son cachet à ce bel objet-ancien. Attention, je parle ici uniquement du compas de réduction et PAS du compas de proportions qui est techniquement plus complexe…
  • Le compas de réduction est donc constitué de deux espèces de règles pourvues d’un système de glissement (pratique pour ajuster les tailles de l’agrandissement ou de la réduction souhaitées) et au centre d’un système de resserrage. Ce dernier doit à la fois être solide pour empêcher l’échelle de changer en cours de travail et souple pour permettre de prendre les différentes mesures nécessaires.
  • Un compas de réduction a parfois des repères qui servent à certains pour resserrer la vis. Mais on peut aisément s’en passer car pour l’usage courant de l’Artiste il y a d’autres paramètres qui entrent en jeu (voir plus loin).


Utilisations du compas de réduction

  • On va supposer que le lecteur est un artiste cherchant à apprendre comment mieux dessiner et PAS un simple coloriste qui chercherait à obtenir un beau tracé au projecteur, à la table lumineuse, au pantographe ou au calque|       J’explique ici pourquoi il vaut mieux s’en passer.
  • En planchant sur ce sujet,  j’ai découvert que cet instrument était déjà utilisé à l’époque de Pompéi… donc 6è. siècle avant JC. Le génial  Léonard de Vinci l’utilisait également pour dégrossir ses problèmes géométriques après construction de la figure : le compas lui permettait de modifier aisément les longueurs… Ceux qui souhaitent approfondir la question trouveront de précieuses informations dans le dictionnaire raisonné des sciences, arts & métiers.
  • Actuellement le compas de réduction ne se trouve sur le marché qu’en plastique ou en bois : l’un est aussi nul que l’autre…

Ce gros plan illustre les pointes du compas de réduction d’un fabricant contemporain : le système est d’une imprécision telle que l’utilisation de l’instrument devient caduque car un oeil éduqué et entraîné arrive au même résultat… De surcroît, la visserie est en plastique, elle ne tient pas la route… la vis s’ouvre toute seule ce qui change l’échelle en cours de travail si on ne fait pas attention.

La même version existe en… bois. La pointe est légèrement plus précise mais le système s’use lui aussi très vite et l’investissement s’avère inutile.

Si vraiment vous tenez à l’essayer… allez au marché aux puces ou aux enchères… car ce sont les seuls endroits où l’on trouve encore cette pièce en métal. L’inconvénient des enchères surtout cataloguées c’est que le compas de réduction fait parfois partie d’un lot et qu’il faut alors prendre aussi des choses dont on n’a pas forcément besoin.

Pour qui et pour quoi… un compas de réduction.

Lorsqu’on débute le dessin, on a souvent du mal à faire rentrer son sujet sur un format-papier précis… le compas de réduction peut alors être une aide précieuse. A titre d’exemple, on mesure de la tête aux pieds une personne, et on agrandit ou rétrécit sa « conversion » de mesure pour le faire aller pile-poil dans le sketchbook ou sur la feuille que l’on a sous la main. Le compas de réduction est donc utile à l’étape « composition ». Mais je vais tout de suite consoler ceux qui n’en ont pas : on peut s’en passer si on prend à la pige une mesure à l’échelle réelle et qu’on se rapproche ou s’éloigne de son sujet de manière à ce qu’il aille sur le papier. Il existe d’autres systèmes de conversion mais ils sont un peu plus techniques et seront abordés ultérieurement.

Dans le même ordre d’idées, le compas de réduction peut aider à décomposer les parties techniquement déterminantes d’un sujet. A titre d’exemple, si nous allons au zoo dessiner une girafe, animal non familier, nous risquons d’avoir un souci de proportion… le compas de réduction sera donc une aide précieuse pour repérer la longueur allant de la tête à la base du cou, la longueur du corps et la hauteur des pattes, et les reporter à l’échelle voulue sur le papier. Cet instrument ne vous aidera pas à dessiner mieux mais à avoir des repères plus justes.

Néanmoins, un entraînement quotidien au dessin rend l’instrument petit à petit inutile… l’oeil et la main s’habituent à rendre les distances de manière juste. Il est utile de temps à autre, de vérifier les proportions que l’on dessins SANS instrument. Cela redonne confiance de voir qu’on a tapé juste, parfois au millimètre près…

En résumé mais cela n’engage que moi… l’instrument est à considérer comme un « vérificateur » pour voir si l’on a bien transposé sur papier ce que l’on a vu. En effet, l’un de mes professeurs de dessin m’a dit que, passant le plus clair de son temps à enseigner, lorsqu’il pratique lui-même, il passe parfois d’une échelle à une autre sans s’en rendre compte. C’est à ce niveau là que pour nous autres le compas de réduction remplit pleinement son rôle : en douceur il nous remet sur les rails, et nous pouvons recommencer à nous entraîner au dessin sans découragement. Mais il faut bien garder à l’esprit que ce n’est qu’une « aide » et que pour progresser il faut petit à petit apprendre à s’en passer. Partir sur des repères justes aide à faire moins d’erreurs mais ne garantit pas forcément un beau dessin et pour compliquer les choses un dessin juste peut aussi ne pas être beau… 

Bien sûr, l’instrument ne sert qu’à transposer un segment. Les courbes quant à elles s’inscrivent dans une figure géométrique ou sont faites à la louche pour les plus entraînés. Pour info, un dessin peut aussi se construire sur des hachures ou en se basant sur la gestion des espaces vides (à suivre…)

Mais pour en revenir au compas de réduction : il ne faut pas faire de concession sur le matériel : c’est soit du métal, soit rien. Je rêve d’acquérir un jour un ancien compas de collection en laiton, qui va avoir une histoire à me raconter…

2016… à la lumière des derniers cours et enseignements reçus et aussi de mes propres expériences… je voudrais juste souligner que ceux qui travaillent sur un modèle VIVANT gagnent à utiliser le compas suivant qui est plus approprié. J’ai eu le privilège d’assister à son utilisation chez un expert et j’en fus scotchée…

(j’illustrerai cet article en trouvant les articles dont je parle aux puces)

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CHRISTIANE ALLENBACH RETOUR ACCUEIL facebook sous ALLENBACH CHRISTIANE WATERCOLOR