Modèles vivants pour nu académique

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En tant qu’Artiste je dessine bien entendu régulièrement des gens dans les endroits publics, jusqu’ici aucun souci.

Là où cela se complique c’est lorsque pour les besoins de l’étude académique du dessin, il faut un modèle vivant habillé juste de sa peau.

C’est l’occasion pour tout artiste ayant déjà des notions de canons et d’anatomie musculaire de s’imprégner des structures humaines jusqu’à ensuite pouvoir les restituer correctement, et à long terme par coeur sans aucun modèle et dans n’importe quelle position.

Discipline enseignée aux Beaux Arts mais aussi en cours privés, le dessin sur modèle vivant nécessite un atelier approprié, mais surtout la présence d’un modèle professionnel qui sait sans que l’on ait besoin de le lui expliquer, quelle position prendre lorsque toutes les 5 ou 10 mn on lui dit « pause suivante ». C’est un métier et sur le terrain j’ai pu me rendre compte qu’il n’est pas facile et physiquement parfois dur, certaines poses n’étant pas de tout repos.

En ce moment, les modèles de tous pays tendent à se regrouper pour qu’on reconnaisse officiellement ce métier. Le modèle devrait en effet avoir un statut de salarié comme un travailleur en intérim-pour-une-entreprise, avec des avantages sociaux, des conditions de travail normalisées, et tous les autres avantages d’un salarié dans le monde du travail.

La tendance actuelle est que les modèles se regroupent au niveau national et international pour être reconnus en tant que professionnels mais aussi pour mettre en place leurs droits.
Autour de cette action s’articulent les cours et les marathons des artistes, les plus talentueux se lançant parfois mutuellement des défis… mais avant tout par passion pour les lignes et les courbes à mettre sur le papier mais aussi à sculpter en pauses plus longues.

Les professeurs donnant régulièrement des cours sur les nus académiques n’ont quant à eux pas à courir après les modèles, ils reçoivent régulièrement des « offres » et peuvent faire leurs choix en fonction des critères recherchés pour l’apprentissage de cette discipline techniquement assez difficile. Je rappelle ici que cela n’a strictement RIEN de pornographique, il s’agit de dessiner avant tout les « raccourcis » de manière à donner de la profondeur à l’oeuvre. Les raccourcis sont au corps ce que la perspective est au bâtiments… Pour ma part je ne fais aucune différence entre dessiner un vase… et un corps sauf que parfois… le caractère du modèle se reflète dans le dessin et c’est particulièrement chouette.

La différence c’est que les écoles publiques exigent toujours un très grand professionnalisme, alors que les ateliers privés sont moins exigeants. Les pauses courtes par lesquelles on commence généralement pour aller à l’essentiel et s’assouplir, sont faciles à tenir pour un modèle, les pauses longues sont très difficiles surtout que pour une œuvre de qualité il faut compter en moyenne sept heures de pause immobile. C’est physiquement contraignant : pas question d’éternuer ou de se gratter la tête pendant la pose.

Un modèle faisant plusieurs poses de 30 mn par jour… a des courbatures le lendemain… il gagne donc à être sportif. Certains modèles se recrutent également… chez les marins, habitués à travailler avec leur corps. Au niveau du planning il faut donc que les modèles sachent parfaitement combien ils peuvent endurer en une journée et ce qu’ils feront le lendemain. Le salaire horaire moyen de 20 € l’heure (brut) se justifie donc aussi par le fait qu’un modèle n’est pas opérationnel huit heures par jour tous les jours ! Les modèles que je connais ont par conséquent tous un travail salarié classique parallèle à cette activité artistique. Les revenus issus de ce type d’activité sont bien évidemment à déclarer au fisc, ça va de soi, mais je préfère le préciser. Les écoles fournissent généralement des papiers officiels au modèle. Pour le privé c’est moins vérifiable mais le professionnel sérieux le fera également et ceci pour deux raisons : pour se mettre en règle et aussi pour pouvoir déduire les sommes versées au modèle de ses frais professionnels s’il fonctionne au régime de déclaration-contrôlée.

La France est sans doute le pays où l’ingratitude envers le statut de « modèle » est la plus forte… Dans certains pays, en une semaine de travail intensif, un bon modèle peut se faire 1.500 € (source = nouvel observateur). En France, le modèle est parfois payé à la séance ce qui du coup diminue de beaucoup les revenus, une séance durant deux heures dans le public et bien plus longtemps voire la soirée dans le privé : le modèle risque donc de rentrer fatigué et de n’avoir en poche qu’une quarantaine d’euros à tout casser… ce qui n’est pas toujours motivant sachant que le lendemain à cause des courbatures il ne pourra faire que du temps partiel… ou rien du tout.

Dans certains pays, les modèles ont un pourboire sous forme de « cornet ». J’ai vu pour ma part des Artistes offrir leur dessin au modèle, ce qui fait plaisir également.

Cela reste malgré tout un métier précaire au même titre que tous les intermittents du spectacle ou les intérimaires en Entreprise. Avec parfois des primes mais cela ne saurait compenser la sécurité d’un emploi plus stable…

On peut par contre être modèle à tout âge et avec toutes les corpulences. A titre d’exemple, une femme enceinte est très intéressante à dessiner.

Le modèle qui débute aura aussi intérêt à s’assurer, si on demande ses services dans le privé, qu’il s’agit bien d’une séance de dessin et de rien d’autre. Il vaut alors mieux aller dans une école de dessin pour proposer ses services. Et vice-versa, les artistes se voient également proposer parfois autre chose que la prestation purement artistique et se doivent alors de faire preuve de discernement et de professionalisme.

Un professeur qui veut organiser une séance « modèle vivant » se doit de connaître à l’avance le nombre minimum d’élèves et souvent ce problème est résolu par un règlement à l’année et en avance. Le coût de ces cours est assez variable selon qu’il s’agisse d’un cours officiel et public.
Les prix actuels sont d’environ 400 € l’année (universitaire) à raison d’une séance par semaine, ceci en Province bien sûr contre 40 € la séance en région parisienne ! Pour les ateliers publics les prix sont généralement calculés en référencement « T+N° (souvent 7) ». Il faut donc diviser son quotient familial par douze puis par le nombre de parts, pour connaître le prix du cours.
Ce référencement peut ou pas être assorti d’un supplément en fonction du modèle et de la mise en scène exigée par une pose. Une année universitaire de cours sur Paris vaut entre mille et deux mille Euros ce qui bien sûr n’est pas à la portée de tous… parfois il faut négocier des forfaits ou avoir recours aux ateliers privés. Il peut aussi arriver que ces derniers soient plus chers…. il n’y a pas de réglementation fixe (hélas).

En raison de ce coût auxquels se rajoutent pour les élèves (tout comme pour les modèles) d’importants frais de transport pouvant aller jusqu’à doubler les frais engagés… il me paraît nécessaire de souligner que pour aborder ce type de cours il faut au minimum être à même de :

  • dessiner de mémoire un visage de face et de profil en respectant les canons
  • dessiner de mémoire un homme et une femme debout, en respectant les canons
  • avoir étudié l’anatomie osseuse et musculaire
  • avoir déjà dessiné des parties isolées du corps tel que main, pied, jambes…
  • pouvoir physiquement dessiner debout ou sur un petit tabouret pas confortable
  • accepter de faire à la maison des exercices entre les séances afin de progreser régulièrement
  • maîtriser les contrejours, les lumières & ombres, les effets spéciaux
  • savoir se passer de pige en ne perdant PAS le sens des proportions
  • savoir voir en volumes et mettre sur du papier à deux dimensions un sujet à trois dimensions

Les techniques dites sèches conviennent aux études nécessitant un déplacement car il y a alors peu de matériel à emmener. Pour les pauses de longueur moyenne (20/30 mn) on peut risquer l’aquarelle. Du plus bel effet aussi pour qui maîtrise déjà tous les points énumérés plus haut… le calame et trois encres différentes. Et bien sûr rien n’interdit l’acrylique ou l’huile mais il faut alors des pauses plus longues.

nb. : suite à quelques « demandes » je rappelle ici que je ne fais absolument pas l’interface entre des dessinateurs en herbe et des modèles… à chacun(e) de trouver les siens.

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Cet article sera régulièrement mis à jour, merci de revenir voir.

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