LE PAPIER AQUARELLE | guide d’achat et de choix

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 article actualisé le 18.04.2017


Débuter en aquarelle implique, après avoir passé en revue les pinceaux, les tubes et comment prélever la couleur… qu’on s’intéresse un peu à un élément essentiel, le support PAPIER.

Je n’entre pas ici dans les détails techniques de fabrication dont je parle dans les articles consacrés aux marques particulières, comme par exemple ARCHES, mais l’un des critères prioritaires c’est le GRAIN du papier.

Le papier aquarelle peut en gros se classer en trois catégories :

G R A I N – F I N

D’aucuns assimilent le grain fin à  une mauvaise qualité mais ceci est inexact. Ce type de papier facilite la réalisation d’aquarelles nécessitant d’importants détails. Il est certe presque exempt de texture mais convient pour certains portraits ou scènes. Par contre, il faut toujours choisir un grammage élevé…

G R A I N – M O Y E N

C’est sans doute le plus courant car de par sa polyvalence, il se prête à toutes sortes de réalisations.

G R A I N – T O R C H O N

Ce papier, à gros grain, est très texturé et permet des effets spéciaux. Il existe souvent au grammage élevé (voir plus loin) pour  un travail à très grande eau… Il est produit aussi bien par les plus grandes marques que par de bons Artisans.

G R A I N – S A T I N É

Ce papier permet de délicates retouches mais manque souvent de cachet et n’est que rarement parfaitement blanc.

Ensuite il faut parler du GRAMMAGE qui est, dans les grandes lignes, le poids du papier-aquarelle au m2. Plus ce grammage est faible, plus le papier gondole durant le travail. Les papiers de faible grammage (moins chers) peuvent toutefois être utilisés si on les encolle avant mise en peinture, selon la méthode apprise chez l’autrichien Baxrainer et traduite avec son aimable autorisation.

Un grammage minimum de 300 g/m² permet au débutant comme au professionnel de réaliser sans gros soucis toutes les techniques même celles exigeant un gros apport d’eau. Pour les travaux de grand format exigeant que le papier reste mouillé longtemps sans se déformer, privilégier le 425, 640 ou 850 g/m² mais ils sont chers et de ce fait à réserver à un usage plus professionnel.

Il existe sur le marché une quantité énorme de marques différentes, de qualités différentes, de formats différents et même de degrés de blancheur différents… que c’est tout un sport que d’essayer de tous les tester. Je conseille donc à un débutant de se procurer des échantillons gratuits, de voir le résultat obtenu, puis d’acheter un PETIT bloc de chaque grande marque que l’on souhaite essayer par exemple : Arches, Bockingford, Saunders, Moulin de Larroque etc…

Un papier jugé passable par certain peut convenir à d’autres… à titre d’exemple, les papier LANA ne me conviennent pas pour l’aquarelle mais donnent d’excellents résultats en technique mixte Encre + Aquarelle. Un autre aquarelliste de ma région l’utilise avec succès…


Se limiter dans ses choix à trois/quatre papiers et bien les connaître permet de mieux peindre.

Il existe également des papiers spéciaux qui permettent des effets intéressants en abstrait ou semi-abstrait et qui sont… lavables mais la finalité pour un Artiste étant de conserver au mieux ses oeuvres… il faut en user à dose homéopathique.


Ma sélection personnelle pour débuter :

pour les croquis aquarellés réalisés en plein air

> CARNET DE VOYAGE BAMBOO 265 g/m²
> format qui rentre dans un sac à main  : 15,3 x 25 cm
> excellent rapport qualité/prix

> bloc ARCHES 300 g/m²
> 10 x 25 cm… idéal pour des paysages & animaux
> 15 x 30 cm… polyvalent pour architectures & scènes de rue
> existe en grain fin, torchon ou satiné
> qualitativement irréprochable

pour les tableaux – les papiers en blocs

> ARCHES VERT GRAIN FIN
> MOULIN DE LARROQUE
> FABRIANO ARTISTICO
> CENTENAIRE
> CORNWALL de Hahnemühle
> SAUNDERS WATERFORD
> HERITAGE de CANSON

je teste actuellement d’autres papiers tels que W & N
rapport détaillé sera fait séparément

 

 

et pour artistes confirmés :

  •  le papier en rouleau qui nécessite  un investissement de départ mais revient moins cher que le papier en bloc
  • des marques comme :
    > SAUNDERS WATERFORD
    > LANGTON (mais seulement en qualité PRESTIGE)
    > BOCKINGFORD

Certains travaux pourront s’accomoder du blanc-chaud  (comme par ex. chez Arches, Daler-Rowney, Moulin du Coq, Hahnemühle-Bamboo).
D’autres motifs nécessiteront un blanc impeccable.

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couper son papier aquarelle
CYCLES DE L’EAU
aplatir d’urgence une aquarelle de petit format
TENDRE SON PAPIER
– mais aussi des articles (parus et à paraître) sur les marques
« valeur sûre » (Arches, Bockingford, Centenaire et bien d’autres)
à découvrir en tapant mon nom et celui de la marque dans google

 

 

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Pas à pas « livres »

 

 

 

  1. toujours travailler sur le motif
  2. se faire une nature morte
  3. au crayon ou à l’encre, prendre contact avec le sujet en faisant un petit travail préparatoire. Cette étude peut porter selon le niveau sur la perspective, la composition ou les ombres…

Selon l’effet souhaité, se positionner par rapport au sujet et faire le dessin en respectant les bases de la perspective. Pour le report exact des angles, ceux qui n’ont pas encore le compas dans l’oeil trouveront un truc ici.

 

PEINTUREMAMANLOTUS | CHRISTIANE ALLENBACH | ETUDE LIVRES ENCRE AQUARELLE

Pour mon étude à l’encre j’ai voulu la faire baver exprès, or l’encre de Chine sèche souvent trop rapidement… j’ai donc pris comme souvent un Tradio de chez Pentel, qui diffuse l’encre à travers une pointe triangulaire permettant toutes sortes de traits. J’aime vraiment beaucoup.

Et voici un gros plan sur sa pointe…

Choisir ensuite du bon papier comme par exemples Arches ou Bockingford, et commencer le dessin sur le motif directement sur le papier-aquarelle. Les précisions dépendront du style de peinture souhaité car selon que l’on choisisse la suggestion, le figuratif ou l’hyper-réalisme, le travail n’est pas le même.

Pour avoir les bords nets, et un cadrage correct par rapport aux dimensions intérieures du passepartout, voir le clip ici.

Humidifier la feuille à l’éponge en épargnant les livres, et sans attendre poser quelques couleurs dans le très humide. La vivacité des teintes va s’estomper au séchage, ne pas craindre d’appliquer généreusement les couleurs.

Ici le papier gondole légèrement car il n’est pas encollé selon la technique de Baxrainer, ni tendu sur cadre ce que personnellement je ne trouve PAS pratique.

Les petits et moyens formats sont faciles à mettre sous presse après légère humidification à l’envers. 

Laisser sécher et travailler petit à petit les détails.
Ici j’ai choisi de ne pas trop au réalisme tout en gardant une perspective correcte.

Voici ma réalisation… à personnaliser selon vos envies… à vos pinceaux.

 

 

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Technique aquarelle : projections

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article actualisé le 04 février 2017


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L’aquarelle est le plus « technique » des médiums et une fois que les bases sont acquises on passe petit à petit à ce qui est plus difficile… Il y a ainsi la technique des projections. On peut projeter du médium, de l’écoline (pour les non-puristes), de la poudre d’aquarelle et plein de choses mais aujourd’hui nous allons évoquer uniquement les projections d’eau.

Cette technique exige au minimum la maîtrise du cycle de l’eau et une connaissance parfaite de son papier. Je vous recommande chaudement l’Arches et le Bockingford.

Il y a les projections obliques & directionnelles, plus techniques et sur lesquelles je reviendrai séparément et les projections droites, classiques, que l’on peut obtenir en bloquant le monvement de son pinceau d’un doigt ou de la tranche de la main ou, pour les grands formats, en allant jusqu’au bout d’une énergique gestuelle…

Je déconseille fortement les projections à la brosse à dents ou brosses dures (genre chèvre)  qui convient mieux pour appliquer du médium sur une surface sèche ou presque… mais pas trop pour les effets romantiques, floutés, structurés. Pour les projections il faut à la fois laisser l’eau faire son travail, et garder un certain contrôle sur les effets obtenus.

La technique de projection permet un rendu très romantique qui ne convient qu’à certains sujets bien que parfois les règles sont là pour être contournées…  Attention à ne pas dévier le travail au point de faire des auréoles, il s’agit là d’une autre technique qui sera évoquée à part.

Cette technique est très utile pour illuminer un travail, créer une texture intéressante, ouvrir des blancs, ou pour tout autre effet spécial. Que votre Créativité n’ait point de limites !

Alors que l’aquarelle se peint souvent en pinceaux de qualités (petits gris, martre etc) pour les projections, rien ne vaut des pinceaux SYNTHETIQUES. Attention j’ai bien dit « pour les projections » car pour alimenter en eau ou en médium une partie du travail le synthétique n’est pas top.

L’effet sera très différent selon que l’on projette sur du papier à plat, oblique ou vertical…

Mes pinceaux préférés sont :

Pour les formats tels que cloche, écolier, tellière, couronne, roberto, écu, j’utilise avantageusement le synthétique de chez DA VINCI – nova 6 qui me permet à la fois de projeter et d’ouvrir des blancs linéaires & courbes.

Pour les formats coquille, carré, cavalier, demi-raisin, raisin, double-raisin, jésus, voir plus, il faut un gros mais nerveux synthétique et j’ai choisi le Da-vinci n. 4.

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Optimiser le papier CENTENAIRE

Le Centenaire est un papier disponible en blocs aux quatre bords encollés mais le collage ne tient pas comme celui du « Arches ».

C’est un papier 100 % coton donc de bonne qualité, fabriqué sur forme ronde ce qui autorise les trempages. Ici j’explique comment le mouiller et le tendre.

L’un des avantages de ce papier c’est que la couleur ne rentre pas dedans ce qui permet, pour un bouquet ou certains animaux, de garder des teintes très vives. C’est un énorme « plus » notamment pour les travaux destinés aux chambres d’enfants.

L’inconvénient c’est que le travail en couches superposées est délicat.

Mon conseil : ne travailler ce papier qu’avec des pinceaux très doux genre pinceaux à lavis. J’ai un pinceau d’écolier à 2 € qui convient parfaitement pour les détails, et un Da Vinci Artissimo-44, n° 1, pour les surfaces plus grandes.

Ne prenez pas le Centenaire, même trempé, pour l’extérieur.
Il sèche bien trop vite.
Pour cela, rien ne vaut du Arches posé sur planche bois avec entre les deux du plastique…

PAPIER ARCHES & C°

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article actualisé en octobre 2015

90 % de mes travaux sont faits sur papier ARCHES (300 g)… fabriqué dans la ville d’Arches,  située au Sud d’Epinal. Arches  est accessible en passant par la RN 57  ou, voie  plus pittoresque, par la petite route conduisant à Archettes ce qui vous permet de voir de magnifiques rochers tout au long de la route… parsemée de quelques maisons isolée aux habitants bien sympatiques.

adresse du fabricant Arches :
48 rte de Remiremont / 88380 ARCHES
Président M. Jan ASTROM
DG= M. Kim HENRIKSSON
RC = Epinal B 428 720 668


Liée à l’eau… en abondance dans le secteur… c’est en 1492 qu’a commencé l’histoire du papier ARCHES, époque à laquelle les différents producteurs (anciens moulins à grains reconvertis pour fabriquer de la pâte à papier) se sont regroupés, car c’est l’union qui fait la force. Dans ces temps anciens, un livre imprimé s’appelait incunable et les  moulins d’Arches en produisirent.


La technique était com- plètement différente de maintenant, j’en sais quelque chose pour avoir tenu entre mes mains un ancien livre jauni par le temps et vieux de plusieurs siècles (rare privilège car ils sont tous sous clé et recopiés par ordinateur)  dont les pages étaient encore soudées car il n’avait jamais été lu auparavant… La marque est liée à des personnes et événements célèbres telles que  Caron de Beaumarchais (écrivain et ami de Voltaire – petite parenthèse, voltaire était végétarien). Ensuite la papetterie passa aux mains des frères Desgranges.  impression de la chronique de Gutenberg, puis description d’Egypte de Napoléon 1er  et production de papier vraiment haut-de-gamme. A l’époque la filigrane mentionnait : Egypte-ancienne-et-moderne mais ce ne fut hélas pas rentable… Suivirent des moments difficiles… jusqu’à la collaboration avec le peintre Dominique INGRES. Plus récemment, en 1895 (époque où ma propre grand’mère avait sept ans) Jules PERRIGOT (ingénieur des Arts et Métiers)  reprit ARCHES en mains et modernisa la production en fournissant des papiers destinés aux billets de banque, des papiers-aquarelle et des papiers-pour-livres-d’Art.

 Après la 2ème guerre mondiale, il y eut association de quatre papetteries concurrentes sous le logo Arjomari (Logo issu des marques suivantes : Arches, Johannot, Marais, Rives). Le papier ARCHES ne comporte désormais plus d’acides,  ni aucune substance susceptible de s’altérer dans le temps, et optimise encore sa qualité en se spécialisant dans la production de trois gammes de papier :  papier-aquarelle, papier-dessin et papier-à-lithogravures.

Je m’intéresse personnellement au papier en coton, fabriqués comme autrefois sur des machines à formes rondes, ce qui produit un grain naturel qui ressemble à s’y méprendre aux papiers faits de manière artisanale que l’on trouve parfois chez les bons spécialistes.

Avant de parler des propriétés de ce papier en Aquarelle, voici quelques indications concernant la manière de le fabriquer… mais bien sûr rien de précis car il est interdit pour raisons de sécurité de visiter l’usine (le site est d’ailleurs en anglais !!! dommage… et… aucun magasin d’usine pour les autochtones). Je rédige mon article suite à des recherches personnelles mais j’aurais volontiers incorporé des renseignements en provenance directe de l’usine-source.

Jusqu’au XIXème siècle on a utilisé pour les bons papiers des chiffons de lin, chanvre et, comme pour ARCHES, le coton. Arches utilise des jeunes fleurs de coton car leurs fibres sont bien longues. La longueur moyenne des fibres de coton est de 1 à 4 cm selon les espèces et les fibres les plus longues sont aussi les plus fines donc les plus facilement transformables. Une culture « bio » sans produits nocifs est primordiale d’après moi, pour produire un papier de qualité… mais évidemment il faudra y mettre le prix… c’est logiquement plus cher puisque moins productif…

Il faut aussi savoir que tout ce qui est acide ronge le papier, et j’irai même plus loin… car j’utilise personnellement l’acidité du vinaigre pour lutter contre les virus, bactéries et autres bestioles indésirables… trop d’acide peut tuer la vie (testez sur un ver de terre, il meurt instantanément) … et là en l’occurrence il dissout carrément le coton. Certaines substances alcalines peuvent blanchir le papier mais personnellement, sauf à vouloir faire un paysage de neige, je préfère une teinte plus naturelle du papier. D’autres substances (pesticides, arsenic…) peuvent grandement ronger le papier mais l’aquarelliste averti saura comment conserver et manipuler le papier. La pureté de l’eau entre également grandement en compte pour la fabrication d’un papier de qualité… et lorsque sur nos rivières je vois une mousse de pollution, je ne peux que me poser des questions… où allons nous ??? ! ! !  elle doit au minimum être déminéralisée et je pense que pour une qualité constante il faut des analyses régulières par les chimistes d’Arches…

Pour ceux qui comme moi peignent parfois au café… il faut savoir que le café est acide… donc l’oeuvre ne se gardera pas intact ad vitam aeternam. Il vaut bien mieux rester puriste et utiliser un médium conçu spécifiquement à cet usage. Ma préférence va vers  W&N, ensuite Schmincke, Sennelier, White Nights et pour l’extrême brillance les aquarelles chinoises à utiliser de préférence sur un papier mixte ou cellulosique…

Le papier doit être fabriqué en milieu basique et doit être protégé des influences acides extérieures par divers moyens tant au niveau du fabricant qu’au niveau ensuite de l’Artiste et du Client (conservation en paquet fermé et sous encadrement). J’ai étudié les influences acides et alcalines au niveau de la santé, pour le papier on a également les mêmes valeurs et chaque particulier peut mesurer l’acidité de n’importe quoi par contact avec du papier « PH » qu’on trouve dans n’importe quelle pharmacie. Pour le papier aquarelle il faut rester à un PH supérieur à 7… Versez une goutte de vinaigre sur le même papier et voyez le chiffre… il peut descendre à 4 ! testez maintenant le savon… ou l’eau de votre aquarelle, et mesurez !!! Moi plutôt que de brasser de tonnes de littérature, je fais des essais spontanés… j’ai arrêté de peindre au café le jour où j’y ai plongé un papier-PH… et mieux, j’en bois de moins en moins maintenant… Chaque ajout artificiel en cours de fabrication (par exemple produit anti-fongique) doit être compensé pour préserver cet équilibre PH.

Le papier se fabriquait initialement  en faisant macérer plusieurs semaines les chiffons, puis en les broyant dans un engin nommé pile. Il en existe plusieurs modèles. Par suite la modernisation mécanique a permis de se passer du pourrissoir. Les « franges » permettent, en plus du filigrane, de déterminer quel est le recto ou le verso d’une feuille achetée isolément et ayant pu être retournée par le fournisseur.

En suivant le lien de wikipédia on peut voir une vidéo de pile à maillet en mouvement, c’est très intéressant.

Ensuite les fibres sont consciencement  broyées (lien avec photo de meule) , ce qui permet d’obtenir une pâte vierge appelée aussi pâte à papier. Alors que dans  le papier classique on peut trouver du bois, de la canne à sucre, du lin, du chanvre, du crottin animalier (hé-oui) et du tissus, dans le papier Arches il y a du coton de premier choix.

Voici une gravure ancienne de Paul Lacroix qui montre comment autrefois on travaillait manuellement le papier.

La pâte bien sûr doit être étalée dans une forme, et celles-ci sont actuellement bien plus grandes qu’autrefois. C’est à ce stade là qu’on peut paramétrer la production en fonction du grammage ultérieur que devra avoir le papier, information très intéressante pour nous autres aquarellistes. 

Ensuite il faut en extraire l’eau par divers procédés et en plusieurs étapes…  c’est là que se fait parfois la différence entre les diverses marques de papier. Souvent l’opération se fait par passage successif entre une rangée de cylindres… Et c’est aussi là qu’on filigrane le papier par empreinte métallique.

Différents traitements sont alors possibles selon l’usage ultérieur du papier. Voici un exemple de machine à papier mais qui ne correspond pas forcément au matériel utilisé à Arches… qui bien sûr je fait jamais de portes-ouvertes comme les autres usines de la région grand-Est…

Le papier aquarelle peut être plus ou moins blanc, il faut en tenir compte et le choisir en fonction du sujet à traiter.

Au niveau épaisseur, un papier mince devra laborieusement être mis sous presse après mise en peinture alors qu’un papier fort comme Arches supportera mieux un travail à grande eau.

Alors qu’autrefois on plongeait manuellement un tamis dans la cuve… (ceux qui fabriquent artisanalement leur papier sauront de quoi je parle…) aujourd’hui tout est mécanisé et un papier peut être fabriqué sur forme plate ou sur forme ronde. Une machine à papier à table plate fait passer mécaniquement la pâte et produits spéciaux dans un désintégrateur-mélangeur, puis au raffinage, stockage, caisse de tête avant égouttage puis l’amène sur la table de fabrication où se trouvent les rouleaux égouteurs puis les feutres et cylindre éventuellement chauffés, la sécherie etc…

Arches est fabriqué sur forme ronde. Les formes rondes étaient surtout utilisées par les petites entreprises mais elles sont un gage de qualité. Dans le domaine public je ne trouve aucune illustration libre de droits mais voici un schéma résultant de mes recherches personnelles.

La forme ronde permet aussi d’avoir les fameux bords frangés si chers à certains artistes qui de ce fait refusent parfois de mettre un passepartout… ce bord étant synonyme de haute-qualité-de-fabrication, de texture naturelle, et de grain marqué légèrement irrégulier.

La machine à forme ronde fait passer la feuille sur un gros cylindre garni d’une toile métallique éventuellement filigranée, immergée partiellement dans la cuve contenant la pâte à papier. L’eau  pénètre donc à l’intérieur du cylindre et les fibres de pâte-à-papier restent en surface de la toile métallique.

Un filigrane peut se faire en relief ou en transparence, mais se fait par l’intermédiaire d’une forme en fil de laiton, fixé sur le tamis de la forme. Les filigranes deviennent alors visibles. Pour les portraits, attention cependant à ce qu’aucun filigrane ne se situe pas à un endroit stratégiquement indésirable… donc au milieu d’une feuille…

Les catégories de « grains » sont :

  • Un grain satiné (pressé à chaud ou hot pressed), très lisse, laisse glisser la couleur : réputé difficile à travailler pour un novice, pourtant c’est avec le satiné que j’ai commencé… car il permet de bien faire les retraits… Il est lisse et convient aux travaux ne nécessitant pas la superposition de beaucoup de couches de médium.
  • Un grain fin (pressé à froid ou cold pressed/not) est formé grâce à un feutre introduit au moment de la fabrication de la feuille. Cette surface semi-rugueuse dépourvue d’aspérité, est la plus facile à travailler. C’est le papier que je préfère car il rend bien les détails tant pour les portraits que pour les autres sujets figuratifs.
  • Un grain torchon (rough) est très apparent et forme d’importants creux et reliefs : il nécessite un minimum de technicité notamment par le choix du style de peinture et du style de sujet… à réserver donc aux sujets particuliers. A noter que si l’on maîtrise en aquarelle la technique de granulation on pourra récupérer les effets d’un grain torchon sur partie d’un papier à grain fin.

Les principales marques de papier 100 % coton sont bien sûr le ARCHES, mon préféré mais aussi  Moulin de Larroque, Moulin de Pombié, Fabriano, Lana, Clairefontaine, Leonardo (chez Hahnemühle), Sennelier, Langton de Dahler Rowney (je l’adore aussi), Saunders Waterford, Centenaire (en vente exclusive au Géant).

Pour ceux qui recherchent le fort grammage, il n’y a qu’ARCHES qui va jusqu’au 800 g/M2.

Le 640 se trouve chez Arches, chez Fabriano, chez Lana, et chez Saunders Waterford, ne cherchez pas ailleurs.

L’alternative du  425 g me semble excellente. On la trouve rarement en qualité-coton sauf chez Saunders. Mais comme le 300 g ARCHES est hyper résistant, inutile de chercher à augmenter le grammage sauf peut-être pour les travaux spéciaux hyper grand-format et travaillés dans le grand mouillé.

Autre avantages du papier Arches (contrairement à par exemple du Cornwall qui partirait en lambeaux)… il permet de retirer sans aucun problème du simple scotch de bureau servant à avoir un bord net ou en plein travail à faire un retrait.

Pour les bords, souvent les Artistes camoufflent avec le passepartout et se contrefichent du résultat mais je vends souvent décadré donc je suis extrêmement exigeante à ce niveau. En plus un scotch posé au milieu d’une feuille et en milieu de travail doit pouvoir se retirer sans que le papier ne bronche.

Jusqu’à ce jour il n’y a que le Arches qui me donne entière satisfaction à ce niveau. Il existe des quantités d’études et de tableaux comparatifs par rapport aux différents papiers mais moi j’ai une autre approche… j’ai essayé personnellement la plupart des papiers et je fais les tests uniquement en fonction de ma manière personnelle de peindre. En clair, je préfère la PRATIQUE à la théorie… dans le même ordre d’idées je ne prendrai pas du Arches pour une aquarelle nocturne avec fond noir… mais ceci est un autre sujet…

Le papier ARCHES a la particularité de ne guère se déformer une fois mouillé ou carrément trempé, car ses fibres sont longues, bien réparties et collées avec une substance naturelle (gélatine). Le papier résiste aux traitements hors normes tels que les grattages, brossages, et permet également des retraits dans le mat-frais pour qui a techniquement un minimum de savoir-faire. Il permet d’obtenir de bons résultats avec la carte de crédit, le cutter, ou tout autre instrument dur, mais ce qui le caractérise c’est qu’une fois humide en profondeur on peut travailler longtemps dessus… et ses fondus sont exceptionnels. D’aucuns prétendent qu’il absorbe beaucoup de médium mais en fait tout est une question de technique…

Je regrette amèrement qu’en France il ne soit pas possible comme à l’étranger de VISITER l’usine productrice, car souvent les Artistes qui ont vu comment le papier est fabriqué en parlent autour d’eux et par ricochet augmentent aussi les ventes… Et pas de magasin d’usine pour les gens du coin à Arches c’est tout à fait rhédibitoire pour Munksjö Arches … à l’étranger,  les visites se font souvent sur invitation, et elles ne sont pas publiques…

L’Arches existe en bloc avec des formats intéressants mais il est très curieux de constater que les fabricants de papier et les fabricants de cadres-standard n’harmonisent nullement leur production et qu’on a par voie de conséquence souvent des chûtes.

Exemples de formats standards en encadrement :

  • 10×15
  • 13×18
  • 18×14
  • 24×30
  • 30×30
  • 30×40
  • 40×50
  • 50×65
  • 50×70
  • 30×70
    (liste non exhaustive)

et comme on peut le voir ça ne colle pas avec les blocs :

formats blocs Arches :

  • 18×26
  • 23×31
  • 26×36
  • 31×41
  • 36×51
  • 46×61
  • 15×30

FEUILLES ARCHES (en 185, 300, 640 ou 850 g/M2)

  • 56×76

Un Artiste professionnel ayant les moyens d’investir un peu au départ préférera souvent prendre carrément un ROULEAU entier mais il faut prévoir selon le grammage entre 100 et 160 € le rouleau, en dimensions 1,13 x 9,15 m.

Le rouleau est plus économique pour ceux qui tendent leur travail sur cadre mais la méthode d’encollage de Baxrainer permet d’éviter toute chûte.

Autre truc très simple que j’ai inventé pour économiser au maximum le papier… prévoir quelques passepartout des mesures que l’on peint le plus souvent mais aussi quelques carte-postales et marque-page. Les poser sur une partie du rouleau jusqu’à avoir un taux de chûte avoisinant le zéro… ça marche et on comprend alors souvent comment raisonnent les fabricants…

non utilisés chez moi :  kraft gommé


Fait non négligeable, l’Arches peut se peindre des deux côtés. Je fais parfois sur demande des tableaux « réversibles » qui peuvent varier la décoration à moindre frais chez l’acheteur… il suffit alors de décadrer, retourner le travail, recadrer et hop… j’ai inventé un système de fixation amovible et je ne scotche pas comme les encadreurs. Par contre, ces derniers fixant souvent l’aquarelle encore humide contre le passepartout pour qu’il se retende, si l’on s’en passe il faut maîtriser une autre méthode pour avoir un papier absolument plane… il en existe un certain nombre…

 J’ai parlé séparément du nouveau Art-Board Arches… donc je n’y reviens pas ici. Il est à mon sens tout à fait superflu, il vaut mieux investir dans un rouleau 300 g.

A savoir que les rouleaux n’existent qu’en 185 et 300 g… ce qui est logique vu que le 800 g a une consistance cartonnée et ne se trouve qu’en feuille. Gardant très longtemps l’humidité, ce dernier  convient aux travaux outdoor réalisés en public l’été sous une chaleur torride…

Mon article est neutre et non écrit dans un but publicitaire, simplement pour partager ma passion-artistique… et c’est d’ailleurs pour cela que je paie un hébergeur, car je ne veux pas que les publicités intempestives apparaîssent à chaque clic-d’utilisateur… mais si jamais un jour un fabricant de papier-aquarelle tombe sur mes lignes, mon voeu le plus cher serait quand même que sur le marché il existe au moins un ou deux blocs standard dont le format serait en adéquation avec les passepartout les plus utilisés donc par exemple les classiques formats 30X40, 40×50 ou 50×70…

En effet, pour éviter toute marque apparaîssant sur le passepartout au bout de quelques années, j’ai récemment pris l’habitude de couper mon papier au format du passepartout, d’en dessiner ensuite le contour intérieur et seulement après de commencer à peindre. Ceci est une approche professionnelle utilisée en Atelier et en outdoor qui évidemment ne permet pas toujours l’utilisation de blocs… donc, à bon entendeur… sachant que la masse des Artistes refusera toujours de préparer à la maison des planches avant de se lancer en outdoor…

ici passepartout « pro » avec liseré or. Met discrètement un papier de qualité en valeur…

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ARCHES… art board

L’un de mes fabriquants préférés (Arches pour ne pas le citer / LOL)… vient de développer un tout nouveau concept qui a abouti à la création d’un produit nommé art-board.

Il s’agit en fait d’une combinaison entre un support rigide épais de 18 Mm et le papier à grain fin, torchon ou satiné.

La pub dit que l’Artiste peut alors travailler à la verticale comme sur un chassis… mais bon… moi j’ai besoin d’avoir le nez sur ce que je peins…

Pourquoi ce produit 100 % coton a-t-il été conçu ? pour éviter au plus grand nombre les déformations d’un travail dans le mouillé et aussi pour rappeler le grain du papier fait-main. Tout en ayant envie de tester les nouveautés ma foi… j’avoue quand même préférer l’authenticité.

Son collage est fait de gélatine naturelle apportant une superbe résistance au grattage… maintenant reste à voir si tout comme les feuilles Arches, cette nouveauté supporte un brossage énergique au fond d’une baignoire contenant 10 cm d’eau… chose que pour certains tableaux on est parfois amené à faire…

Donc, travailler verticalement ça on s’en fiche puisqu’une feuille Arches mouillée, elle adhère parfaitement à la vitre de l’Atelier… même sans scotch… mais ce qui est super là c’est que le produit est prêt à être encadré. Bémol : il faut rester dans les standards car il n’existe qu’en 30×40, 40×50 ou 50×70…
Exit les spécificités qui ont parfois tant de charme…

En principe vous économisez le passepartout mais… l’Art-Board reste tout de même très très cher par rapport aux feuilles simples tout en n’offrant pas l’avantage de pouvoir se transporter enroulé ni de se peindre des deux côtés…

Produit méritant d’être connu et essayé mais en toute connaissance de cause… moi je choisis les feuilles Arches normales. Je les encolle et après séchage elles sont parfaitement planes, se détachent aisément et peuvent aller chez l’encadreur ou voyager enroulées.

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Randocroking -8- Matériel outdoor

 

Cet article, fait en début de carrière, sera prochainement ré-actualisé. Merci de patienter.

 

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et pourquoi pas, à commencer votre collection…


Tendre son papier aquarelle

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Article ré-actualisé le 09 janvier 2017.


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An meine deutsche Malfreunde... Ihr kennt alle schon BAXRAINER, ein Maler den ich sehr bewundere aber mangels $$ noch nicht persönlich kennen lernen durfte... Auf seiner Homepage findet man ein .PDF der erklärt,  wie man das Aquarellpapier auf Spanholz aufzieht... das Resultat ist verblüffend und ich bin davon, besonders für Groβformate, restlos begeistert...  Folgender Text ist hauptsächlich für diejenige gedacht die mit der deutschen Sprache nicht klar kommen... In .PDF meine Übersetzung mit seinem Einverständnis.

 

J’ai essayé à peu près tous les papiers aquarelle possibles et imaginables, avec parfois d’agréables surprises, parfois quelques déceptions…

Le choix d’un papier dépend d’une part des moyens financiers de l’Artiste, ensuite de ses techniques de peinture et ensuire de ses goûts personnels souvent subjectifs. Il faut donc essayer les papiers très méthodiquement, non seulement l’un après l’autre… mais tester le même papier dans des conditions d’utilisation différente, par exemple indoor/outdoor, technique humide ou sèche, glacis etc… Comparer le résultat, le plaisir qu’on aura eu à peindre sur ce papier. Après quoi il est bon de choisir 1 ou 2 marques et d’en rester là… de cette manière on peut au mieux savoir que telle technique produit tel effet et on se trouve relativement à l’abri des mauvaises surprises…

J’ai parlé séparément des feuilles tendues par scotchage, agrafage ou autre… mais il y a souvent grosse perte de papier. La technique de Baxrainer permet de remettre une feuille PLANE ne nécessitant plus une mise sous presse, à un client éventuel rencontré en plein air (ça arrive souvent lors d’événements artistiques et j’ai regretté d’avoir loupé une vente pour ce jour là ne pas avoir utilisé cette méthode)

Encore une des raisons qui m’amènent à privilégier ARCHES pour les dessins où il faut un bord parfaitement net : j’utilise à la place du scotch-crèpon du simple scotch de bureau ou du scotch-à-filmer-les-palettes, plus large et plus adapté aux grands formats. Il se détache très bien du papier Arches mais le papier Cornwall que pourtant j’adore ne supporte pas ce traitement et je lui réserve par conséquent des motifs  où la peinture ne va pas jusqu’aux bord de la feuille. D’autres bons papiers sont « nés » entretemps mais je ne les ai pas encore testés. J’en parlerai séparément.

La technique d’encollage n’est, sincèrement, pas plus compliquée que d’agrafer une feuille mouillée sur cadre, il suffit d’avoir un minimum de matériel basique… et les planches sont souvent soldées dans les magasins de bricolage, on peut pour une dizaine d’euros avoir un caddie plein… en divers formats. Je ne suis pas très à cheval quant au format car je préfère une planche trop grande qu’une planche trop petite…

Voici donc, en images, mon matériel de base…


Au vu de ma photo vous remarquez un rouleau à pâtisserie.
Pourquoi ?

Tout simplement parce qu’une fois que j’ai encollé les grands formats (raisin et plus), je pose dessus du papier-film transparent pour ne rien abîmer et qu’ensuite, partant du centre, j’aplatis le tout au rouleau… c’est super efficace.

De même, à partir du format raisin, on gagne à appliquer la colle avec une éponge…  mais sinon je ne change strictement RIEN à la technique apprise chez W. Baxrainer.

Et voici maintenant le PDF tant attendu… à ne pas diffuser à grande échelle, seul l’usage individuel est autorisé car sous Copyright. ©

allenbach-christiane-pdf

Certains de mes travaux sont repris illicitement sur des sites payants comme Amazon, c’est tout à fait illégal et passible de poursuites alors même si par passion j’aime partager, prenez-garde et ne piochez RIEN, tout le contenu du site étant sur copyright.

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