Teintes neutres

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article actualisé le 06.08.2016

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Pour mieux aborder le présent article, lisez celui-ci avant : nuancier. Nous allons donc supposer que vous êtes déjà familiarisé avec les mélanges basiques…

Le mot neutre, par définition, suggère que la chose ou la personne auquelle il s’applique ne penche ni dans un sens, ni dans l’autre.

Pour les couleurs ou teintes neutres, le principe est légèrement différent puisque nous gardons un peu de couleur…


Beaucoup d’enseignants, pour épater la galerie, montrent quantité de nuanciers, et vont même jusqu’à indiquer les pourcentages du médium qu’il faut « mettre » pour obtenir telle ou telle couleur. Je ne fonctionne pas ainsi : une couleur se raisonne et la même couleur doit pouvoir s’obtenir en fonction du médium dont on dispose (palette réduite ou non…). J’apprends toujours à chacun à faire par rapport à ce qu’il « a » à la fois en matériel et en potentiel…

En tant que Jury occasionnel, mon regard doit aller au-delà des effets de texture et modes… et il y a une grande vérité pourtant méconnue de la plupart des artistes :

on reconnaît la qualité d’un Artiste-peintre à ses teintes neutres.

Les premiers gris qu’on teste sont donc ceux, déjà très variés, que l’on peut obtenir avec juste les trois primaires. Le dosage dépendra du fabricant (marque) et de la qualité du médium, ainsi que de sa transparence, opacité ou propension à la sédimentation… mais très vite on pourra mixer exactement ce que l’on veut.

Une teinte neutre n’est pas forcément grise bien qu’elle puisse l’être. Traditionnellement, un gris (neutre mais chatoyant) se fabrique avec trois couleurs. Par contre, en prenant des couleurs qui ne seraient pas pures, on peut accidentellement arriver à du gris : pourquoi ? Parce qu’il faut au début s’intéresser aux références pigmentaires (indices). A titre d’exemple, un rouge peut contenir un peu de jaune, un bleu peut avoir une dose de rouge etc… Il faut juste le savoir pour les utiliser à bon escient.

A titre d’exemple, voici quelques teintes neutres faites avec trois couleurs. On remarquera qu’elles restent vibrantes et chatoyantes malgré leur neutralité (elles le sont encore plus que sur ma photo)…

Teintes neutres obtenues avec deux couleurs :
Maintenant voici quelques teintes légèrement moins neutres obtenues en partant d’une couleur pure que l’on dilue à l’eau. A ce mélange on rajoute juste une pointe de la couleur complémentaire. Pour ceux qui se demandent pourquoi je n’ai pas passé en revue la gamme verte : je n’achète pas mes verts mais je les faits sur mesure. Ils comprennent donc déjà deux teintes et ne rentrent pas dans la catégorie des mélanges que l’on peut obtenir avec juste deux couleurs. J’ai cependant utilisé un reste d’olive pour illustrer le sujet… Une couleur diluée à l’eau s’appelle une dégradée. Une couleur dégradée à laquelle on aura rajouté une pointe de sa complémentaire s’appelle « couleur rompue ».

Maintenant, on peut voir qu’avec juste deux opaques, il  y a moyen d’avoir aussi des nuances chaudes ou froides au choix, et surtout une gamme très variées de tons (je n’en ai repris ici que les principaux, dans un exercice consistant à partir de l’outremer pour trouver les tons neutres, puis trouver les mêmes en partant de la sienne brûlée). J’aime énormément les opaques même si la transparence est l’un des élements clés de l’aquarelle.

Voici un tableau où j’ai largement utilisé ce type de mélange :

Plutôt que de s’encombrer l’esprit avec des tableaux d’échantillons, il est plus efficient de comprendre comment obtenir quoi... On peut alors, dans une peinture, se concentrer après pose de lignes juste, sur ses émotions… Savoir faire chanter ses gris et ses teintes neutres… c’est aussi  mettre de la Joie dans ses Oeuvres… Et accessoirement on fait des économies, étant dispensé(e) de l’achat de toute la gamme des gris et des noirs…

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Créer de la profondeur en aquarelle

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La profondeur regroupe, en dessin & peinture, les astuces destinées à compenser le fait que sur un papier plat il faut donner l’illusion d’être « dans » la scène que l’on regarde. Le 3D doit se deviner alors qu’on n’a due 2D pour le représenter…

Il faut ici distinguer la profondeur dans le dessin (lignes) de la profondeur dans l’aquarelle (couleur) et surtout dissocier le dessin-tel-quel du dessin-pour-l’aquarelle qui lui sera essentiellement un contour.

En AQUARELLE donc, il y a plusieurs astuces pouvant donner l’illusion du non-plat.

En voici quelques-unes… (liste non exhaustive) on y piochera selon le sujet et l’effet voulu…

  • la perspective (travail au stade « lignes » donc dessin « juste »)
  • la perspective atmosphérique (travail au stade colorisation)
  • la hiérarchisation des éléments de la composition (j’entends par là que l’artiste doit veiller à une lecture claire du tableau, il faut voir quel élément est devant et quel autre derrière surtout s’il y a entrecroisement)
  • les espaces et plans-successifs (arrière plan… zones intermédiaires variables selon la compostitiion, et avant plan)
  • les superpositions de médium (en allant des « transparentes » aux « opaques »)
  • les couleurs froides et chaudes
  • les contours flous et nets
  • le sombre et le clair (travailler contrastes et valeurs)
  • les formes arrondies et les formes tranchantes (peu d’artistes savent exploiter correctement ces paramètres)
  • le modelé du sujet principal
  • les  glacis

La manière la plus simple d’aborder la profondeur c’est avant de songer aux modes & innovations, d’apprendre l’aquarelle de manière traditionnelle, en peignant dans le très humide l’arrière-plan et en travaillant au fur et à mesure du séchage les plans intermédiaires et presqu’à sec l’avant-plan, le tout en tenant compte des autres règles esquissées plus haut. Il sera utile, avant, d’avoir lu « cycles de l’eau & astuces« .
Le croquis tonal monochrome aide aussi beaucoup à comprendre comment traduire la profondeur.

Pour développer un peu (juste un peu car l’apprentissage est plus facile via un pas à pas ou cours), l’effet de profondeur s’obtient en faisant tremper son papier (lire ici) et en peignant immédiatement un flou général fait de taches qui fusent beaucoup entre elles. L’imprévisibilité du jeu entre eau et médium permet parfois à ce stade, d’orienter son travail autrement qu’initialement prévu.

En aquarelle, rien n’est figé dès lors que l’on ne fait pas de l’hyper-réalisme… Pour avoir vu de mes yeux un très grand peintre composer son bouquet en fonction de ce qu’il venait déjà de mettre sur papier je peux affirmer haut et fort que poussée à ce niveau, cette technique est absolument fabuleuse… Elle permet aussi de relier le fond au sujet principal donc l’arrière-plan à l’avant-plan. Après cela, il y a aussi une question de « logique » dans l’ordre où l’on peint les éléments… Certains font le sujet principal d’abord et harmonisent ensuite l’arrière plan avec ce sujet, mais cela n’est pas possible les fois où des poils d’animaux et des cheveux humains doivent être représentés, il faut alors avoir terminé le fond.

En aquarelle on peut agrémenter les fonds de projections ou les « saler », mais on peut aussi penser aus structures et aux effets de matière dès lors qu’ils ne viennent pas détourner l’attention du sujet principal.

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