PAPIER ARCHES & C°

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article actualisé en octobre 2015

90 % de mes travaux sont faits sur papier ARCHES (300 g)… fabriqué dans la ville d’Arches,  située au Sud d’Epinal. Arches  est accessible en passant par la RN 57  ou, voie  plus pittoresque, par la petite route conduisant à Archettes ce qui vous permet de voir de magnifiques rochers tout au long de la route… parsemée de quelques maisons isolée aux habitants bien sympatiques.

adresse du fabricant Arches :
48 rte de Remiremont / 88380 ARCHES
Président M. Jan ASTROM
DG= M. Kim HENRIKSSON
RC = Epinal B 428 720 668


Liée à l’eau… en abondance dans le secteur… c’est en 1492 qu’a commencé l’histoire du papier ARCHES, époque à laquelle les différents producteurs (anciens moulins à grains reconvertis pour fabriquer de la pâte à papier) se sont regroupés, car c’est l’union qui fait la force. Dans ces temps anciens, un livre imprimé s’appelait incunable et les  moulins d’Arches en produisirent.


La technique était com- plètement différente de maintenant, j’en sais quelque chose pour avoir tenu entre mes mains un ancien livre jauni par le temps et vieux de plusieurs siècles (rare privilège car ils sont tous sous clé et recopiés par ordinateur)  dont les pages étaient encore soudées car il n’avait jamais été lu auparavant… La marque est liée à des personnes et événements célèbres telles que  Caron de Beaumarchais (écrivain et ami de Voltaire – petite parenthèse, voltaire était végétarien). Ensuite la papetterie passa aux mains des frères Desgranges.  impression de la chronique de Gutenberg, puis description d’Egypte de Napoléon 1er  et production de papier vraiment haut-de-gamme. A l’époque la filigrane mentionnait : Egypte-ancienne-et-moderne mais ce ne fut hélas pas rentable… Suivirent des moments difficiles… jusqu’à la collaboration avec le peintre Dominique INGRES. Plus récemment, en 1895 (époque où ma propre grand’mère avait sept ans) Jules PERRIGOT (ingénieur des Arts et Métiers)  reprit ARCHES en mains et modernisa la production en fournissant des papiers destinés aux billets de banque, des papiers-aquarelle et des papiers-pour-livres-d’Art.

 Après la 2ème guerre mondiale, il y eut association de quatre papetteries concurrentes sous le logo Arjomari (Logo issu des marques suivantes : Arches, Johannot, Marais, Rives). Le papier ARCHES ne comporte désormais plus d’acides,  ni aucune substance susceptible de s’altérer dans le temps, et optimise encore sa qualité en se spécialisant dans la production de trois gammes de papier :  papier-aquarelle, papier-dessin et papier-à-lithogravures.

Je m’intéresse personnellement au papier en coton, fabriqués comme autrefois sur des machines à formes rondes, ce qui produit un grain naturel qui ressemble à s’y méprendre aux papiers faits de manière artisanale que l’on trouve parfois chez les bons spécialistes.

Avant de parler des propriétés de ce papier en Aquarelle, voici quelques indications concernant la manière de le fabriquer… mais bien sûr rien de précis car il est interdit pour raisons de sécurité de visiter l’usine (le site est d’ailleurs en anglais !!! dommage… et… aucun magasin d’usine pour les autochtones). Je rédige mon article suite à des recherches personnelles mais j’aurais volontiers incorporé des renseignements en provenance directe de l’usine-source.

Jusqu’au XIXème siècle on a utilisé pour les bons papiers des chiffons de lin, chanvre et, comme pour ARCHES, le coton. Arches utilise des jeunes fleurs de coton car leurs fibres sont bien longues. La longueur moyenne des fibres de coton est de 1 à 4 cm selon les espèces et les fibres les plus longues sont aussi les plus fines donc les plus facilement transformables. Une culture « bio » sans produits nocifs est primordiale d’après moi, pour produire un papier de qualité… mais évidemment il faudra y mettre le prix… c’est logiquement plus cher puisque moins productif…

Il faut aussi savoir que tout ce qui est acide ronge le papier, et j’irai même plus loin… car j’utilise personnellement l’acidité du vinaigre pour lutter contre les virus, bactéries et autres bestioles indésirables… trop d’acide peut tuer la vie (testez sur un ver de terre, il meurt instantanément) … et là en l’occurrence il dissout carrément le coton. Certaines substances alcalines peuvent blanchir le papier mais personnellement, sauf à vouloir faire un paysage de neige, je préfère une teinte plus naturelle du papier. D’autres substances (pesticides, arsenic…) peuvent grandement ronger le papier mais l’aquarelliste averti saura comment conserver et manipuler le papier. La pureté de l’eau entre également grandement en compte pour la fabrication d’un papier de qualité… et lorsque sur nos rivières je vois une mousse de pollution, je ne peux que me poser des questions… où allons nous ??? ! ! !  elle doit au minimum être déminéralisée et je pense que pour une qualité constante il faut des analyses régulières par les chimistes d’Arches…

Pour ceux qui comme moi peignent parfois au café… il faut savoir que le café est acide… donc l’oeuvre ne se gardera pas intact ad vitam aeternam. Il vaut bien mieux rester puriste et utiliser un médium conçu spécifiquement à cet usage. Ma préférence va vers  W&N, ensuite Schmincke, Sennelier, White Nights et pour l’extrême brillance les aquarelles chinoises à utiliser de préférence sur un papier mixte ou cellulosique…

Le papier doit être fabriqué en milieu basique et doit être protégé des influences acides extérieures par divers moyens tant au niveau du fabricant qu’au niveau ensuite de l’Artiste et du Client (conservation en paquet fermé et sous encadrement). J’ai étudié les influences acides et alcalines au niveau de la santé, pour le papier on a également les mêmes valeurs et chaque particulier peut mesurer l’acidité de n’importe quoi par contact avec du papier « PH » qu’on trouve dans n’importe quelle pharmacie. Pour le papier aquarelle il faut rester à un PH supérieur à 7… Versez une goutte de vinaigre sur le même papier et voyez le chiffre… il peut descendre à 4 ! testez maintenant le savon… ou l’eau de votre aquarelle, et mesurez !!! Moi plutôt que de brasser de tonnes de littérature, je fais des essais spontanés… j’ai arrêté de peindre au café le jour où j’y ai plongé un papier-PH… et mieux, j’en bois de moins en moins maintenant… Chaque ajout artificiel en cours de fabrication (par exemple produit anti-fongique) doit être compensé pour préserver cet équilibre PH.

Le papier se fabriquait initialement  en faisant macérer plusieurs semaines les chiffons, puis en les broyant dans un engin nommé pile. Il en existe plusieurs modèles. Par suite la modernisation mécanique a permis de se passer du pourrissoir. Les « franges » permettent, en plus du filigrane, de déterminer quel est le recto ou le verso d’une feuille achetée isolément et ayant pu être retournée par le fournisseur.

En suivant le lien de wikipédia on peut voir une vidéo de pile à maillet en mouvement, c’est très intéressant.

Ensuite les fibres sont consciencement  broyées (lien avec photo de meule) , ce qui permet d’obtenir une pâte vierge appelée aussi pâte à papier. Alors que dans  le papier classique on peut trouver du bois, de la canne à sucre, du lin, du chanvre, du crottin animalier (hé-oui) et du tissus, dans le papier Arches il y a du coton de premier choix.

Voici une gravure ancienne de Paul Lacroix qui montre comment autrefois on travaillait manuellement le papier.

La pâte bien sûr doit être étalée dans une forme, et celles-ci sont actuellement bien plus grandes qu’autrefois. C’est à ce stade là qu’on peut paramétrer la production en fonction du grammage ultérieur que devra avoir le papier, information très intéressante pour nous autres aquarellistes. 

Ensuite il faut en extraire l’eau par divers procédés et en plusieurs étapes…  c’est là que se fait parfois la différence entre les diverses marques de papier. Souvent l’opération se fait par passage successif entre une rangée de cylindres… Et c’est aussi là qu’on filigrane le papier par empreinte métallique.

Différents traitements sont alors possibles selon l’usage ultérieur du papier. Voici un exemple de machine à papier mais qui ne correspond pas forcément au matériel utilisé à Arches… qui bien sûr je fait jamais de portes-ouvertes comme les autres usines de la région grand-Est…

Le papier aquarelle peut être plus ou moins blanc, il faut en tenir compte et le choisir en fonction du sujet à traiter.

Au niveau épaisseur, un papier mince devra laborieusement être mis sous presse après mise en peinture alors qu’un papier fort comme Arches supportera mieux un travail à grande eau.

Alors qu’autrefois on plongeait manuellement un tamis dans la cuve… (ceux qui fabriquent artisanalement leur papier sauront de quoi je parle…) aujourd’hui tout est mécanisé et un papier peut être fabriqué sur forme plate ou sur forme ronde. Une machine à papier à table plate fait passer mécaniquement la pâte et produits spéciaux dans un désintégrateur-mélangeur, puis au raffinage, stockage, caisse de tête avant égouttage puis l’amène sur la table de fabrication où se trouvent les rouleaux égouteurs puis les feutres et cylindre éventuellement chauffés, la sécherie etc…

Arches est fabriqué sur forme ronde. Les formes rondes étaient surtout utilisées par les petites entreprises mais elles sont un gage de qualité. Dans le domaine public je ne trouve aucune illustration libre de droits mais voici un schéma résultant de mes recherches personnelles.

La forme ronde permet aussi d’avoir les fameux bords frangés si chers à certains artistes qui de ce fait refusent parfois de mettre un passepartout… ce bord étant synonyme de haute-qualité-de-fabrication, de texture naturelle, et de grain marqué légèrement irrégulier.

La machine à forme ronde fait passer la feuille sur un gros cylindre garni d’une toile métallique éventuellement filigranée, immergée partiellement dans la cuve contenant la pâte à papier. L’eau  pénètre donc à l’intérieur du cylindre et les fibres de pâte-à-papier restent en surface de la toile métallique.

Un filigrane peut se faire en relief ou en transparence, mais se fait par l’intermédiaire d’une forme en fil de laiton, fixé sur le tamis de la forme. Les filigranes deviennent alors visibles. Pour les portraits, attention cependant à ce qu’aucun filigrane ne se situe pas à un endroit stratégiquement indésirable… donc au milieu d’une feuille…

Les catégories de « grains » sont :

  • Un grain satiné (pressé à chaud ou hot pressed), très lisse, laisse glisser la couleur : réputé difficile à travailler pour un novice, pourtant c’est avec le satiné que j’ai commencé… car il permet de bien faire les retraits… Il est lisse et convient aux travaux ne nécessitant pas la superposition de beaucoup de couches de médium.
  • Un grain fin (pressé à froid ou cold pressed/not) est formé grâce à un feutre introduit au moment de la fabrication de la feuille. Cette surface semi-rugueuse dépourvue d’aspérité, est la plus facile à travailler. C’est le papier que je préfère car il rend bien les détails tant pour les portraits que pour les autres sujets figuratifs.
  • Un grain torchon (rough) est très apparent et forme d’importants creux et reliefs : il nécessite un minimum de technicité notamment par le choix du style de peinture et du style de sujet… à réserver donc aux sujets particuliers. A noter que si l’on maîtrise en aquarelle la technique de granulation on pourra récupérer les effets d’un grain torchon sur partie d’un papier à grain fin.

Les principales marques de papier 100 % coton sont bien sûr le ARCHES, mon préféré mais aussi  Moulin de Larroque, Moulin de Pombié, Fabriano, Lana, Clairefontaine, Leonardo (chez Hahnemühle), Sennelier, Langton de Dahler Rowney (je l’adore aussi), Saunders Waterford, Centenaire (en vente exclusive au Géant).

Pour ceux qui recherchent le fort grammage, il n’y a qu’ARCHES qui va jusqu’au 800 g/M2.

Le 640 se trouve chez Arches, chez Fabriano, chez Lana, et chez Saunders Waterford, ne cherchez pas ailleurs.

L’alternative du  425 g me semble excellente. On la trouve rarement en qualité-coton sauf chez Saunders. Mais comme le 300 g ARCHES est hyper résistant, inutile de chercher à augmenter le grammage sauf peut-être pour les travaux spéciaux hyper grand-format et travaillés dans le grand mouillé.

Autre avantages du papier Arches (contrairement à par exemple du Cornwall qui partirait en lambeaux)… il permet de retirer sans aucun problème du simple scotch de bureau servant à avoir un bord net ou en plein travail à faire un retrait.

Pour les bords, souvent les Artistes camoufflent avec le passepartout et se contrefichent du résultat mais je vends souvent décadré donc je suis extrêmement exigeante à ce niveau. En plus un scotch posé au milieu d’une feuille et en milieu de travail doit pouvoir se retirer sans que le papier ne bronche.

Jusqu’à ce jour il n’y a que le Arches qui me donne entière satisfaction à ce niveau. Il existe des quantités d’études et de tableaux comparatifs par rapport aux différents papiers mais moi j’ai une autre approche… j’ai essayé personnellement la plupart des papiers et je fais les tests uniquement en fonction de ma manière personnelle de peindre. En clair, je préfère la PRATIQUE à la théorie… dans le même ordre d’idées je ne prendrai pas du Arches pour une aquarelle nocturne avec fond noir… mais ceci est un autre sujet…

Le papier ARCHES a la particularité de ne guère se déformer une fois mouillé ou carrément trempé, car ses fibres sont longues, bien réparties et collées avec une substance naturelle (gélatine). Le papier résiste aux traitements hors normes tels que les grattages, brossages, et permet également des retraits dans le mat-frais pour qui a techniquement un minimum de savoir-faire. Il permet d’obtenir de bons résultats avec la carte de crédit, le cutter, ou tout autre instrument dur, mais ce qui le caractérise c’est qu’une fois humide en profondeur on peut travailler longtemps dessus… et ses fondus sont exceptionnels. D’aucuns prétendent qu’il absorbe beaucoup de médium mais en fait tout est une question de technique…

Je regrette amèrement qu’en France il ne soit pas possible comme à l’étranger de VISITER l’usine productrice, car souvent les Artistes qui ont vu comment le papier est fabriqué en parlent autour d’eux et par ricochet augmentent aussi les ventes… Et pas de magasin d’usine pour les gens du coin à Arches c’est tout à fait rhédibitoire pour Munksjö Arches … à l’étranger,  les visites se font souvent sur invitation, et elles ne sont pas publiques…

L’Arches existe en bloc avec des formats intéressants mais il est très curieux de constater que les fabricants de papier et les fabricants de cadres-standard n’harmonisent nullement leur production et qu’on a par voie de conséquence souvent des chûtes.

Exemples de formats standards en encadrement :

  • 10×15
  • 13×18
  • 18×14
  • 24×30
  • 30×30
  • 30×40
  • 40×50
  • 50×65
  • 50×70
  • 30×70
    (liste non exhaustive)

et comme on peut le voir ça ne colle pas avec les blocs :

formats blocs Arches :

  • 18×26
  • 23×31
  • 26×36
  • 31×41
  • 36×51
  • 46×61
  • 15×30

FEUILLES ARCHES (en 185, 300, 640 ou 850 g/M2)

  • 56×76

Un Artiste professionnel ayant les moyens d’investir un peu au départ préférera souvent prendre carrément un ROULEAU entier mais il faut prévoir selon le grammage entre 100 et 160 € le rouleau, en dimensions 1,13 x 9,15 m.

Le rouleau est plus économique pour ceux qui tendent leur travail sur cadre mais la méthode d’encollage de Baxrainer permet d’éviter toute chûte.

Autre truc très simple que j’ai inventé pour économiser au maximum le papier… prévoir quelques passepartout des mesures que l’on peint le plus souvent mais aussi quelques carte-postales et marque-page. Les poser sur une partie du rouleau jusqu’à avoir un taux de chûte avoisinant le zéro… ça marche et on comprend alors souvent comment raisonnent les fabricants…

non utilisés chez moi :  kraft gommé


Fait non négligeable, l’Arches peut se peindre des deux côtés. Je fais parfois sur demande des tableaux « réversibles » qui peuvent varier la décoration à moindre frais chez l’acheteur… il suffit alors de décadrer, retourner le travail, recadrer et hop… j’ai inventé un système de fixation amovible et je ne scotche pas comme les encadreurs. Par contre, ces derniers fixant souvent l’aquarelle encore humide contre le passepartout pour qu’il se retende, si l’on s’en passe il faut maîtriser une autre méthode pour avoir un papier absolument plane… il en existe un certain nombre…

 J’ai parlé séparément du nouveau Art-Board Arches… donc je n’y reviens pas ici. Il est à mon sens tout à fait superflu, il vaut mieux investir dans un rouleau 300 g.

A savoir que les rouleaux n’existent qu’en 185 et 300 g… ce qui est logique vu que le 800 g a une consistance cartonnée et ne se trouve qu’en feuille. Gardant très longtemps l’humidité, ce dernier  convient aux travaux outdoor réalisés en public l’été sous une chaleur torride…

Mon article est neutre et non écrit dans un but publicitaire, simplement pour partager ma passion-artistique… et c’est d’ailleurs pour cela que je paie un hébergeur, car je ne veux pas que les publicités intempestives apparaîssent à chaque clic-d’utilisateur… mais si jamais un jour un fabricant de papier-aquarelle tombe sur mes lignes, mon voeu le plus cher serait quand même que sur le marché il existe au moins un ou deux blocs standard dont le format serait en adéquation avec les passepartout les plus utilisés donc par exemple les classiques formats 30X40, 40×50 ou 50×70…

En effet, pour éviter toute marque apparaîssant sur le passepartout au bout de quelques années, j’ai récemment pris l’habitude de couper mon papier au format du passepartout, d’en dessiner ensuite le contour intérieur et seulement après de commencer à peindre. Ceci est une approche professionnelle utilisée en Atelier et en outdoor qui évidemment ne permet pas toujours l’utilisation de blocs… donc, à bon entendeur… sachant que la masse des Artistes refusera toujours de préparer à la maison des planches avant de se lancer en outdoor…

ici passepartout « pro » avec liseré or. Met discrètement un papier de qualité en valeur…

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Aquarelle couleur PEAU portrait

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dernière ré-actualisation : 26 juillet  2017


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Vous avez été plusieurs à me demander quel nuancier ou  couleurs basiques conviennent pour un portrait… je ne fonctionne pas tout à fait de manière classique à ce niveau puisque j’applique le médium en combinant mon instinct et mon raisonnement… et que je ne fais jamais de nuancier

Il est tout à fait utopique de penser qu’il suffit de connaître  les ingrédients… pour réussir un portrait… ce n’est pas tout à fait comme en cuisine…  L’Art est un métier manuel qui s’apprend longuement… et on n’a jamais fini…

AQUARELLE | PORTRAITS | PEINTUREMAMANLOTUS | CHRISTIANE ALLENBACH |JEUNE FILLE PMP ARCHES 20x20Tout d’abord il faut analyser le sujet  car en fonction de ses origines génétiques la peau peut aller du très très clair au très très foncé en passant par les variations roses, brunes, jaunes, dorées etc… Ensuite il faut voir si notre modèle est jeune (les bébés n’ont jamais la peau tannée par les intempéries) ou vieux (prévoir quelques rides)… Le troisième facteur, et non des moindres, c’est le moment du jour où on a le sujet devant soi. La luminosité du matin sera différente de celle de midi ou du soir et un sujet se trouvant assis à côté du feu aura le visage bien plus rouge qu’un sujet que l’on souhaite peindre dans des conditions plus classiques… 

AQUARELLE | PORTRAITS  | PEINTUREMAMANLOTUS | CHRISTIANE ALLENBACH |  BOY PABLO CORDON PMPEnsuite… il faut voir quel est le style de peinture de chaque Artiste. Certains au vu d’un modèle prendront sciemment (je ne parle pas de ceux qui changent les teintes par manque de technicité) des couleurs n’ayant strictement rien à voir avec les informations visuelles en provenance de leur sujet, d’autres rechercheront un brin de réalisme… sans parler des monochromes très beaux également…

CHRISTIANE ALLENBACH FEMME NOIRE S_EVANS commonsLe type de papier et le type de médium ont également leur rôle à jouer. Certaines couleurs granulent et parfois elles permettent d’obtenir un rendu très intéressant… La technique du peintre détermine aussi les nuances qu’il va utiliser car quelqu’un qui fait plusieurs glacis  procèdera autrement qu’un peintre qui peint de manière plus spontanée… en monocouche par exemple. Selon le cas, prévoir aussi un papier supportant les retraits… Ici guide d’achat & de choix  et ici papier Arches en détail.

ALLENBACH CHRISTIANE GURU 30 x 40 cm ALLENBACH CHRISTIANE TRANSMISSION PENSEES

Voici quand même quelques pistes :

  • les trois primaires peuvent suffire pour un sujet de type européen
  • des portraitistes de renom s’interdisent totalement l’usage des terres et des minérales pour un portrait, et je les comprends au vu de leurs résultats…
  • personnellement j’ai une palette plutôt restreinte et je mélange beaucoup. Voici les « bases » à avoir pour un portrait abouti  :
      • ocre jaune ou doré, à défaut sienne très diluée
      • alizarine crimson
      • jaune (prendre un transparent, pas de cadm.)
      • rouge basique transparent ou semi-transparent (jamais de cadmium)
      • bleu (cobalt ou outremer)
      • vert (émeraude ou sapin)

Je n’ai pas oublié les terres ni le gris/noir… car ces couleurs s’obtiennent avantageusement par mélange des primaires ou des complémentaires…

> Voici une couleur qui produit en portrait un effet rhédibitoire et qui est à éliminer. Pour ma part elle va direct à la poubelle…  car sa consistance laiteuse n’est pas du tout transparente et fausse complètement les mélanges. Cette couleur contient du blanc, et je n’ai besoin d’aucune analyse pour m’en rendre compte… je le remarque à sa consistance et à l’état de mon eau de rinçage… Il s’agit de Talens appledorn G.623… soyez sympa, offrez à vos portraits le luxe d’être fait avec W&N en couleurs transparentes… Les aquarelles chinoises conviennent aussi très bien…

Ci-dessous par contre, sur papier très rugueux, une base claire pour peau qui s’obtient avec C08.M15.J25.N00 selon la méthode d’approche pointue décrite ici, mais il faut savoir aussi produire des teintes neutres, tout comme s’entraîner à perçevoir les différentes nuances et à les mélanger. La gamme des verts est aussi à réviser car parfois on peut foncer une peau avec.

ALLENBACH CHRISTiIANE BASE PEAU CLAIRE2017 : pour se « simplifier » le travail on peut n’utiliser qu’une combinaison de jaune quinacridone plus rose permanent plus outremer. Il faut résister à la tentation d’éclaircir au blanc mais diluer.

Les derniers essais sur base de primaires comportent les pourcentages suivants : C08.M15.J25.N00 et très curieusement j’ai obtenu la même teinte que le godet ci-dessus mais sans cet aspect laiteux. Youpie.

L’autre dernier essai-concluant fut un mélange d’orange-lazure, jaune et violet. Hé-oui, tous les chemins mènent à Rome…

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Aquarelle et erreurs d’appréciation…

En tant que vivant point d’interrogation… je n’ai jamais fini d’apprendre et j’étudie actuellement, entr’autres, l’histoire de l’Art. Elle se définit comme étant l’étude des oeuvres dans l’histoire, en incluant leur sens, leur technique, la reconnaissance artistique du public, le contexte historique, culturel, psychologique voire économique/politique…

On ne saurait passer par là sans aborder aussi les classifications en Art, qui divergent selon les pays et les époques…

Je souhaite aujourd’hui en extraire un point particulier qui me touche de près en tant qu’Aquarelliste… c’est que dans nos contrées, hélas, l’Aquarelle a toujours tendance à être considérée comme un Art mineur… alors qu’ailleurs elle est classée Art-Majeur…

 Wikipédia définit l’Art mineur comme étant « toutes les formes d’art figuratif qui ne sont ni peinture, ni sculpture, ni architecture » et son image de peinture « fugace » lui colle à la peau… car il est vrai que l’Aquarelle permet de faire mieux qu’avec n’importe quelle autre technique, des études/croquis/carnets de voyage.

En raison d’une soit-disant instabilité de pigments, les grands investisseurs européens s’orientent plutôt vers l’acrylique et l’huile. La  conservation est l’un des arguments souvent mis en avant par la clientèle…  quelque soit le niveau d’investissement. Il appartient donc à l’Artiste de ne choisir que des pigments offrant un maximum de garanties à ce sujet…  Ceci dit, dans les pyramides on a retrouvé des aquarelles intactes… ce qui devrait écarter les doutes du grand public par rapport à la conservation de longue-durée… Je remarque en passant que les huiles présentent aussi des risques de conservation et j’ai vu des huiles craquelées ou présentant des irrégularités en surface… à cause des siccatifs ou autres produits qu’on y avait incorporés de manière non uniforme… Pourtant l’huile continue à attirer la masse… et dans les expositions aux techniques mixtes, l’aquarelle est hélas souvent le parent-pauvre… tant aux yeux du public non averti que du Jury. Les « huiles » ou scuptures raflent souvent injustement les prix… par rapport aux compétences purement techniques de l’Artiste (au niveau composition, technique-du-médium, créativité)…

Il faut savoir que depuis une vingtaine d’années, de nouveaux pigments d’Aquarelle offrent une résistance à la lumière exceptionnelle… et si une aquarelle est conservée dans de bonnes conditions elle ne s’altérera pas. (pour info, en cas de vente je fournis à la fois le certificat d’origine et les consignes de conservation). Les vernis par contre sont à proscrire car ils finissent par ternir le travail.  Les Grands fournisseurs présentent à leurs client des tableaux permettant de choisir son médium en fonction des particularités que l’on recherche, comme justement la permanence. Exemple pour W&N (mon médium préféré, suivi de très près par Schmincke et Sennelier)

Etant puriste, je ne réserve aussi les addififs divers que pour mes cartes postales, décors de chambres d’enfants etc… et bien sûr je privilégie le support « papier » plutôt que la toile même si elle est à la mode en ce moment.

Ce n’est pas parce que de grands Artistes faisaient leurs « études » à l’Aquarelle avant de passer à l’huile que cette technique pleine de subtilités et de transparences doit être considérée comme un Art-mineur. Voici quelques peintres connus (liste non exhaustive) ayant beaucoup ou totalement travaillé à l’aquarelle :

Blanche Odin                  
Cézanne
,
Cotman (dont W&N a donné le nom à une série de godets),
Cox (David)
Delacroix,
Picasso,
Turner,
Van Gogh

En fait, l’aquarelle est le médium qui nécessite le plus de connaissances techniques, de savoir-faire… et rares sont ceux parmi les artistes contemporains qui arrivent au niveau technique d’un Turner… pour  ne citer que l’un des meilleurs.

Concrètement, pour l’Aquarelliste contemporain, les répercussions sur ces erreurs de jugement par rapport à l’Aquarelle sont dramatiques…

A titre d’exemple, dans un logiciel de cotation assez connu, une oeuvre de 40×40 (pour un artiste ayant déjà fait quelques expos perso et une douzaine d’expos collectives) se vendra en moyenne à 218 € si c’est une huile, à 192 € si c’est une acrylique et à seulement 133 € s’il s’agit d’une Aquarelle. Pour un format double-raisin, l’huile se vend en moyenne à 800 €, l’acrylique à 700 € et l’aquarelle à seulement 500 €.

Sorry mais ce n’est pas juste sachant que l’Aquarelle prend trois fois plus de temps et nécessite trois fois plus de compétences techniques… car tout doit être mûrement réfléchi dès le départ, il n’y a pas ou peu de « repentir » avec ce médium…

Cette erreur d’appréciation est hélas courante et un très grand nombre d’Aquarellistes se plaignent, notamment lors des expositions, de rester les parents-pauvres dans la catégorie peintures…

C’est plus que décevant… il vaut bien mieux choisir des salons réservés à l’Aquarelle…

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Randocrocking -6- les couleurs

 

Lorsqu’on pratique le « sketch-on-site » on ne veut pas toujours s’encombrer… d’où l’intérêt de savoir peindre en partant des trois primaires. Généralement, au collège ou au lycée, nous apprenons tous ce qu’est le cercle chromatique, une complémentaire, une primaire, secondaire, tertiaire… et le net rengorge d’informations à ce sujet, je n’y reviendrai donc pas.

On peut faire sans le moindre problème un tableau entier à partir des seules primaires, je le fais régulièrement et les teintes sont alors très harmonieuses. Rien ne « jure »… tout s’équilibre… Voici quelques exemples faits à partir des primaires (cliquer dessus pour agrandir)

Pour apprendre ou réapprendre les couleurs, il est intéressant de partir du jaune, bleu, et rouge pour arriver, selon les dosages, à différents gris, froids ou chauds mais qui comporteront toujours sur le papier de jolis reflets que n’aura JAMAIS un gris sortant directement du tube.

On a déjà ici un aperçu des interactions entre les différentes couleurs, et il existe une abondante littérature sur le sujet.

On peut partir uniquement du jaune citron, du rouge carmin (tous deux semi-opaques) et du bleu céruléan. Pour ma part je peins essentiellement avec W&N et Schmincke.

Il est utile de n’avoir que ces trois couleurs jusqu’à ce qu’on comprenne bien leurs pré-mélanges et mélanges… ensuite on peut élargir sa palette de manière à avoir par exemple trois rouges, trois jaunes, trois bleus, collection que chacun(e) pourra utilement compléter selon ses motifs préférés, avec quelques « terres ».

Pour ma part je n’ai jamais voulu me compliquer la vie en faisant des nuanciers ou en travaillant en fonction des catégories de peinture. Dans mes semi-godets il y a les PRIMAIRES et quelques couleurs que l’on m’a offertes et que je termine mais une chose est à mes yeux très importante, d’où mon choix de travailler avec des semi-godets, c’est d’avoir pour chaque couleur basique DEUX semi-godets : un que l’on gardera PROPRE et un qui servira à puiser la couleur avec un pinceau déjà chargé d’une autre couleur.

En outdoor je peux presque tout faire avec un équipement minimum que voici et auquel, vu la région que j’habite, j’ajoute du rose-poterie car j’aime plus que tout reproduire notre beau grès-rose des Vosges.

Mon médium à l’atelier est rangé dans des bacs à glaçons facilement empilables qu’on peut même superposer pour le transport en cas de peinture en plein air. Son contenu varie en fonction des sujets du moment et parfois des cadeaux que l’on me fait… Je ne trie pas les couleurs par opacité car je la ressens en prélevant au pinceau… Les transparentes, semi-opaques et opaques feront l’objet d’un article ultérieur…

Mélanger soi-même ses couleurs est économique…

Prenons le cas d’un PAYSAGE … que l’on travaille en technique humide ou plus classique, on commence généralement par le ciel. Donc, sauf mauvais temps… on partira sur du BLEU.

Faudrait-il ensuite jeter ce qui reste de ce bleu pour partir d’un vert acheté destiné à faire son feuillage ? et courir le risque de travailler de façon trop uniforme sans variétés dans le feuillage et sans contrastes ?  Noooonnnn… la bonne logique et mon minimalisme… font que l’on va partir de ce bleu pour fabriquer son vert.

On peut obtenir tous les types de vert en partant des primaires… mais on gagnera parfois du temps en utilisant de l’orange au lieu du jaune citron ou en prenant un bleu plus ou moins foncé pour ses mélanges… pareil pour le rouge…

Mon article se veut avant tout une motivation pour les expérimentations personnelles car lorsque la théorie passe dans les réflexes, on peut plus facilement laisser l’émotion envahir sa création…

De surcroît, lorsqu’on comprend comment faire les mélanges, on évite de tritouiller trop de couleurs à la fois ce qui ternit le travail. Deux ou trois sont un maximum pour un même mélange.

Dans le même ordre d’idées, les VIOLETS du commerce, sauf à les acheter tous, ne sont guère utiles pour traduire la variété infinie de nuances que l’on retrouve sur une fleur ou sur certains tissus… faire soi-même ses mélanges permet de restituer fidèlement ce que l’on souhaite.

Au départ, il est bon de regarder ce que peuvent donner les mélanges avec deux couleurs : jaune et rouge, jaune et bleu, bleu et rouge. Ensuite un mélange égal des trois primaires…

W&N explique pas mal de choses sur son site

Je travaille parfois avec le nuancier-virtuel de W&N et je vais vous expliquer pourquoi.  Ayant pris l’habitude de mélanger moi-même mes couleurs, il m’est impossible d’apprendre directement les techniques proposées par les divers peintres sans passer par une « transposition ». A titre d’exemple, lorsque l’on me dit qu’il faut du vert oxyde de chrome ou du vert de vessie, moi je le visualise sur mon écran et ensuite je me le fabrique dans mon assiette. Autant j’aime, par exemple pour certains sujets, utiliser des couleurs brutes, non mélangées, autant je suis heureuse de pouvoir arriver par le raisonnement aux teintes que je souhaite restituer.

Un autre problème c’est qu’il faut, tout comme pour les croquis, entraîner ses yeux à mieux voir les couleurs. On trouve sur le net des sites permettant de tester sa vision des couleurs, ce qui est extrêmement utile pour le travail en plein air. En Atelier, l’option pipette de certains logiciels permet d’isoler une couleur, le temps de faire son mélange sur la palette ou l’assiette… C’est pas mal à titre d’exercice mais la finalité c’est et ce sera toujours d’être opérationnel(le) sur le terrain.

Nous sommes tous en perpétuelle évolution et nous n’avons jamais fini d’apprendre mais si l’on maîtrise le mélange des couleurs on gagne énormément de temps sur le terrain, en même temps que l’on ménage son escarcelle…  Lorsqu’on raisonne ses couleurs on est capable de refaire très vite exactement le mélange qu’il faut donc de ne jamais avoir de surplus. Même pour un portrait, on peut refaire un mélange « peau » avec un peu d’entraînement, et il collera avec la couleur déjà en place.

ALLENBACH CHRISTIANE FLORAISON 2017

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