comment un Jury choisit dans une grande expo…

éléments-clés pour choix du jury en exposition d’aquarelles

Dans les petites expositions régionales, il y a souvent des prix-du-public et un jury pas toujours formé… donc les choix ne se portent pas forcément vers la personne la plus méritante mais souvent vers celle dont le marketing est le plus au point… ou, hélas,  vers celle qui a les bonnes relations… C’est la vie et bien que cela soit parfois injuste, on ne peut pas faire grand’chose…

Je pensais jusqu’ici, connaissant beaucoup d’Artistes qui sont membre du Jury au niveau international, qu’à un haut niveau on tenait compte de la technicité du travail et du nombre d’heures passées dessus… Je me rends compte aujourd’hui que c’était une simple supposition de ma part et que la réalité est différente.

Dans beaucoup de concours, les critères sont précisés d’avance (originalité, technique) mais à défaut et dans les expositions de grande envergure , le Jury prend en compte trois critères essentiels, à savoir  :

> force (dans le sens de énergie)
> équilibre (forme & couleurs)
> rythme (vibrations)

Oui, c’est clairement spécifié… l’émotion que l’on ressent face à un tableau n’est PAS un critère pour un Jury. Pourtant, c’est souvent sur un coup de coeur parce que dans un tableau on aura rappelé à quelqu’un des émotions plus ou moins subconscientes, que concrètement les achats se font…

Par ailleurs, les états d’âme d’ l’Artiste n’entrent pas non plus dans les critères retenus… ce qui bouscule tout ce que j’ai appris jusqu’ici puisque pour certains, raconter l’histoire du tableau provoquait parfois des ventes. Mais il est clair que dans ce cas particulier, le public est touché par l’histoire plutôt que par le tableau lui-même…

Par rapport à la technique et au temps passé sur un travail, ma foi, je confesse que c’est là très dur de me défaire de mon illusion car jusqu’ici j’ai bel et bien cru que le nombre d’heures passées sur un travail était pris en compte par un Jury-pro. En effet, très paradoxalement, , les plus belles oeuvres sont quand même celles qui ne se font pas en juste trois coups de pinceau même si pour trois beaux coups de pinceau il aura fallu des années d’apprentissage…

Ah, le monde de l’Art est parfois bien compliqué…

Je pense donc que chacun(e) en fonction de son style très personnel, peut essayer de traduire les trois concepts qui en question qui apporteront assurément un « plus » :

> FORCE

  • L’Energie peut se traduire de plusieurs manières en aquarelle, soit en traduisant le mouvement, la vigueur, ou l’intensité par la technique, sois en la traduisant par la composotion, les contrastes etc…
  • Dans un autre ordre d’idées, on pourra jouer sur les lignes de force invisibles mais traduisibles en peinture… et ainsi dynamiser son oeuvre.
  • Enfin, il y a une autre sorte de Force que l’on peut incorporer dans ses créations et qui fera que même un sujet sans mouvement dégagera beaucoup d’Energie…

> EQUILIBRE

  • La forme générale d’un tableau est déterminée selon sa culture (Orient/Occident) ou selon son usage (traduire la beauté de la Nature ou d’une personne, militer en faisant passer un message particulier ou… faire une pub).
  • Le choix du format (M, F, P) joue évidemment un rôle prépondérant en composition et il est bon d’avoir étudié les différentes techniques qu’adoptèrent nos Ancêtres-artistiques car ils ont avant nous étudié en long, en large et en travers les diverses possibilités de mettre une oeuvre en valeur notamment en faisant appel aux racines carrées ou au Nombre d’Or.
  • Le plan où l’Artiste place son sujet principal joue aussi un grand rôle…
  • Ensuite intervient le symbolisme des formes car certaines formes évoquent la stabilité et d’autres le mouvement et il s’agit de trouver une subtile harmonie entre ces deux paramètres.
  • Les couleurs sont essentielles aussi pour traduire l’harmonie…  Les tableaux les plus harmonieux se font avec juste les trois primaires mais nécessitent de bonnes bases techniques. Sinon, il est bon de travailler en palette très restreinte et d’introduire parcimonieusement une nouvelle teinte. L’ordre d’application en aquarelle est : d’abord les teintures (transparentes) ensuite les sédimentaires (terres) et pour finir les couleurs minérales. Faute de respecter cet ordre on aura un travail très terne.

> RYTHME et vibrations

  • Dans toute oeuvre il s’agit de traduire plusieurs « plans » et volumes sur un papier lui-même plat…  et toute oeuvre gagne à avoir au moins un arrière plan, un moyen-plan et un avant-plan.
  • Le sujet principal devra se situer de préférence au milieu… de manière à ce que l’oeil puisse circuler sans sortir du tableau.
  • En Art, ce qu’on appelle rythme ce n’est pas un mouvement du sujet ou du pinceau mais le fait qu’un tableau évoque à la fois le très près, le moyennement près et le très-loin, mais aussi le tout grand, le moyennement grand, le tout petit, le très lumineux, moyen et tout sombre…

Indépendamment de cela… il y a les tendances du moment… mais les modes se font-et-se-défont… il vaut mieux s’en tenir aux Règles sûres et ayant fait leurs preuves au fils des siècles.

article susceptible d’être complété par la suite…

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Randocrocking -6- les couleurs

 

Lorsqu’on pratique le « sketch-on-site » on ne veut pas toujours s’encombrer… d’où l’intérêt de savoir peindre en partant des trois primaires. Généralement, au collège ou au lycée, nous apprenons tous ce qu’est le cercle chromatique, une complémentaire, une primaire, secondaire, tertiaire… et le net rengorge d’informations à ce sujet, je n’y reviendrai donc pas.

On peut faire sans le moindre problème un tableau entier à partir des seules primaires, je le fais régulièrement et les teintes sont alors très harmonieuses. Rien ne « jure »… tout s’équilibre… Voici quelques exemples faits à partir des primaires (cliquer dessus pour agrandir)

Pour apprendre ou réapprendre les couleurs, il est intéressant de partir du jaune, bleu, et rouge pour arriver, selon les dosages, à différents gris, froids ou chauds mais qui comporteront toujours sur le papier de jolis reflets que n’aura JAMAIS un gris sortant directement du tube.

On a déjà ici un aperçu des interactions entre les différentes couleurs, et il existe une abondante littérature sur le sujet.

On peut partir uniquement du jaune citron, du rouge carmin (tous deux semi-opaques) et du bleu céruléan. Pour ma part je peins essentiellement avec W&N et Schmincke.

Il est utile de n’avoir que ces trois couleurs jusqu’à ce qu’on comprenne bien leurs pré-mélanges et mélanges… ensuite on peut élargir sa palette de manière à avoir par exemple trois rouges, trois jaunes, trois bleus, collection que chacun(e) pourra utilement compléter selon ses motifs préférés, avec quelques « terres ».

Pour ma part je n’ai jamais voulu me compliquer la vie en faisant des nuanciers ou en travaillant en fonction des catégories de peinture. Dans mes semi-godets il y a les PRIMAIRES et quelques couleurs que l’on m’a offertes et que je termine mais une chose est à mes yeux très importante, d’où mon choix de travailler avec des semi-godets, c’est d’avoir pour chaque couleur basique DEUX semi-godets : un que l’on gardera PROPRE et un qui servira à puiser la couleur avec un pinceau déjà chargé d’une autre couleur.

En outdoor je peux presque tout faire avec un équipement minimum que voici et auquel, vu la région que j’habite, j’ajoute du rose-poterie car j’aime plus que tout reproduire notre beau grès-rose des Vosges.

Mon médium à l’atelier est rangé dans des bacs à glaçons facilement empilables qu’on peut même superposer pour le transport en cas de peinture en plein air. Son contenu varie en fonction des sujets du moment et parfois des cadeaux que l’on me fait… Je ne trie pas les couleurs par opacité car je la ressens en prélevant au pinceau… Les transparentes, semi-opaques et opaques feront l’objet d’un article ultérieur…

Mélanger soi-même ses couleurs est économique…

Prenons le cas d’un PAYSAGE … que l’on travaille en technique humide ou plus classique, on commence généralement par le ciel. Donc, sauf mauvais temps… on partira sur du BLEU.

Faudrait-il ensuite jeter ce qui reste de ce bleu pour partir d’un vert acheté destiné à faire son feuillage ? et courir le risque de travailler de façon trop uniforme sans variétés dans le feuillage et sans contrastes ?  Noooonnnn… la bonne logique et mon minimalisme… font que l’on va partir de ce bleu pour fabriquer son vert.

On peut obtenir tous les types de vert en partant des primaires… mais on gagnera parfois du temps en utilisant de l’orange au lieu du jaune citron ou en prenant un bleu plus ou moins foncé pour ses mélanges… pareil pour le rouge…

Mon article se veut avant tout une motivation pour les expérimentations personnelles car lorsque la théorie passe dans les réflexes, on peut plus facilement laisser l’émotion envahir sa création…

De surcroît, lorsqu’on comprend comment faire les mélanges, on évite de tritouiller trop de couleurs à la fois ce qui ternit le travail. Deux ou trois sont un maximum pour un même mélange.

Dans le même ordre d’idées, les VIOLETS du commerce, sauf à les acheter tous, ne sont guère utiles pour traduire la variété infinie de nuances que l’on retrouve sur une fleur ou sur certains tissus… faire soi-même ses mélanges permet de restituer fidèlement ce que l’on souhaite.

Au départ, il est bon de regarder ce que peuvent donner les mélanges avec deux couleurs : jaune et rouge, jaune et bleu, bleu et rouge. Ensuite un mélange égal des trois primaires…

W&N explique pas mal de choses sur son site

Je travaille parfois avec le nuancier-virtuel de W&N et je vais vous expliquer pourquoi.  Ayant pris l’habitude de mélanger moi-même mes couleurs, il m’est impossible d’apprendre directement les techniques proposées par les divers peintres sans passer par une « transposition ». A titre d’exemple, lorsque l’on me dit qu’il faut du vert oxyde de chrome ou du vert de vessie, moi je le visualise sur mon écran et ensuite je me le fabrique dans mon assiette. Autant j’aime, par exemple pour certains sujets, utiliser des couleurs brutes, non mélangées, autant je suis heureuse de pouvoir arriver par le raisonnement aux teintes que je souhaite restituer.

Un autre problème c’est qu’il faut, tout comme pour les croquis, entraîner ses yeux à mieux voir les couleurs. On trouve sur le net des sites permettant de tester sa vision des couleurs, ce qui est extrêmement utile pour le travail en plein air. En Atelier, l’option pipette de certains logiciels permet d’isoler une couleur, le temps de faire son mélange sur la palette ou l’assiette… C’est pas mal à titre d’exercice mais la finalité c’est et ce sera toujours d’être opérationnel(le) sur le terrain.

Nous sommes tous en perpétuelle évolution et nous n’avons jamais fini d’apprendre mais si l’on maîtrise le mélange des couleurs on gagne énormément de temps sur le terrain, en même temps que l’on ménage son escarcelle…  Lorsqu’on raisonne ses couleurs on est capable de refaire très vite exactement le mélange qu’il faut donc de ne jamais avoir de surplus. Même pour un portrait, on peut refaire un mélange « peau » avec un peu d’entraînement, et il collera avec la couleur déjà en place.

ALLENBACH CHRISTIANE FLORAISON 2017

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