Aquarelle sur toile

tous droits réservés | © Christiane ALLENBACH | http://peinturemamanlotus.fr
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Toutes mes aquarelles sont peintes sur du papier 1er choix et convenablement encadrées elles se gardent plusieurs siècles.

Mais beaucoup d’aquarellistes suivent la mode de peindre sur toile.

Voici comment préparer la toile :

– méthode N° 1 –

utiliser des toiles toutes prêtes (lire ici)

– méthode N° 2 –

Autrefois il fallait décatir la toile car le tissus acheté neuf est toujours rigidifié à l’amidon et parfois non blanc… Si on choisit de le faire,  il faut laisser sécher longuement dans un endroit ventilé à l’ombre, le soleil pouvant jaunir la toile (coton ou lin). Certains choisissent de blanchir par application d’un produit… (bof)

La toile doit ensuite être découpée au bon format (prévoir le surplus d’agrafage) et encollé avec un liant polyvinylique. J’avoue que j’ai tendance à avoir la main lourde en faisant moitié/moitié entre produit et eau mais certains vont jusqu’à un volume de liant pour six volumes d’eau… Faire l’opération au pinceau large trouvé au rayon bricolage du coin.  Attendre trois jours au moins. Appliquer de la même manière une deuxième puis une troisième couche…

– méthode N° 3 –

Commencer comme en N° 2 avec une couche de liant, par exemple Caparol (il n’a pas d’odeur forte et le pinceau se nettoie à l’eau ce qui est bien pratique). J’utilise aussi les liants polyvinyliques pour des bricolages variés…

Après séchage complet du Caparol (Binder veut dire liant en allemand) on enduit la toile de GHESSO.Ce produit était autrefois confectionné avec des produits tirés de la nature et des animaux, maintenant il est exclusivement synthétique. Le Ghesso a pour rôle d’imperméabiliser la toile, et d’unifier un peu sa texture tout en empêchant le médium d’y pénétrer. (rien que par ce principe, pour l’aquarelle c’est contraire à mes idéaux).

On peut commencer à agrafer ou clouer la toile sur le chassis avant séchage complet. Cette technique exige un peu d’attention car il ne faut pas louper le bon moment mais elle offre l’avantage de bien tendre la toile sur son support. Les toiles achetées déjà montées sont souvent insuffisamment tendues et il faut remouiller à l’envers pour y remédier. De plus, en faisant le montage soi-même, on réduit le coût.

Dès séchage complet… on peut peindre. Mais attention : inutile de vouloir travailler à la verticale (sur chevalet) ou même en biais… il faut opérer strictement à plat. J’ai essayé et cela me rappelle un petit peu le travail sur le yupo dont je parlais récemment. Le médium reste plutôt en surface. Après séchage (toujours à plat) il faut avoir recourir aux vernis… ce qui inévitablement, au bout de quelques années, va ternir le travail. Nous n’avons de loin pas le recul suffisant pour vérifier le comportement d’un vernis au bout de plusieurs décennies car cette « mode » est relativement récente. La toile est conçue pour l’huile, convient aussi à l’acrylique mais pas forcément pour l’aquarelle.

De plus, la technique d’encadrement change du tout au tout par rapport à l’aquarelle traditionnelle que je ne conçois que sur papier… et pour avoir vu en exposition outdoor des toiles perçées lors de manutentions ou de grand vent… j’avoue que je préfère de loin l’encadrement traditionnel d’un travail fait sur du bon Papier.

La raison souvent invoquée pour l’utilisation de toile c’est sa texture. Mais à la limite, les cartons entoilés ont aussi cette texture. Moi j’aime que le médium pénètre dans le papier, j’aime les fusions qu’on peut faire sur le papier, les jeux entre médium et eau… j’avoue que sur toile c’est très différent. Cela ne veut pas dire que la méthode est nulle et s’il y a « demande » de la clientèle il faut forcément que certains artistes suivent cette mode… mais pour moi ce sera nièt. C’est mon choix et il me correspond. Par ailleurs, je découvre de plus en plus de nouvelles manières de peindre SUR PAPIER… et je n’ai de loin pas encore expérimenté tout ce que je souhaite… il y a de quoi faire pendant les prochaines décennies…

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Aquarelle et erreurs d’appréciation…

En tant que vivant point d’interrogation… je n’ai jamais fini d’apprendre et j’étudie actuellement, entr’autres, l’histoire de l’Art. Elle se définit comme étant l’étude des oeuvres dans l’histoire, en incluant leur sens, leur technique, la reconnaissance artistique du public, le contexte historique, culturel, psychologique voire économique/politique…

On ne saurait passer par là sans aborder aussi les classifications en Art, qui divergent selon les pays et les époques…

Je souhaite aujourd’hui en extraire un point particulier qui me touche de près en tant qu’Aquarelliste… c’est que dans nos contrées, hélas, l’Aquarelle a toujours tendance à être considérée comme un Art mineur… alors qu’ailleurs elle est classée Art-Majeur…

 Wikipédia définit l’Art mineur comme étant « toutes les formes d’art figuratif qui ne sont ni peinture, ni sculpture, ni architecture » et son image de peinture « fugace » lui colle à la peau… car il est vrai que l’Aquarelle permet de faire mieux qu’avec n’importe quelle autre technique, des études/croquis/carnets de voyage.

En raison d’une soit-disant instabilité de pigments, les grands investisseurs européens s’orientent plutôt vers l’acrylique et l’huile. La  conservation est l’un des arguments souvent mis en avant par la clientèle…  quelque soit le niveau d’investissement. Il appartient donc à l’Artiste de ne choisir que des pigments offrant un maximum de garanties à ce sujet…  Ceci dit, dans les pyramides on a retrouvé des aquarelles intactes… ce qui devrait écarter les doutes du grand public par rapport à la conservation de longue-durée… Je remarque en passant que les huiles présentent aussi des risques de conservation et j’ai vu des huiles craquelées ou présentant des irrégularités en surface… à cause des siccatifs ou autres produits qu’on y avait incorporés de manière non uniforme… Pourtant l’huile continue à attirer la masse… et dans les expositions aux techniques mixtes, l’aquarelle est hélas souvent le parent-pauvre… tant aux yeux du public non averti que du Jury. Les « huiles » ou scuptures raflent souvent injustement les prix… par rapport aux compétences purement techniques de l’Artiste (au niveau composition, technique-du-médium, créativité)…

Il faut savoir que depuis une vingtaine d’années, de nouveaux pigments d’Aquarelle offrent une résistance à la lumière exceptionnelle… et si une aquarelle est conservée dans de bonnes conditions elle ne s’altérera pas. (pour info, en cas de vente je fournis à la fois le certificat d’origine et les consignes de conservation). Les vernis par contre sont à proscrire car ils finissent par ternir le travail.  Les Grands fournisseurs présentent à leurs client des tableaux permettant de choisir son médium en fonction des particularités que l’on recherche, comme justement la permanence. Exemple pour W&N (mon médium préféré, suivi de très près par Schmincke et Sennelier)

Etant puriste, je ne réserve aussi les addififs divers que pour mes cartes postales, décors de chambres d’enfants etc… et bien sûr je privilégie le support « papier » plutôt que la toile même si elle est à la mode en ce moment.

Ce n’est pas parce que de grands Artistes faisaient leurs « études » à l’Aquarelle avant de passer à l’huile que cette technique pleine de subtilités et de transparences doit être considérée comme un Art-mineur. Voici quelques peintres connus (liste non exhaustive) ayant beaucoup ou totalement travaillé à l’aquarelle :

Blanche Odin                  
Cézanne
,
Cotman (dont W&N a donné le nom à une série de godets),
Cox (David)
Delacroix,
Picasso,
Turner,
Van Gogh

En fait, l’aquarelle est le médium qui nécessite le plus de connaissances techniques, de savoir-faire… et rares sont ceux parmi les artistes contemporains qui arrivent au niveau technique d’un Turner… pour  ne citer que l’un des meilleurs.

Concrètement, pour l’Aquarelliste contemporain, les répercussions sur ces erreurs de jugement par rapport à l’Aquarelle sont dramatiques…

A titre d’exemple, dans un logiciel de cotation assez connu, une oeuvre de 40×40 (pour un artiste ayant déjà fait quelques expos perso et une douzaine d’expos collectives) se vendra en moyenne à 218 € si c’est une huile, à 192 € si c’est une acrylique et à seulement 133 € s’il s’agit d’une Aquarelle. Pour un format double-raisin, l’huile se vend en moyenne à 800 €, l’acrylique à 700 € et l’aquarelle à seulement 500 €.

Sorry mais ce n’est pas juste sachant que l’Aquarelle prend trois fois plus de temps et nécessite trois fois plus de compétences techniques… car tout doit être mûrement réfléchi dès le départ, il n’y a pas ou peu de « repentir » avec ce médium…

Cette erreur d’appréciation est hélas courante et un très grand nombre d’Aquarellistes se plaignent, notamment lors des expositions, de rester les parents-pauvres dans la catégorie peintures…

C’est plus que décevant… il vaut bien mieux choisir des salons réservés à l’Aquarelle…

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