Approche de la composition et de la perspective

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(article actualisé en juillet 2015)

 

La composition est un vaste sujet qui ne peut être expliqué qu’étape par étape suivant le niveau de chacun(e) mais qui dans son ensemble, se définit par la manière dont l’Artiste met ce qu’il voit sur le papier. Cela englobe de faire un choix entre la présence ou l’absence de certains éléments, la place qu’on veut donner au sujet principal, la manière dont on mettra ce sujet en scène, les lignes de force qui viendront guider l’oeil du spectateur, les couleurs, contrastes et rythmes, et bien sûr la perspective.

L’un de mes 1ers croquis explicatifs est toujours d’actualité et explique bien mieux qu’un roman la différence pour un même sujet du rendu selon que l’on monte ou descende son regard…

C’est l’une des raisons pour lesquelles je recommande d’aller travailler sur le terrain, face à son sujet, plutôt que sur photo. 

Il faut pouvoir faire le tour du sujet, voir comment on peut le mieux arriver à le mettre sur papier…

L’artiste doit donc examiner son sujet sous tous les angles avant de choisir de se poster à un endroit particulier… et sur telle-ou-telle hauteur…

Même si les « règles » sont parfois faites pour être transgressées, avant de s’y risquer il faut les connaître, d’où l’intérêt d’un apprentissage pédagogique sûr. On me dit parfois qu’il existe la possibilité, par logiciel interposé, de transformer une photo en dessin… et certains veulent gagner du temps… mais du coup les erreurs de perspectives deviennent flagrantes sur leur création et c’est rhédibitoire pour qui veut vraiment progresser. A tous ceux que l’étude de la perspective rebute je répondrai simplement qu’il faut penser au PLAISIR d’aquareller ensuite sur des lignes justes. Je trouve que le résultat en vaut franchement la peine.

A titre d’exemple, ici une photo qui présente un angle de prise de vue intéressant, et qui sous sa forme photographique n’est nullement choquante. Mais si l’on devait reproduire telles quelles les lignes & directions… on se rendrait bien vite compte que ça cloche car la photo déforme trop…  Cette perspective à trois points mérite qu’on y consacre un peu de temps… Son avantage ? c’est qu’elle donne de la FORCE au dessin en intégrant avec dynamisme les lignes de fuites.

Je ne montre pas one-line comment on « pourrait » faire… ce serait réfléchir à votre place et vous mâcher le boulot !

par contre j’indique des pistes, car je souhaite vous transmettre ma passion et vous donner le goût des choses bien faites, ainsi que l’envie d’y consacrer tout le temps nécessaire.

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comment un Jury choisit dans une grande expo…

éléments-clés pour choix du jury en exposition d’aquarelles

Dans les petites expositions régionales, il y a souvent des prix-du-public et un jury pas toujours formé… donc les choix ne se portent pas forcément vers la personne la plus méritante mais souvent vers celle dont le marketing est le plus au point… ou, hélas,  vers celle qui a les bonnes relations… C’est la vie et bien que cela soit parfois injuste, on ne peut pas faire grand’chose…

Je pensais jusqu’ici, connaissant beaucoup d’Artistes qui sont membre du Jury au niveau international, qu’à un haut niveau on tenait compte de la technicité du travail et du nombre d’heures passées dessus… Je me rends compte aujourd’hui que c’était une simple supposition de ma part et que la réalité est différente.

Dans beaucoup de concours, les critères sont précisés d’avance (originalité, technique) mais à défaut et dans les expositions de grande envergure , le Jury prend en compte trois critères essentiels, à savoir  :

> force (dans le sens de énergie)
> équilibre (forme & couleurs)
> rythme (vibrations)

Oui, c’est clairement spécifié… l’émotion que l’on ressent face à un tableau n’est PAS un critère pour un Jury. Pourtant, c’est souvent sur un coup de coeur parce que dans un tableau on aura rappelé à quelqu’un des émotions plus ou moins subconscientes, que concrètement les achats se font…

Par ailleurs, les états d’âme d’ l’Artiste n’entrent pas non plus dans les critères retenus… ce qui bouscule tout ce que j’ai appris jusqu’ici puisque pour certains, raconter l’histoire du tableau provoquait parfois des ventes. Mais il est clair que dans ce cas particulier, le public est touché par l’histoire plutôt que par le tableau lui-même…

Par rapport à la technique et au temps passé sur un travail, ma foi, je confesse que c’est là très dur de me défaire de mon illusion car jusqu’ici j’ai bel et bien cru que le nombre d’heures passées sur un travail était pris en compte par un Jury-pro. En effet, très paradoxalement, , les plus belles oeuvres sont quand même celles qui ne se font pas en juste trois coups de pinceau même si pour trois beaux coups de pinceau il aura fallu des années d’apprentissage…

Ah, le monde de l’Art est parfois bien compliqué…

Je pense donc que chacun(e) en fonction de son style très personnel, peut essayer de traduire les trois concepts qui en question qui apporteront assurément un « plus » :

> FORCE

  • L’Energie peut se traduire de plusieurs manières en aquarelle, soit en traduisant le mouvement, la vigueur, ou l’intensité par la technique, sois en la traduisant par la composotion, les contrastes etc…
  • Dans un autre ordre d’idées, on pourra jouer sur les lignes de force invisibles mais traduisibles en peinture… et ainsi dynamiser son oeuvre.
  • Enfin, il y a une autre sorte de Force que l’on peut incorporer dans ses créations et qui fera que même un sujet sans mouvement dégagera beaucoup d’Energie…

> EQUILIBRE

  • La forme générale d’un tableau est déterminée selon sa culture (Orient/Occident) ou selon son usage (traduire la beauté de la Nature ou d’une personne, militer en faisant passer un message particulier ou… faire une pub).
  • Le choix du format (M, F, P) joue évidemment un rôle prépondérant en composition et il est bon d’avoir étudié les différentes techniques qu’adoptèrent nos Ancêtres-artistiques car ils ont avant nous étudié en long, en large et en travers les diverses possibilités de mettre une oeuvre en valeur notamment en faisant appel aux racines carrées ou au Nombre d’Or.
  • Le plan où l’Artiste place son sujet principal joue aussi un grand rôle…
  • Ensuite intervient le symbolisme des formes car certaines formes évoquent la stabilité et d’autres le mouvement et il s’agit de trouver une subtile harmonie entre ces deux paramètres.
  • Les couleurs sont essentielles aussi pour traduire l’harmonie…  Les tableaux les plus harmonieux se font avec juste les trois primaires mais nécessitent de bonnes bases techniques. Sinon, il est bon de travailler en palette très restreinte et d’introduire parcimonieusement une nouvelle teinte. L’ordre d’application en aquarelle est : d’abord les teintures (transparentes) ensuite les sédimentaires (terres) et pour finir les couleurs minérales. Faute de respecter cet ordre on aura un travail très terne.

> RYTHME et vibrations

  • Dans toute oeuvre il s’agit de traduire plusieurs « plans » et volumes sur un papier lui-même plat…  et toute oeuvre gagne à avoir au moins un arrière plan, un moyen-plan et un avant-plan.
  • Le sujet principal devra se situer de préférence au milieu… de manière à ce que l’oeil puisse circuler sans sortir du tableau.
  • En Art, ce qu’on appelle rythme ce n’est pas un mouvement du sujet ou du pinceau mais le fait qu’un tableau évoque à la fois le très près, le moyennement près et le très-loin, mais aussi le tout grand, le moyennement grand, le tout petit, le très lumineux, moyen et tout sombre…

Indépendamment de cela… il y a les tendances du moment… mais les modes se font-et-se-défont… il vaut mieux s’en tenir aux Règles sûres et ayant fait leurs preuves au fils des siècles.

article susceptible d’être complété par la suite…

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Aquarelle et erreurs d’appréciation…

En tant que vivant point d’interrogation… je n’ai jamais fini d’apprendre et j’étudie actuellement, entr’autres, l’histoire de l’Art. Elle se définit comme étant l’étude des oeuvres dans l’histoire, en incluant leur sens, leur technique, la reconnaissance artistique du public, le contexte historique, culturel, psychologique voire économique/politique…

On ne saurait passer par là sans aborder aussi les classifications en Art, qui divergent selon les pays et les époques…

Je souhaite aujourd’hui en extraire un point particulier qui me touche de près en tant qu’Aquarelliste… c’est que dans nos contrées, hélas, l’Aquarelle a toujours tendance à être considérée comme un Art mineur… alors qu’ailleurs elle est classée Art-Majeur…

 Wikipédia définit l’Art mineur comme étant « toutes les formes d’art figuratif qui ne sont ni peinture, ni sculpture, ni architecture » et son image de peinture « fugace » lui colle à la peau… car il est vrai que l’Aquarelle permet de faire mieux qu’avec n’importe quelle autre technique, des études/croquis/carnets de voyage.

En raison d’une soit-disant instabilité de pigments, les grands investisseurs européens s’orientent plutôt vers l’acrylique et l’huile. La  conservation est l’un des arguments souvent mis en avant par la clientèle…  quelque soit le niveau d’investissement. Il appartient donc à l’Artiste de ne choisir que des pigments offrant un maximum de garanties à ce sujet…  Ceci dit, dans les pyramides on a retrouvé des aquarelles intactes… ce qui devrait écarter les doutes du grand public par rapport à la conservation de longue-durée… Je remarque en passant que les huiles présentent aussi des risques de conservation et j’ai vu des huiles craquelées ou présentant des irrégularités en surface… à cause des siccatifs ou autres produits qu’on y avait incorporés de manière non uniforme… Pourtant l’huile continue à attirer la masse… et dans les expositions aux techniques mixtes, l’aquarelle est hélas souvent le parent-pauvre… tant aux yeux du public non averti que du Jury. Les « huiles » ou scuptures raflent souvent injustement les prix… par rapport aux compétences purement techniques de l’Artiste (au niveau composition, technique-du-médium, créativité)…

Il faut savoir que depuis une vingtaine d’années, de nouveaux pigments d’Aquarelle offrent une résistance à la lumière exceptionnelle… et si une aquarelle est conservée dans de bonnes conditions elle ne s’altérera pas. (pour info, en cas de vente je fournis à la fois le certificat d’origine et les consignes de conservation). Les vernis par contre sont à proscrire car ils finissent par ternir le travail.  Les Grands fournisseurs présentent à leurs client des tableaux permettant de choisir son médium en fonction des particularités que l’on recherche, comme justement la permanence. Exemple pour W&N (mon médium préféré, suivi de très près par Schmincke et Sennelier)

Etant puriste, je ne réserve aussi les addififs divers que pour mes cartes postales, décors de chambres d’enfants etc… et bien sûr je privilégie le support « papier » plutôt que la toile même si elle est à la mode en ce moment.

Ce n’est pas parce que de grands Artistes faisaient leurs « études » à l’Aquarelle avant de passer à l’huile que cette technique pleine de subtilités et de transparences doit être considérée comme un Art-mineur. Voici quelques peintres connus (liste non exhaustive) ayant beaucoup ou totalement travaillé à l’aquarelle :

Blanche Odin                  
Cézanne
,
Cotman (dont W&N a donné le nom à une série de godets),
Cox (David)
Delacroix,
Picasso,
Turner,
Van Gogh

En fait, l’aquarelle est le médium qui nécessite le plus de connaissances techniques, de savoir-faire… et rares sont ceux parmi les artistes contemporains qui arrivent au niveau technique d’un Turner… pour  ne citer que l’un des meilleurs.

Concrètement, pour l’Aquarelliste contemporain, les répercussions sur ces erreurs de jugement par rapport à l’Aquarelle sont dramatiques…

A titre d’exemple, dans un logiciel de cotation assez connu, une oeuvre de 40×40 (pour un artiste ayant déjà fait quelques expos perso et une douzaine d’expos collectives) se vendra en moyenne à 218 € si c’est une huile, à 192 € si c’est une acrylique et à seulement 133 € s’il s’agit d’une Aquarelle. Pour un format double-raisin, l’huile se vend en moyenne à 800 €, l’acrylique à 700 € et l’aquarelle à seulement 500 €.

Sorry mais ce n’est pas juste sachant que l’Aquarelle prend trois fois plus de temps et nécessite trois fois plus de compétences techniques… car tout doit être mûrement réfléchi dès le départ, il n’y a pas ou peu de « repentir » avec ce médium…

Cette erreur d’appréciation est hélas courante et un très grand nombre d’Aquarellistes se plaignent, notamment lors des expositions, de rester les parents-pauvres dans la catégorie peintures…

C’est plus que décevant… il vaut bien mieux choisir des salons réservés à l’Aquarelle…

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