Randocroking -8- Matériel outdoor

Je n’aime pas m’encombrer dehors… mais voici à titre indicatif ce que j’emporte généralement… ceci est tout à fait personnel et peut ne pas convenir à chacun…

  • carnet de croquis et crayon-graphite PITT (rond) pour mes esquisses/croquis
  • Bristol demi-A4 ou A4 en 80 g. pour croquis-encre ou dessins aquarellés spontanées et fluides
  • Blocs d’aquarelle 300 g. Arches-vert, grain fin  :
    • 10×25 pour les petits sujets et mini-paysages
    • 20×20 car j’adore le format carré
    • 23×31 car éventuellement encadrable…

J’adore le travail sur le terrain mais je ne suis pas « fan » des carnets de voyage car je veux me réserver la possibilité d’éliminer un travail… sans avoir à arracher de feuilles. Lorsqu’on peint régulièrement sur le même format il est par contre fort possible de faire ensuite une reliure.
Je préfère souvent offrir mes créations… donc j’ai tout intérêt à travailler sur des feuilles volantes.

Pour un format plus grand, le papier gagne à être tendu.
J’aime bien commencer dans l’humide mais j’évite de peindre ainsi en public car souvent il faut s’interrompre pour expliquer ce qu’on fait et la qualité du travail en pâtit.

Je n’utilise ni pinces à linge, ni pinces à dessin, ni bande collante ou kraft, mais une fois que mon papier est tendu comme ci-dessus je délimite mes marges et je pose du simple scotch de bureau pour la garder nette. Sur le papier Arches il s’enlève très bien, sur le Centenaire aussi si on tire en biais… mais c’est fortement déconseillé pour le Cornwall car il part en lambeaux même s’il a par ailleurs des qualités que j’apprécie… 

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Au niveau pinceaux, deux suffisent… pour moi c’est 6 et 8 à manche de 10 cm… très pratique. Sinon, avec mon set de voyage, un mini-pinceau est inclus. Parfois je voyage avec juste les 3 primaires, parfois avec tous mes semi-godets (empilables et rentrant dans le panier de mon vélo).

Je n’échantillonne pas mes couleurs et n’utilise pas de  nuanciers… j’ai appris à faire les mélanges et à les raisonner.

En outdoor on ne peut pas toujours terminer entièrement son travail… pour diverses raisons. Soit on laisse alors tel quel… et un travail inachevé a souvent bien du charme… soit on termine en atelier. Dans ce cas un petit appareil photo est utile afin de mémoriser les couleurs. Mais terminer en atelier ne prend son sens que si le dessin est posé et le sujet bien compris… Souvent il faut s’approcher, reculer, faire le tour de son sujet pour bien saisir ses particularités. Une photo ne saurait se substituer à ce type d’analyse.

Je vais peut-être en surprendre plus d’un mais pour moi, dessiner sur le motif est plus important que peindre-outdoor.  Juste armée d’un crayon et d’un bloc, je passe partout, je fait vite, je fixe le mouvement… et chaque croquis supplémentaire m’offre l’opportunité d’aller à l’essentiel et de perfectionner ma technique.


Le chevreuil qui galope ou l’écureuil venu cueillir une noix n’attendra pas que l’Artiste ait déballé tout son matériel… et une émotion qui a besoin d’être mise immédiatement sur papier aura souvent disparu le temps de sortir l’artillerie lourde nécessaire à certains… (chevalet, fauteuil etc).

Que faire concrètement avec esquisses/dessins ? souvent je les convertis en illustrations mais je préfère les offrir et j’ai vu enfants et adultes repartir fièrement avec l’un de mes dessins. L’autre jour j’ai rencontré une dame à laquelle il y a deux ans j’ai offert un simple dessin prélevé sur bloc… elle m’a dit qu’elle l’a toujours… Dans un autre ordre d’idées, offrir un dessin à un enfant c’est aussi l’inciter à créer lui-même et à … oublier pour un bon moment son ordinateur… Je note en passant que les jeunes enfants ont un sens inné de la composition qui disparaît bien souvent dès l’adolescence faute d’être « cultivé » alors si je peux en outdoor cultiver la fibre artistique chez un jeune, je le fais… En histoire de l’Art… on peut admirer les esquisses inachevées des Maîtres d’Antan… et j’avoue que j’aimerais énormément en posséder une… elles ont quelque-chose de magique… et souvent on y voit les lignes de construction.

Dans la vie comme en Art…
on a tout intérêt à « voyager léger »…

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