Tableaux et accrochage en oblique à trois points

Aquarelles | Tableaux et accrochage en oblique à trois points

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Après avoir évoqué l’accrochage professionnel d’un tableau « lourd » qui dépend bien sûr à la fois de l’encadreur et de la solidité de votre clou dans le mur…  je vais vous faire découvrir maintenant un système d’accrochage un peu dépassé mais que vous retrouverez systématiquement sur les tableaux anciens des collectionneurs ou plus modestement, si vous dénichez un bon vieux cadre aux puces.

Il s’agit de l’accrochage en oblique à trois points.

Ce système a été inventé à l’époque où l’on savait encore penser… et où l’on n’était pas obligé d’accrocher serré. Cet accrochage convient aux tableaux plutôt grands et assez en hauteur, il permet d’apprécier la peinture sans avoir à prendre beaucoup de recul comme le permet une grande salle de château par exemple où cela ne pose pas de problème d’accrocher droit. En effet, il faut se rappeler que la bonne hauteur d’accrochage d’un tableau fait théoriquement correspondre son milieu à la ligne d’horizon du public donc en regardant droit devant soi on doit voir le MILIEU du tableau. Dès que cette règle ne peut être respectée… il faut recourir à l’accrochage en oblique.

La plupart des personnes n’ont pas encore entendu parler de l’accrochage en trois points & oblique… et cela peut se comprendre car en galerie ou en expo, la place est limitée,  et on accroche serré, en ligne, de manière parallèle, symétrique ou géométrique mais le plus souvent droit. Sauf dans certaines expositions de qualité où les tableaux de choix sont présentés en oblique sur un chevalet…

Les tableaux modernes au design simplifié, que personnellement je considère comme de la « déco » et pas comme des oeuvres d’Art, qu’ils s’agisse de tableaux grand-format, de triptiques ou de quatriptiques… ne sont pas faits pour être accrochés en oblique, cela nuirait à leur esthétique. Par contre, il m’est arrivé dans un tel environnement d’observer des tableaux posés en oblique sur une étagère.

L’accrochage en oblique est fait pour des oeuvres qui ont une histoire à raconter, des oeuvres que l’on contemple des heures sans en faire le tour et sans s’en lasser.

Dans un intérieur classique ou ancien, des tableaux de collection reflètent, comme me l’ont confié des collectionneurs, la personnalité de leur propriétaire. Il faut donc veiller à leur parfaite « mise en scène » et les collectionneurs peuvent se permettre de laisser respirer chaque tableau… et de le mettre correctement en valeur.

A titre d’exemple, l’intérieur du château de Vaux le Vicomte comporte un magnifique mur blanc orné d’un beau tableau foncé accroché en trois points avec une très faible mais perceptible inclinaison. Cette inclinaison est vérifiable dans la plupart des châteaux comme par exemple : Château d’Azay-le-Rideau, château d’Eu, la galerie de Bal du château de Compiègne, château de Grousseychâteau de Versailles,   château de Creullet (qui reçut W. Churchill) et bien d’autres encore : je donne juste quelques noms pour que le lecteur puisse vérifier par lui-même.

Dans les autres châteaux et belles demeures, l’inclinaison est plus légère et produite par un accrochage à deux points…

Le système de fixation des tableaux dépend de leur taille, de leur poids, et de l’époque… Autrefois il n’était pas rare de prendre des cordes car elles étaient de qualité et duraient plusieurs générations… de nos jours, il est plus courant d’utiliser des cordons de suspension en acier, ou en perlon avec bien sûr un système de serrage. Voici l’envers d’un tableau d’un antiquaire, datant d’une soixantaine d’années et encore en assez bon état malgré qu’il ait été exposé au froid et à l’humidité :

Je vous déconseille fortement Ikéa qui a voulu « donner du style » à ses tableaux mais dont l’accrochage s’est cassé la figure la première nuit… le tableau a atterri à la déchetterie alors qu’il était tout neuf. De plus le bois chez Ikéa travaille trop sur les grands formats, le cadre se déforme au bout de trois jours… Pourtant la suspension en triangle à trois points est justement destinée à répartir le poids de manière à éviter que le bois ne travaille…

Voici l’envers d’un rescapé Ikéa… encore indemne… mais je suis obligée de stocker ce tableau à plat pour éviter tout incident :

Nooooon, pitié, pas de concessions à ce niveau… je parle ici d’encadrement de qualité, fait par un encadreur.. avec lequel bien sûr il faudra négocier la pose du système à trois points car par défaut il ne mettra qu’un seul crochet d’accrochage. L’encadreur saura aussi déterminer la hauteur de l’accrochage de ce système par rapport à la hauteur totale de l’envers du tableau, en fonction de l’inclinaison souhaitée et éventuellement de l’inclinaison des tableaux situés à proximité, le tout devant être parfaitement harmonisé.

Ce tableau ancien (l’un de ma collection privée) est pourvu d’un système de crochets à visser dans le bois (dur bien sûr). Voici un gros plan. Ce tableau presque centenaire n’a pas bougé au fil des décennies…

Les Anciens avaient compris que le fil de chanvre permettait ensuite d’avoir facilement un tableau droit, alors que le cordon en perlon ou en acier glisse sur le clou qui constitue le troisième point de fixation. Les fabricants de cordons l’ont compris puisqu’ils enduisent maintenant leur fil de fer de chanvre, donc il est en principe souple et nouable… enfin théoriquement… souvent les encadreurs se contentent de l’entrecroiser car pas si souple que ça… Quant à Ikéa, il se contente hélas de rendre son fil de fer gluant… beurk… comme dit plus haut, je déconseille vivement…  Des oeillets de serrages ou crans d’arrêts peuvent compléter ce système mais par mesure de sécurité, lorsque j’emmène un tel tableau en expo, je double le cordon-acier d’une corde en nylon, deux précautions valent mieux qu’une.

Si vous avez acheté une belle aquarelle (ou une huile) … donnez-vous les moyens de la mettre en valeur correctement. Vous doublerez votre Joie… et vos invités sauront faire la différence.


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