Randocroking -7- comment dessiner un animal

comment dessiner un animal

Dans l’article Randocrocking -4- j’évoquais le choix de l’animal lorsqu’on commence à dessiner…

Pour débuter, une excellente idée c’est de démarrer avec… une statue d’animal lorsqu’on en a une réaliste sous la main. Ici, exemple dans le parc de Haguenau :

Il convient, au début de choisir un moment où l’endroit n’est pas trop fréquenté… ou alors de trouver une « excuse » qui passe bien… à titre d’exemple il m’arrive encore de dire que je reprends à la case départ après une longue pause… cela peut éviter des critiques démoralisantes… par contre, il m’est aussi arrivé qu’on demande à feuilleter mon carnet de croquis, et certains sont repartis… en emmenant l’une de mes pages. C’est donc à chacun de voir jusqu’où il veut laisser aller le spectateur…

En tant que « maman » je prends toujours le temps de donner les explications voulues au jeune public… et si je peux donner à un enfant le goût de créer je suis tout à fait ravie… Bien sûr je suis aussi en quelque sorte la maman de tout le monde, même si parfois cela se rapporte à des personnes plus âgées… mais ceci serait ici hors sujet…

Donc… revenons à nos moutons… plus « statique » qu’une statue vous ne trouverez pas…

Une excellente alternative consiste à commencer avec des animaux de ferme… et à choisir pour cela l’heure du repas, moment où ils bougent généralement très peu.

Bien sûr il faut aussi choisir un animal aux formes relativement simples… sachant que réussir une poule est éminemment plus simple que de réussir un cheval ou un éléphant…

A titre d’exemple, puisque la statue du sanglier s’est présentée à moi par hasard… on va continuer avec ce bel animal et je vous propose déjà de vous familiariser avec lui en regardant son squelette et en apprenant ses habitudes de vie. Dans les grandes villes, on le trouve généralement dans des parcs, sinon il reste les zoo… dans un parc naturel régional ils bougent déjà plus et il faudra d’abord avoir fait quelques études d’un sanglier relativement immobile avant de s’attaquer à un animal en mouvement voire au grand galop.

Ne prenez pas l’habitude de travailler sur photo, sinon votre oeil ne peut pas s’entraîner à comprendre l’animal… car le but d’une étude approfondie est de le voir sous tous les angles possibles et imaginables. De tous temps, avant de faire une toile ou une aquarelle, les artistes de renom ont fait une série d’études préalables, en partant des esquisses indiquant un mouvement particulier pour finir au travail sur les valeurs, aux détails anatomiques etc… Au final, après l’étude, on devrait pouvoir, du moins pendant un temps, dessiner par coeur l’animal dans toutes les positions et ceci sans avoir le modèle sous les yeux.

En principe lorsque je sors dessiner en outdoor je ne fais aucune photo… je vous en propose néanmoins quelques-unes ici, ne serait-ce que pour vous donner envie de vous « attaquer » à un animal souvent méconnu voire méprisé mais très intelligent et beau lorsqu’on sait le regarder.

Il est bon avant de sauter sur son crayon ou sur sa plume… de décomposer chaque animal en parties (ou volumes) et de repérer  comment il bouge.

Ces zones sont, sauf pour un serpent :
_____ > épaule avec les antérieurs (pattes avant)
_____ > ventre
_____ > arrière-train avec les postérieurs (pattes arrières)
_____ > cou et tête
_____ > queue

En parlant des canons humains, j’expliquais schématiquement comment « articuler » un personnage… pour les animaux le principe est le même… c’est pour cela que généralement on ne dessine bien que ceux que l’on aime, parce qu’on aura pris le temps de les connaître à fond.

Il n’y a pas une approche meilleure qu’une autre, sur le plan technique… il faut un peu combiner différentes manières de procéder… surtout que tout le monde n’a pas le temps pour faire des études anatomiques poussées, l’alternative consiste donc à observer très très attentivement. Si vous ne maîtrisez pas les techniques d’approche et d’observation du gibier, munissez-vous d’une paire de jumelles, et dessinez en gardant les yeux rivés à votre « sujet ».

L’avantage de prendre un sanglier comme modèle c’est qu’il s’accomode de traits raides voire d’une sommaire esquisse. Car en outdoor il faudra souvent se résoudre à ne rentrer qu’avec des esquisses, quitte à compléter ensuite de mémoire un sujet longuement observé auparavant… Avant de se lancer dans les croquis d’animaux il faudra avoir réussi dans des croquis de perspective, à restituer avec justesse les droites et les angles SANS avoir recours aux béquilles que sont la pige ou le mesureur d’angle.

Ne partez pas croquer tôt le matin ou tard le soir si l’animal vit en forêt car la luminosité ne vous permettra pas de voir les détails.

Ne recherchez pas le dessin-parfait mais le croquis-juste.
Celui qui fait plaisir parce que chaque animal d’une même espèce a une morphologie particulière qui le caractérise et qu’il faudrait qu’il se reconnaisse… comme un être humain doit être ressemblant si l’Artiste fait un portrait.

Grimper dans un arbre peut parfois s’avérer utile… non pas pour fuir un animal qui charge, car dans ce cas il vaut mieux le laisser arriver et esquiver au dernier moment… mais pour avoir une perspective plus intéressante. Dans ce cas il faudra dessiner ce que l’on voit car si comme ici l’animal est dans la boue on ne pourra pas se baser sur l’articulation du squelette pour construire son dessin. Par contre, les plis de peau indiquent les différentes parties de l’animal…

La totale liberté de l’Artiste devant sa feuille blanche, la Communion avec l’animal qu’il est en train de dessiner, et le contact voire la fusion d’avec Dame-Nature sont des facteurs déterminants pour donner envie de se passer pour un temps des techniques modernes, des artifices, & autres trucs… et procurent une Joie incomparable, car rien n’interfère entre le sujet et le crayon.

Un crayon assez gros et tendre évite de rentrer dans les détails et permet d’insister sur les zones sombres. J’aime prendre avec moi un Progresso 6 ou 8 B et du papier spécial-croquis, petit format pour éviter l’encombrement…

En période d’ouverture de la chasse, informez-vous (journaux, internet) des secteurs à éviter, sous peine de prendre une balle perdue… Les chasseurs apposent généralement des panneaux aux voies d’accès principales…  L’oubli étant humain… l’Artiste devra en toutes circonstances ouvrir ses yeux et ses oreilles… et se faire oublier… Il m’est arrivé, en suivant un sentier de grande randonnée du Club Vosgien… de me retrouver à un mètre d’un sanglier déjà blessé, qui galopait ventre à terre pour sauver sa vie. Si cela devait vous arriver, pas de panique, ce n’est pas « vous » qu’il charge, il veut juste mettre de la distance entre lui et les chiens. Attendez sans bougez et faites un saut de côté au dernier moment. Le sanglier, solitaire ou pas, a la particularité de foncer droit devant lui dans de tels moments… et à ma grande surprise je l’ai vu foncer au grand galop à travers un gros buisson épineux… alors que les chiens eux furent obligés soit de sauter par dessus, soit de contourner. Bon, en principe, un bon chasseur ne loupe pas ainsi son coup mais un homme averti en vaut deux… donc il vaut mieux dessiner en dehors des périodes « sensibles ». La période du rut (fin septembre si le temps est clément sinon décembre) est également à éviter.

Ceci dit, un sanglier sait aussi sauter… il est bien plus agile qu’on ne penserait à première vue…

Méfiez-vous aussi des périodes où les marcassins commencent à sortir du chaudron donc fin avril ou début mai. Lorsque je faisais encore de grandes randonnées d’une quarantaine de kilomètres en montagnes, il m’est arrivé, du côté de Ribeauvillé d’avoir en face de moi une laie accompagnée d’une trentaine de marcassins d’âge différent. Le sanglier a un comportement social très poussé et organise des « haltes-garderies » pour les petits. La harde, cellule de base, est généralement dirigée par une laie-meneuse et il vaut mieux l’éviter. Donc ce jour là, mon Rottweiler, chien-de-berger initialement affecté au transport du bétail avant d’être spécialisé dans la garde/défense… ben mon Rottweiler a tenté une approche de ces marcassins mignons et sans défense… Mais bien sûr, une laie ignore tout de l’art de regrouper… les moutons et a chargé mon Rottweiler qui bien sûr comme c’est moi le chef, est arrivé vers moi au grand galop, la langue pendante et la mine déconfite… Du coup je vois arriver un chien et, touchant déjà son arrière-train avec le boutoir… une laie déterminée à défendre ses protégés… J’ai fait au dernier moment un pas de côté pour esquiver à la fois le chien et le sanglier, et tout ce petit monde s’est calmé en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, la laie est retournée rassembler tous les petits et rejoindre sa harde, et mon chien est revenu au pied… Il avait compris que sans mon accord il n’a pas à être curieux et n’a plus jamais recommencé. Je précise qu’étant dressé il obéissait au doigt à l’oeil et m’accompagnait également lors de mes sorties équestres.

Il n’y a ici que des esquisses et croquis rapides, un dessin abouti se faisant généralement en Atelier sur base à la fois d’une série de croquis et éventuellement d’une photo perso.

Plus qu’une photo, une esquisse ou un croquis vous permettra par la suite de faire rejaillir en bloc toute une série de souvenirs liés à l’instant durant lequel vous avez travaillé sur le motif… alors… bonne-chasse-au-crayon…

voir aussi :

> dessiner du vivant

> steps short works (juste quelques exemples)

CHRISTIANE ALLENBACH RETOUR ACCUEIL facebook sous = ALLENBACH CHRISTIANE WATERCOLOR

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