Randocrocking -6- les couleurs

 

Lorsqu’on pratique le « sketch-on-site » on ne veut pas toujours s’encombrer… d’où l’intérêt de savoir peindre en partant des trois primaires. Généralement, au collège ou au lycée, nous apprenons tous ce qu’est le cercle chromatique, une complémentaire, une primaire, secondaire, tertiaire… et le net rengorge d’informations à ce sujet, je n’y reviendrai donc pas.

On peut faire sans le moindre problème un tableau entier à partir des seules primaires, je le fais régulièrement et les teintes sont alors très harmonieuses. Rien ne « jure »… tout s’équilibre… Voici quelques exemples faits à partir des primaires (cliquer dessus pour agrandir)

Pour apprendre ou réapprendre les couleurs, il est intéressant de partir du jaune, bleu, et rouge pour arriver, selon les dosages, à différents gris, froids ou chauds mais qui comporteront toujours sur le papier de jolis reflets que n’aura JAMAIS un gris sortant directement du tube.

On a déjà ici un aperçu des interactions entre les différentes couleurs, et il existe une abondante littérature sur le sujet.

On peut partir uniquement du jaune citron, du rouge carmin (tous deux semi-opaques) et du bleu céruléan. Pour ma part je peins essentiellement avec W&N et Schmincke.

Il est utile de n’avoir que ces trois couleurs jusqu’à ce qu’on comprenne bien leurs pré-mélanges et mélanges… ensuite on peut élargir sa palette de manière à avoir par exemple trois rouges, trois jaunes, trois bleus, collection que chacun(e) pourra utilement compléter selon ses motifs préférés, avec quelques « terres ».

Pour ma part je n’ai jamais voulu me compliquer la vie en faisant des nuanciers ou en travaillant en fonction des catégories de peinture. Dans mes semi-godets il y a les PRIMAIRES et quelques couleurs que l’on m’a offertes et que je termine mais une chose est à mes yeux très importante, d’où mon choix de travailler avec des semi-godets, c’est d’avoir pour chaque couleur basique DEUX semi-godets : un que l’on gardera PROPRE et un qui servira à puiser la couleur avec un pinceau déjà chargé d’une autre couleur.

En outdoor je peux presque tout faire avec un équipement minimum que voici et auquel, vu la région que j’habite, j’ajoute du rose-poterie car j’aime plus que tout reproduire notre beau grès-rose des Vosges.

Mon médium à l’atelier est rangé dans des bacs à glaçons facilement empilables qu’on peut même superposer pour le transport en cas de peinture en plein air. Son contenu varie en fonction des sujets du moment et parfois des cadeaux que l’on me fait… Je ne trie pas les couleurs par opacité car je la ressens en prélevant au pinceau… Les transparentes, semi-opaques et opaques feront l’objet d’un article ultérieur…

Mélanger soi-même ses couleurs est économique…

Prenons le cas d’un PAYSAGE … que l’on travaille en technique humide ou plus classique, on commence généralement par le ciel. Donc, sauf mauvais temps… on partira sur du BLEU.

Faudrait-il ensuite jeter ce qui reste de ce bleu pour partir d’un vert acheté destiné à faire son feuillage ? et courir le risque de travailler de façon trop uniforme sans variétés dans le feuillage et sans contrastes ?  Noooonnnn… la bonne logique et mon minimalisme… font que l’on va partir de ce bleu pour fabriquer son vert.

On peut obtenir tous les types de vert en partant des primaires… mais on gagnera parfois du temps en utilisant de l’orange au lieu du jaune citron ou en prenant un bleu plus ou moins foncé pour ses mélanges… pareil pour le rouge…

Mon article se veut avant tout une motivation pour les expérimentations personnelles car lorsque la théorie passe dans les réflexes, on peut plus facilement laisser l’émotion envahir sa création…

De surcroît, lorsqu’on comprend comment faire les mélanges, on évite de tritouiller trop de couleurs à la fois ce qui ternit le travail. Deux ou trois sont un maximum pour un même mélange.

Dans le même ordre d’idées, les VIOLETS du commerce, sauf à les acheter tous, ne sont guère utiles pour traduire la variété infinie de nuances que l’on retrouve sur une fleur ou sur certains tissus… faire soi-même ses mélanges permet de restituer fidèlement ce que l’on souhaite.

Au départ, il est bon de regarder ce que peuvent donner les mélanges avec deux couleurs : jaune et rouge, jaune et bleu, bleu et rouge. Ensuite un mélange égal des trois primaires…

W&N explique pas mal de choses sur son site

Je travaille parfois avec le nuancier-virtuel de W&N et je vais vous expliquer pourquoi.  Ayant pris l’habitude de mélanger moi-même mes couleurs, il m’est impossible d’apprendre directement les techniques proposées par les divers peintres sans passer par une « transposition ». A titre d’exemple, lorsque l’on me dit qu’il faut du vert oxyde de chrome ou du vert de vessie, moi je le visualise sur mon écran et ensuite je me le fabrique dans mon assiette. Autant j’aime, par exemple pour certains sujets, utiliser des couleurs brutes, non mélangées, autant je suis heureuse de pouvoir arriver par le raisonnement aux teintes que je souhaite restituer.

Un autre problème c’est qu’il faut, tout comme pour les croquis, entraîner ses yeux à mieux voir les couleurs. On trouve sur le net des sites permettant de tester sa vision des couleurs, ce qui est extrêmement utile pour le travail en plein air. En Atelier, l’option pipette de certains logiciels permet d’isoler une couleur, le temps de faire son mélange sur la palette ou l’assiette… C’est pas mal à titre d’exercice mais la finalité c’est et ce sera toujours d’être opérationnel(le) sur le terrain.

Nous sommes tous en perpétuelle évolution et nous n’avons jamais fini d’apprendre mais si l’on maîtrise le mélange des couleurs on gagne énormément de temps sur le terrain, en même temps que l’on ménage son escarcelle…  Lorsqu’on raisonne ses couleurs on est capable de refaire très vite exactement le mélange qu’il faut donc de ne jamais avoir de surplus. Même pour un portrait, on peut refaire un mélange « peau » avec un peu d’entraînement, et il collera avec la couleur déjà en place.

ALLENBACH CHRISTIANE FLORAISON 2017

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