Courir les bois… observation d’animaux forestiers

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article révisé le 09 janvier 2017

 


Courir-les-bois… est une expression littéraire ancienne que l’on retrouve encore dans les livres datant des années 1700 (j’ai eu le plaisir de lire un original de ces années-là et même d’en ouvrir moi-même les pages, encore soudées… grand honneur) mais on en retrouve trace aussi dans les BONS livres plus récents… Pourquoi j’en parle ? parce que les jeunes gens d’aujourd’hui ne connaissent plus l’expression et peuvent l’associer par erreur au simple fait d’effectuer du sport dans les bois ce qui serait faux.

J’ai gommé de mon site la plupart des images « nature » car je les verse bénévolement dans des forums ou sites où on les trouve mieux qu’ici…

CHRISTIANE ALLENBACH | COTE FORET AVEC TRACES GIBIERJ’avais quatre ans lorsque mon paternel m’a initiée aux mystères de la forêt… et je retiendrai toute ma vie sa première leçon : lorsqu’on commence à être fatigué(e) il ne faut PAS s’arrêter… sinon on ne pourra pas continuer. Le lecteur comprendra bien sûr qu’on ne parle ici pas d’une petite sortie dominicale destinée à s’oxygéner les poumons… mais d’une sortie plus sérieuse… mon papa étant marcheur (tour d’Alsace)… j’ai été à bonne école pour ça… même si maintenant pour raisons de santé je ne pars PLUS  sept jours d’affilée à raison de 60 Km chaque jour…

CHRISTIANE ALLENBACH | VIEILLES CHAUSSURES RANDONNEELe contact avec Dame-Nature et ses habitants fut pour moi une vraie révélation… et comme nous vivions en bordure de ville à cinq cent mètres de la forêt, la « pratique » nous fut grandement facilitée. Par contre, papa ne connaissant par cœur que la forêt de son village d’origine… nous restions la plupart du temps sur les sentiers balisés ou en tout cas jamais bien loin…

Rester sur un sentier balisé est important pour ceux qui ne savent ni s’orienter ni lire une carte… tout comme pour tous ceux qui ont un souci de santé car contrairement aux forêts allemandes, en France il n’y a pas tous les cinq cent mètres un panneau indiquant le n° à communiquer aux secours et par expérience je sais que dans notre pourtant beau pays, les secours mettent toujours dix fois trop de temps à arriver sur les lieux parce qu’eux les connaissent plutôt mal… Certaines structures importantes officielles qui pourtant devraient connaître sur le bout des doigts leur secteur d’activité… sont concrètement dans l’impossibilité de situer avec précision un endroit qui se situe hors du centre ville et n’ont aucun plan à échelle-exploitable des zones avoisinantes (j’ai pu le vérifier sur place mais je dis ici pas où, quand et dans quel contexte)… alors que d’autres (là aussi j’ai eu le privilège de vérifier et ce fut un régal) peuvent avoir contre abonnement annuel, sur le net = le plan des parcelles sur tout le secteur. Pour ma part, circulant autrefois à cheval je m’étais à l’époque procuré des plans des parcelles des secteurs lorrains et alsaciens qui m’intéressaient…

CHRISTIANE ALLENBACH | CHEVAL NIPour le grand public donc… aller en forêt implique le RESPECT de certaines règles… que voici :

  • mettre ses propres déchets dans un sac et les poser dans une poubelle publique dès que l’on en rencontre une… il est tout à fait INADMISSIBLE de polluer la Nature…
  • si vous circulez sur un terrain privé… demandez l’autorisation Être pris(e) en défaut n’est jamais agréable. Souvent si vous expliquer votre « pourquoi » on vous donne le feu vert.
Ainsi hier, prise dans un orage, j'ai voulu rentrer en ligne directe (à vol d'oiseau) au lieu de suivre les routes... ce qui m'a fait gagner trois kilomètres mais aussi enjamber quelques clôtures... de retour en bordure de ville bien sûr... j'ai dû expliquer à un propriétaire pourquoi je souhaitais traverser chez lui... ce qui bien sûr n'a finalement pas posé de problème... Attention aussi aux périodes de chasse où il faut éviter les secteurs concernés (consulter la presse locale).
  1. Un autre intérêt de bien connaître ses parcelles c’est que si la parcelle que l’on souhaite traverser n’est PAS habitée… on peut obtenir au service technique de la mairie les coordonnées du propriétaire. Attention, la loi alsacienne n’autorise la traversée des parcelles non clôturées qu’entre le 15/10 et le 15/04, en dehors de ces dates on est en infraction sans autorisation.
  2. apprenez à LIRE une carte topographique et ayez-en une à bonne échelle et de préférence récente car les sentiers et leur balisage changent d’année en année… Que votre carte soit VIVANTE et non un truc « mort » que vous ne faites que consulter. Pour ma part, ne pouvant les actualiser régulièrement, j’y transcris au marqueur les informations trouvées sur le terrain. Pourquoi ? parce que parfois… on a des surprises. Exemple : un jour j’ai suivi direction Petite-Pierre un sentier du Club Vosgien et à ma grande surprise… un paysan avait clôturé dessus donc… il a fallu non seulement enjamber la clôture (si le sentier est officiel on peut) mais… faire passer le VTT… tout cela sous le regard étonnée des bovins… Si les gros animaux vous font peur ou si vous n’avez pas l’habitude de les « manipuler »… il vaut bien mieux faire un détour en pareil cas. L’autre intérêt de savoir exploiter sa carte topographique… c’est que par exemple en cas de canicule (comme cet été avec pointes entre +45° et +50°)… on peut choisir son parcours dans les zones les plus fraîches… Pour moi, par contre, le calcul du kilométrage parcouru est très secondaire : je sais ce que je peux couvrir selon le terrain et je veille à ne pas aller au-delà si je ne veux pas passer une nuit dehors… (mes nuits à la belle étoile seront relatées séparément, j’ai peu de temps, merci de patienter).
  3. Organiser ses sorties méthodiquement en ayant une intendance efficiente et en sachant à l’avance où trouver de l’eau potable en cours de route (pour ma part je voyage toujours « léger ») mais aussi où se mettre à l’abri en cas de surprise-météo.
  4. La plus importante règle… c’est de se comporter en « invité » et pas en conquérant. En clair, la forêt appartient aux animaux qui y vivent et l’humain doit se faire oublier.
  5. Pour ceux qui souhaitent observer les animaux… commencez par aller dans un parc animalier pour connaître quelques habitudes puis allez sur le terrain. Si vous disposez d’un véhicule, faites l’affût dans celui-ci mais de grâce, pensez à le signaliser visuellement avec votre triangle car on n’est jamais seul(e) sur les chemins… et un accident est vite arrivé surtout si vous restez feux éteints…
  6. Je ne conseille pas la « traque » aux personnes insuffisamment familiarisées avec le lieu & la réglementation locale en vigueur. Les photographes connaissent certaines techniques d’approche (pour leurs gros plans)… vous les trouverez ailleurs et ce n’est pas mon but de les recenser ici… je ne donne qu’un conseil : apprenez à vous déplacer sans ameuter tout être vivant à sept kilomètres à la ronde… et restez souvent IMMOBILE. L’immobilité permet non seulement de saisir la Beauté du lieu, mais aussi de ne pas déranger les animaux.
  7. La plupart des animaux ayant un nez très sensible… oubliez les déodorants « forts » et les parfums. Les bêtes vivant à proximité d’un village seront habituées à certaines odeurs humaines (clope par ex) mais si vous vous enfoncez dans une belle forêt comme celle de Ribeauvillé par exemple (pure merveille)… il faut absolument vous faire oublier. Pour ma part je passe toujours une couche de graisse sur ma peau. Cela offre le double avantage d’avoir une odeur plus neutre et d’être dissuasif pour les tiques. Oubliez les huiles de beauté à l’odeur trop forte et prenez de la graisse-à-traire. Autre chose pour les tiques… si vous portez votre conscience sur votre peau en forêt vous vous rendrez compte de la mointre tique qui va s’y poser et vous pourrez l’enlever avant qu’elle ne vous perce la peau en y mettant sa tête… mais inspectez vous de la tête aux pieds à chaque rentrée et lavez les vêtements. Si vous avez loupé une tique et constatez une rougeur circulaire autour… filez au médecin car vous devrez avoir des antibiotiques immédiatement. Attention d’autres insectes peuvent transmettre la borréliose : araignées et TAONS (j’ai testé) par exemple. Si un corps en bonne santé peut évacuer sans problème une arrivée bactérienne, ce n’est plus le cas si vous êtes chroniquement fatigué(e) ou avec une déficience immunitaire et dans ce cas les antibiotiques sont incontournables.
  8. Les affûts en hauteur nécessitent l’AUTORISATION d’utiliser les structures en place. L’avantage d’être en hauteur c’est que l’animal ne sent pas l’odeur humaine comme pour l’observateur au sol. Si vous n’avez pas le temps ou l’envie de courir après une autorisation… vous pouvez vous mettre en hauteur… sur un arbre (il y en a de très confortables) ou exploiter la situation topographique. A titre d’exemple, certains miradors ont leur entrée à ras du sol parce qu’ils « donnent » sur une vallée… je connais pratiquement tous leurs emplacements (des vieux déglingués comme des tout-neufs) et je dois bien avoir une centaine de photos…

  CHRISTIANE ALLENBACH PARCELLES 19 ET 20 a

  • Une autre méthode si l’on veut observer, faire des photos ou comme moi dessiner… (ça fait moins de bruit et dérange bien moins)… c’est de connaître par repérages toutes les coulées importantes, et de suivre ensuite les voies qui nous intéressent.
    L’amateur restera sur des layons pour ne pas se perdre surtout si le temps est couvert et le soleil invisible… le pro pourra aller plus loin en évitant toujours l’effroi chez l’animal. Trouver une « bauge » encore occupée est une joie sans pareil mais nécessite la complète maîtrise des techniques d’approche, de dissimulation et … de la réactivité pour gérer les éventuels imprévus.
  • Avoir une bonne ouïe est important sur le terrain. Pour ma part depuis un double-traumatisme dont ceux qui me connaissent savent l’origine… j’ai gardé des séquelles et l’une d’entr’elles c’est la difficulté de localisation exacte d’un bruit. Mais je l’entends. Seule une connaissance parfaite du secteur permet de compenser ce type de souci et quand je ne suis pas cantonnée j’adopte un autre mode de fonctionnement. Mais contrairement au gibier moi je vais au gagnage de jour… car les plantes sauvages font partie intégrante de mon alimentation. Exemple : balsamines.
  • En observation… il ne faut pas « chercher » à voir l’animal entier, par respect et pour ne pas déranger. Se contenter parfois d’une oreille qui dépasse la végétation… d’un bout de « bois » de cervidé… car ce que l’on rechercherait en vain un jour peut très bien se présenter spontanément… un autre jour.

 CHRISTIANE ALLENBACH MON RENARD QUI DORT

Personnellement mais seulement lorsque je suis seule (à titre d’exemple : les enfants ou certains amis jacassent comme des pies)… je pratique une technique d’approche qui m’est propre. Je ne la « donne » à personne parce qu’il s’agit d’astuces qui ne sont pas à la portée technique de tout un chacun.

Par contre dans ces moments là… je ne touche ni à mon appareil-photo, ni à mes crayons… je me contente d’ETRE ce que Je Suis

CHRISTIANE ALLENBACH | SANGLIER DANS LA BOUE DE DOSLe grand public ne devra pas oublier qu’un animal sauvage… ben c’est sauvage et que par précaution… il vaut mieux garder une distance de sécurité. Dans le même ordre d’idées, sortez de la forêt à la tombée de la nuit si vous êtes simple promeneur et si vous loupez votre timing, signalez votre présence par port d’un vêtement fluo-réfléchissant et si vous n’en avez pas, allumez la fonction « torche » de votre portable, faute de quoi un chasseur inexpérimenté pourra vous confondre avec du gibier (les jumelles « nocturnes » étant hors de prix beaucoup s’en passent). Concernant les portables, en forêt il est évident qu’il faut les mettre en postion « vibreur »… car sinon autant utiliser un clairon…

Mais j’ai eu la joie d’approcher des animaux habituellement inapprochables, et si j’en parle c’est juste pour vous faire part de ce grand bonheur :

  • chevreuils à trois centimètres seulement de mon pantalon…
  • sangliers à deux mètres
  • vieux renard (sain) à un mètre cinquante
  • harde de cerfs à dix mètres de nuit et dans le brouillard
  • trois jeunes écureuils à trente centimètres
  • des oiseaux sauvages à un mètre…
  • faucon à un mètre
  • aigle à dix mètres

 CHRISTIANE ALLENBACH | TETE AIGLE

Que de moments inoubliables… qui dans les périodes où je ne peux pas sortir (j’ai de nombreuses autres obligations) m’aident à tenir… jusqu’à la prochaine fois. Revenir sans dessin ni peinture ne veut pour moi pas dire rentrer bredouille car c’est toujours un plaisir sur un autre plan…

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info technique : si vous tombez sur un cadavre de chevreuil qui gène la circulation, ou doit être enlevé pour raisons sanitaires (l’été) mettez-le de côté et prévenez votre commune ou l’ONCFS. Emmenez leurs coordonnées AVANT de partir. Les cadavres de sangliers sont à signaler à l’ONCFS ou le week-end au 17 car pour contrôle sanitaire ils doivent aller aux services vétérinaires. Plus à ce sujet dans un article de facebook. On gagne toujours à emmener avec soi 1 ou 2 grands sacs nylon et une bande de signalisation bicolore. Pensez à faire les bons repérages pour décrire avec précision l’endroit concerné (n° de parcelle, borne routière, sentier balisé, ou coordonnées Gps si vous avez un portable digne de ce nom).

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