BLANC en aquarelle autrefois et maintenant

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CHRISTIANE ALLENBACH | GOUACHE BLANCHE

Parlant récemment du degré de pureté de l’aquarelle avec une amie & collègue… j’ai décidé de me replonger dans les siècles passés pour y découvrir comment les Anciens voyaient les choses… Pour les internautes ne connaissant pas à fond l’aquarelle, je re-précise que si on est puriste, on se contente du blanc du papier sans adjonction d’aucun blanc artificiel… Pour les puristes, 1 % est toléré (pour la signature, par exemple, éventuellement un éclat de blanc dans un oeil) mais pas plus.

Par contre je n’ai pas voulu suivre les découvertes des autres artistes à ce propos mais plutôt écouter mon instinct et suivre pour accéder à la connaissance recherchée, les synchronicités, inspirations et hasards… J’ai bien fait je pense car j’ai tout de suite trouvé une analogie entre d’anciens et bons aquarellistes français comme A. Cassagne et la méthode de préparation du papier que j’avais apprise via Baxrainer : ENCOLLAGE. A côté de cela il y a le système de la « colle à bouche » devenue caduque depuis l’apparition du papier gommé.

CHRISTIANE ALLENBACH | PAPIER KRAFT GOMME POUR ARTISTELes anciens papiers n’existant plus, inutile de reprendre ici tout ce que j’aurai ainsi appris… si ce n’est pour dire qu’il existait un papier qui faisait disparaître le coup de crayon et j’avoue que cela en arrangerait plus d’un de nos jours…

CHRISTIANE ALLENBACH | BLANC ET OCRE JAUNEL’aquarelliste Harding, qui encollait comme j’ai appris à le faire… allait plus loin dans la préparation de son papier : une fois celui-ci bien sec (généralement en une nuit pour le 300 g), il diluait du blanc de Chine avec un tout petit peu d’ocre jaune et passait ce mélange aussi uniformément que possible sur toute la feuille. J’ai testé avec la gouache ou le blanc de Chine, à part une légère différence au niveau de la finesse le résultat est similaire.

CHRISTIANE ALLENBACH | GROS PLAN PINCEAU LARGECela constituait donc une espèce de sous-couche gouachée, dont on peut rectifier l’uniformité en repassant un pinceau humide dessus. Le pinceau que j’ai utilisé pour uniformiser est le PINCEAU LARGE. L’intérêt de l’ocre jaune c’est à mes yeux qu’on puisse VOIR où le papier est convenablement « traité » et où il reste des zones blanches encore à couvrir… mais l’idéal est d’appliquer en alternant les coups de pinceaux horizontaux & verticaux. A l’heure où tout le monde (notamment ceux peignant des fleurs) recherchent un papier extra-blanc… il faut avouer que ce n’est pas très tentant de le jaunir même légèrement…

L’internaute notera aussi qu’à l’époque les papiers s’achetaient non encollés et que chaque artiste encollait avec sa propre méthode… ceci pour remettre les choses dans leur juste contexte. Cet encollage se faisait sur papier tendu avec un mélange d’eau et de pâte et n’a rien à voir avec la fixation à la colle-pour-papier-peint  du papier sur un support rigide fait dans le but de le TENDRE.

Une fois le papier ainsi préparé (ils ne s’y prêtent pas tous, on peut prendre du Arches, du Fabriano, et généralement tous les papiers qualifiés de « buvards »)… il y a deux manières de continuer le travail :

  1. peindre normalement… la sous-couche permettant sur certains papiers (pas tous) d’avoir de meilleurs retraits,
  2. peindre l’arrière-plan en mélangeant un peu de gouache à l’aquarelle (mais les puristes ne le feront PAS). Cela donne de la finesse aux lointains… On fait ensuite les premiers plans à l’aquarelle pure. Dans ce cadre là, on mélange allègrement gouache et la couleur aquarelle souhaitées mais on perdra la transparence apportée par une succession de glacis 100 % aquarelle…

Une alternative est de faire des glacis à l’aquarelle sur du blanc de Chine pur posé sur le papier… mais bof !

Voici deux papiers Arches de petit formats préparés selon cette méthode. Pour avoir une idée sur le dosage j’ai appliqué dans le haut de la feuille un mélange plus dense et j’ai diminué au fur et à mesure que je descendais… ceci notamment pour tester les RETRAITS.

 CHRISTIANE ALLENBACH | PAPIER ARCHES AVEC SOUS COUCHE

Ci-dessous, pose de quelques couleurs (transparentes, et opaques) puis retraits normaux et à l’éponge magique.

CHRISTIANE ALLENBACH | POSE MEDIUM SUR SURFACE PREPAREECHRISTIANE ALLENBACH | RETRAITS MEDIUM SUR SURFACE PREPAREEpuis essai sous forme de paysage sommaire… pour constater que les transparentes perdent leur éclat… j’insère en dessous des travaux faits à l’aquarelle-PURE… qui eux ont gardé leur éclat :

CHRISTIANE ALLENBACH | PAYSAGE SUR FOND PREPARECHRISTIANE ALLENBACH | PROPRIETE WIT

Ce que j’ai aussi observé c’est que les FUSIONS ne se font pas correctement, que le travail au double pinceau sur fond préparé est quasiment caduque et que les effets salés n’ont de loin pas la même beauté… les quelques avantages que l’on peut retirer de cette technique m’incitent à conseiller de l’éviter ou tout au moins de ne l’utiliser qu’à un tout petit endroit, pas sur l’ensemble du travail. Les papiers actuellement sur le marchés sont optimisés pour se passer de la préparation du fond et pour ma part j’arrive à faire de bons retraits sur n’importe quel papier.

GOUPIL contemporain de CASSAGNE, préférait quant à lui les éclats de blancs faits par réserve mais faisait aussi  des rehauts au blanc, plus particulièrement de blanc d’argent (parce qu’il noircit moins que le traditionnel blanc de zinc dit de Chine).

De nos jours, nombreux sont ceux qui ne pouvant faire en amont les réflexions permettant de réserver le blanc du  papier, corrigent en aval avec du blanc. L’une des utilisations les plus courantes est la finalisation de l’écume d’une marine… Autre observation : outre-Atlantique et en Orient, on est moins « regardant » sur la chose que par exemple en Europe…

Pour ma part je fais partie des PURISTES qui ne suivent pas toutes les modes et peignent sans adjonction de quoique ce soit d’autre que de l’aquarelle. Les essais « mixtes » que j’ai faits ne m’ont pas donné satisfaction au niveau « qualité ». Je déplore que même à haut niveau, il y ai du relâchement et que des techniques dites mixtes se glissent petit à petit parmi les aquarelles. On demande sans cesse aux artistes d’innover et de faire des choses qui « en jettent » au détriment de la technique.

Pour obtenir un lavis à la fois clair et transparent en aquarelle, il faut choisir un médium fortement pigmenté avec une bonne résistance à la lumière. Pour ma part j’adoucis certains roses avec un jaune aussi transparent que possible… sans recourir au blanc.

J’ai un jour étudié un texte très éloquent écrit si mes souvenirs sont bons en portugais… si je devais le retrouver je complèterai cet article en le citant. L’auteur, un spécialiste, y parlait entr’autres de l’immense baisse en qualité et en éthique,  de l’art en général et de l’aquarelle en particulier. Le fait qu’une sommité s’exprime ainsi en accord avec ce que je ressens m’avait frappée.

Cet article sera régulièrement mis à jour, n’hésitez pas à revenir voir dans quelques mois…

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