Hyper réalisme, réalisme, figuratif, abstrait, brut et C°

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Je vais me lancer sur un terrain glissant…
Pourquoi glissant ?
D’une part parce que j’ai encore tant à apprendre, d’autre part parce que ce débat soulève souvent de très violentes réactions, que ce soit dans le monde-de-tous-les jours ou bien dans le monde artistique…

Mais bon… mieux vaut essayer de décortiquer… que de s’enfoncer dans les zones marécageuses de nos conflits-intérieurs. Mon « essai » est tiré des échanges que j’ai eus avec un grand nombre de personnes, et de ce que j’ai pu capter ici ou là comme réactions, au fil des années. Cet article sera mis à jour au fur et à mesure de mes nouvelles constations & expériences ou maturité artistique car bien sûr pas question de mettre la charrue avant les boeufs.

Tout d’abord quelques définitions :

  • hyper-réalisme se définit comme se rapprochant d’une photo mais contrairement à ce que l’on pense ce n’est pas forcément lié au talent mais plus à la « patience »
  • figuratif utilise des modèles (objets ou êtres vivants) mais permet des écarts par rapport au rendu méticuleux de l’hyper-réalisme (écarts dans la composition, la simplification, la technique picturale…)
  • l’abstrait ne se base sur rien de concret. J’aime bien le semi-abstrait car consciemment ou pas, on part quand même toujours du connu et de la forme pour aller vers l’inconnu ou la non-forme-particulière…

Baudelaire est parfois cité par les opposants de l’hyper-réalisme, car il aurait affirmé que l’Art ne saurait être stricte reproduction ou quelque-chose de ce style… mais bon, était-il déjà à ce moment-là sous influence médicamenteuse ? (juste pour dire qu’il faudrait pouvoir remettre ses dires dans le bon contexte au lieu de les utiliser n’importe comment).

Tout d’abord il faut voir les choses dans l’époque où nous vivons. Car l’Art hyper-réaliste, autrefois, constituait une grande richesse documentaire et à ce titre il est infiniment Précieux.
De nos jours où l’on peut faire des photos avec un téléphone portable (mobile) les considérations sont très différentes.

Je ne souhaite pas ici re-définir le mot « Art » dans lequel finalement chacun(e) « met » un peu autre-chose. Tonton-Wikipédia rappelle cependant à juste titre que l’Art et plus particulièrement les beaux-arts (à savoir l’architecture, la peinture, la sculpture et la gravure) s’adressent aux « sens » aux « émotions » et à « l’intellect« .

Bon… essayons d’y voir clair : l’ART, technique humaine, doit donc nous parler sur plusieurs plans.

Je connais quelques bons Artistes hyper-réalistes, comme de très bons « figuratifs »… mais à mon humble niveau, comme à celui d’un grand nombre d’Artistes, la question ne se pose pas forcément quant au choix de la technique mais des capacités-techniques-du-moment-de-chacun(e). Il y a parfois un fossé entre ce que l’on peut faire et ce que l’on voudrait arriver à faire.

Dans l’hypothèse (on a le droit de rêver…)
où l’on aurait la possibilité technique et la patience de faire de l’hyper-réalisme, choisirait-on alors de ne faire que cela ou ferait-on quand même parfois le choix d’interpréter ???

Je dis dans l’hypothèse car il faudrait mathématiquement savoir reproduire tant les millions de nuances-colorées de la nature que les formes exactes et… ce n’est pas évident du tout… sans béquilles techniques (par ex. table lumineuse, projecteur etc).

Oui, cela m’intéresserait vraiment de savoir quel choit ferait chacun s’il pouvait vraiment…

Pour moi, du bon figuratif, en ces temps modernes où pour l’extrême précision il y a tout un attirail d’outils-scientifiques… est suffisant. Mais cela n’engage que moi…
Maintenant si je pouvais… c’est clair que mon style serait une sorte d’interface entre l’hyper-réalisme et le figuratif.
Pourquoi ?
parce que j’ai parfois besoin d’un brin de fantaisie… besoin de suggérer, besoin de rêver ou de faire rêver… le tout bien sûr en partant de lignes aussi justes que possible.

Les lignes justes s’adressent à l’intellect, on les raisonne et notre subconscient remarque les erreurs, la « patte » du peintre (technique choisie + style personnel) s’adresse aux sens et aux émotions du spectateur. Pour ma part j’introduis parfois dans certaines Créations une dimension supplémentaire que je ne développe pas ici.

Et nous voilà plongés dans un nouveau paramètre : le caractère de l’Artiste. Je n’avais point prévu ce « détour » en commençant à écrire mais il est un fait « certain, sûr et sans mensonge » (expression Ancienne que j’adore) que les dispositions intérieures de l’Artiste jouent autant dans ses choix que dans sa technique… Entendre un Artiste faire grincer son papier sous les énergiques coups de Calame est impressionnant, mais parfois il faut une sensibilité très fine au spectateur pour détecter l’état d’esprit dans laquelle l’Oeuvre fut réalisée…

Je proteste par contre trèèèès énergiquement lorsque j’entends certains affirmer que l’hyper-réalisme est à éviter dans la mesure où le Réel est sans beauté : celui qui ne sait pas voir la Beauté de chaque chose, visible ou invisible, n’a pas à avoir un pinceau en main. Sans voir ou ressentir la Beauté, la Vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue…

L’Art est inévitablement lié à des choix au niveau dessin (éviter les lignes disgracieuses ou compliquées même si le sujet les présente dans la réalité), au niveau mise en peinture (couleurs réelles ou très différentes) etc… et je fais partie de ceux qui pensent que tout se joue déjà au niveau du dessin. Vive ceux dont la main obéit parfaitement au cerveau… je les admire sans réserve.

Pour moi il n’y a aucune contradiction entre les différentes techniques et je me sens prête à les mélanger harmonieusement. Le tout pour l’Artiste est de se demander ce qu’il cherche à exprimer…. ce que son tableau doit dire… ou éventuellement sur quel plan il doit « parler » à celui qui le regarde.

Ce que l’Art n’est pas (et alors sûrement PAS !!!! honte à ceux qui y ont pensé) c’est une manière de parfaire la Création.

Par contre, l’Artiste fera bien de sublimer un peu son sujet, ce qui veut dire simplifier (purifier), transposer, idéaliser… Souvent une Création artistique est plus saisissante qu’une photo… parce que quelque-part une alchimie s’est faite… mais ce n’est en aucun cas parfaire la Création qui est par Essence parfaite même si nous ne le comprendons pas sur notre plan humain.

Le travail de transformation que fait l’Artiste provoque et doit provoquer une émotion ou tout au moins une réaction.

Au niveau du public, j’ai mené une enquête et les avis divergent. Certains m’ont dit tout de go que s’ils veulent un tableau qui ressemble à une photo ils font la photo eux-mêmes, d’autres admirent les peintures à ressemblance photographique.

Dans le monde de l’Art, le fait est que les oeuvres à tendance hyper-réaliste voire académique (je dis bien à tendance, certains tableaux sont très différents d’une photo)… jouissent de plus de considération, et c’est souvent ce type de technique qui démontre le savoir-faire de son auteur.

Il y a des modes d’expression plus épurés (attention, épuré ne veut pas dire tableau-non-travaillé !!!) qui gagneraient à être mises en avant. Mais des genres tels que l’abstraction-lyrique… ne sont pas forcément compris comme étant techniques… (en clair, cela n’épate pas la galerie).

L’Art et son apprentissage… sont complexes. Il n’y a pas QUE le savoir-faire ou la Technique, il y a aussi la maturité, le jugement, la recherche, les choix, le style, la personnalité etc… En passant du stade « initiation » à celui de la mise en pratique on se rend vite compte que face au même sujet, chacun(e) fait autrement… Il n’y a donc pas que la Technique qui compte mais aussi la culture de chaque personne et par là même, sa manière de voir, d’interpréter et de restituer le sujet. C’est peut-être aussi pour cela que dans les filières artistiques la formation basique ne repose pas que sur le dessin ou la peinture mais prend aussi en compte des choses comme les travaux numériques & graphiques (y compris les pratiques éditoriales, logiciels inclus), la technique, la théorie, l’histoire (de l’Art), les fresques & l’iconographie, les langues et bien d’autres choses encore, avec toujours une collaboration inter-ateliers de nature à nourrir les réflexions et favoriser les échanges constructifs. C’est aussi pour cela que j’aime régulièrement participer à des travaux collectifs « inter-collègues-artistes »…  Cela permet souvent d’ouvrir de nouveaux horizons même si après on a des choix personnels à faire… Se confronter à d’autres points de vue peut parfois s’avérer inconfortables mais c’est TOUJOURS CONSTRUCTIF. Par ailleurs, travailler ensemble favorise le travail-soutenu, chose que dans son Atelier privé on aura du mal parfois à organiser (interruptions fréquentes).


Pourquoi j’évoque tout ceci ?
Parce qu’avant de choisir entre de l’hyper-réalisme, du réalisme, du figuratif, de l’abstrait, du brut ou tout autre « genre » il faut avoir acquis les moyens de traduire sans recourir aux artifices technologiques le visible dans toute sa complexité.
Cela passe par le trait juste mais pas que…

Rappel : une théorie demande une pratique très soutenue pour devenir réflexe et pouvoir être mise en pratique de manière efficiente. C’est aussi la raison pour laquelle, par exemple, on ne retire les bénéfices d’un workshop que bien plus tard et de manière-étalée-dans-le-temps
Chacun(e) a des blocages et doit apprendre à les dépasser pour mettre en oeuvre des techniques de plus en plus complexes.

Il est très important d’avoir un axe de travail correct pour mesurer sa progression et y trouver l’impulsion nécessaire pour continuer, en faisant des choix qui collent avec notre personnalité-éternellement-évolutive…




CHRISTIANE ALLENBACH RETOUR ACCUEILfacebook sous ALLENBACH CHRISTIANE WATERCOLOR

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