Comment profiter au mieux d’une démonstration aquarelle

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J’ai déjà évoqué le sujet des STAGES et comment les réussir... mais que ce soit dans un salon, ou de toute autre manière, assister à une démonstration est un brin différent et nécessite une petite organisation si l’on veut en profiter au maximum.

Ce qu’il y a de commun entre le stage et la démonstration c’est que pour en profiter il faut choisir l’Enseignant ayant juste une pointure au-dessus de la nôtre et ne pas vouloir mettre la charrue devant les boeufs… ni sauter des étapes car elles sont toutes indispensables.

L’idéal est bien sûr… une démonstration particulière, avec possibilité de poser des questions mais c’est rarement voire jamais le cas et souvent on se heurte en plus au barrage de la langue…

D’autre part il faut savoir qu’en démonstration tout n’est de loin pas expliqué et tout n’est de loin pas montré… alors il faut soi-même pouvoir combler les parties manquantes. Le facteur « temps » n’est souvent qu’une excuse pour ne pas tout dévoiler car ne nous leurrons-pas… une démonstration c’est aussi très souvent le marketing pour l’Artiste et tous ne sont pas altruistes au point de partager sans réserve devant un grand public.

SALLE DE COURS BEAUX ARTS

Il faut avant tout savoir une chose : un stage ou une démonstration… se déguste à doses homéopatiques… Pourquoi ? parce qu’il faut un temps fou pour l’intégrer et si on passe trop vite à d’autres techniques on n’en profitera pas.

Une démonstration n’est pas toujours assortie d’explications verbales. Ce n’est pas comme un workshop qui a comme but de faire bosser tout de suite après… Les « grands » réservent souvent les explications détaillées à leurs élèves (groupes ou particuliers).

Profitant des vacances universitaires actuelles … j’ai eu le privilège de bénéficier d’une démonstration de trèèès longue durée où l’Artiste est parti d’une feuille blanche pour au final arriver à faire un portrait sur pied. Cela se différencie totalement de ce que j’ai l’habitude de faire dans les autres cours (en Alsace ou ailleurs… pour apprendre il faut bouger) et c’était tout simplement époustoufflant. Je ne parlerai plus amplement de cette démonstration que plus tard lorsque je l’aurai un tant soit peu intégrée… car la technique est très différente de la mienne et nécessite un remodelage complet de ma manière de faire (tout en gardant ma griffe) mais surtout l’acquisition d’autres pinceaux et papiers… à une période où financièrement je suis coincée (le peu que je rentre passe en pharmacie non remboursée, dépassements d’honoraires…  ou en formation continue).

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Pour profiter au mieux d’une démonstration… la recette…

 

  • Motivation:
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    alors qu’on regardera volontiers une démonstration courte de moins de deux heures… il y a nettement moins de volontaires sur un travail d’une journée entière (voire de plusieurs) nécessitant un zèle à la fois du côté du Maître qui montre…  que de l’élève…  et aussi, point essentiel, du modèle. Il faut savoir que même en poses courtes, un modèle se fatigue très vite au point souvent de transpirer ou d’avoir des contractures musculaires… alors bravo aux modèles qui acceptent de poser plus de huit heures, souvent en plusieurs fois… Que le modèle ait ou non des vêtements ne joue pas, le boulot reste le même : il faut éviter de bouger et s’il y a des pauses entre les sessions de travail, il faut arriver à retrouver le même regard, la même attitude… Le point-clé pour une démo longue durée restera donc… la motivation.
  • les bases :

    Face aux détails techniques qui coulent tellement de source qu’ils ne seront pas expliqués… il faut avoir un bagage-minimum… et ne pas vouloir prendre l’ascenseur là où les escaliers s’imposent… Bref avoir le niveau pour assimiler ce que l’on voit, qui est dit ou parfois juste suggéré.

  • l’organisation :
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    On a tout intérêt, et je parle par expérience, de commencer à assister à des petits workshops et à de petites démonstrations. Cela permet d’apprendre à observer, mais aussi d’apprendre à s’organiser pour un bénéfice efficient.

Dans le cas d’un travail étalé sur de longues heures et parfois sur plusieurs jours… on a intérêt à avoir une technique au point pour prendre des notes et parfois esquisser en même temps. On n’a pas toujours le droit de faire des photos et tous les Maîtres ne mettent pas non plus leurs démonstrations one-line après coup…

Ce qui m’a rendu énormément service et il peut en être de même pour ceux qui me liront… c’est qu’au fil des années je suis devenus très CONCISE et très DIRECTE. Cela se répercute même sur mes notes. Bien que maîtrisant la sténo, je ne l’utilise pas lors de mes notes artistiques. Par contre, j’ai des codes. A titre d’exemple, au lieu d’écrire que l’Enseignant utilise un pinceau chinois préalablement appuyé sur papier pour que la pointe se défasse, j’écrirai : chinois-ébouriffé. Un tel code est essentiel pour ne rien louper car il faudra garder les yeux rivés sur la démo et apprendre à écrire à la main sans regarder…

Ensuite, hiérarchiser ce que l’on voit par ordre d’importance soit être devenu réflexe. On ne notera que l’essentiel.

  • Analyser :
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    Il faut savoir, ou tout au moins essayer de comprendre… pourquoi telle gestuelle est nécessaire à tel moment et pourquoi ceci est fait de telle manière plutôt que d’une autre….  Analyser permet de combler les pièces manquantes du puzzle…
  • L’après
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    Il est important de se réserver une totale disponibilité horaire après de telles séances… de manière à pouvoir retranscrire ses notes tant qu’on a encore tout bien en tête… et éventuellement d’y rajouter une esquisse. On s’imagine parfois à tort qu’on n’oubliera pas telle ou telle chose… tellement lorsque c’est « frais » cela nous semble évident… mais si… avec du recul, on constate que si, on oublie… surtout si c’est très long, très dense et très technique. A titre d’exemple… les notes d’une démonstration de longue durée comportent entre cinquante et cent pages de format A4… après retranscription d’un petit carnet…

 

  • Ce qui peut faire la différence… entre retenir ou ne pas retenir… c’est la CONCENTRATION… mais aussi la PARFAITE ADEQUATION entre le type de Technique qui nous est montrée et notre propre Être. Je dis Être plus que technique car une incompatibilité de quintessence entre Maître et Elève ne peut pas s’arranger même si techniquement tout est au point.

Trouver « La » personne qui bosse comme on aimerait savoir bosser est une chose, avoir la chance de la rencontrer et de l’apprécier en est une autre… et cela dépend souvent (mais pas toujours) de nos moyens financiers (ne serait-ce que pour se déplacer). Nous avons donc tous  plus ou moins des frustrations et on se dit : et si j’avais pu…

La clé parfois consiste à profiter de ce que l’on a faute d’avoir ce qu’on veut… et très curieusement… ce faisant… on se rend parfois compte que des opportunités auxquelles on n’avait pas pensé se présentent. Pour ma part… j’en suis ravie… et je voue une admiration sans bornes à ceux qui transmettent réellement leur savoir-faire sans se soucier de l’impact publicitaire. Hé-oui cela existe encore…


CHRISTIANE ALLENBACH RETOUR ACCUEILfacebook sous ALLENBACH CHRISTIANE WATERCOLOR

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