PIGMENTS d’AQUARELLE

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Les pigments… c’est pour qui ?
Et pourquoi ?

Artiste depuis toujours et aquarelliste depuis de longues années, je vous propose d’aborder le chapitre des pigments d’aquarelle.

 

 

 

Sont très connus : les pastilles, les semi-godets, les godets et les tubes. Le sont moins : les pigments bruts voire leur composition.

L’aquarelle en tubes ou godets se trouve chez la plupart des fournisseurs mais ne conviennent pas aux peintres qui ont besoin de très grandes quantités soit pour les grands formats, soit tout simplement pour des démonstrations en grand format.

Ayant déjà eu l'occasion d'assister à des démonstrations de Jean-Luc Dossche (pour W&N), Fernand Thienpondt, Roland Palmaerts, et bien d'autres... je constate que pas mal d'entr'eux, quand même, utilisent les pigments bruts.

Le pigment, c’est la substance chimique colorante d’un produit. En aquarelle, il existe deux sortes de pigments : les naturels (minéraux, organiques) et les chimiques (syhthétiques). Un pigment biologique, c’est tout produit végétal ou animal produisant une teinture… voir mes articles sur la peinture au jus de bettrave ou ma peinture au jus d’iris mais les exemples sont innombrables et je ne citerai pas tout ici…

Beaucoup disent que certains pigments sont solubles mais ils confondent alors le pigment et la poussière de pigment qui elle part vite… Un pigment au départ « non transformé » peut devenir insoluble par des associations chimiques judicieuses et c’est pourquoi il vaut mieux réserver aux professionnels expérimentés leur usage. Selon le cas il choisira d’y rajouter un liant, ou de les associer à un autre produit.

Ce qui intéresse avant tout l’Artiste qui comme moi, est soucieux de la qualité du matériel qu’il emploie… une aquarelle convenablement encadrée pouvant se garder jusqu’à cinq siècles… ce sont les particularités suivantes des pigments :

  • le pouvoir colorant
  • la résistance à la lumière

Les pigments sont tous répertoriés par  une nomenclature précise, souvent connue des bons artistes, mais même le débutant fera bien, à l’achat, de veiller à n’acheter QUE des tubes ne contenant qu’un seul pigment et pas deux. Pourquoi ? cela lui évitera d’obtenir des mélanges ternes par erreur car il pensera parfois mélanger deux couleurs alors qu’il en mélange indirectement trois s’il n’est pas attentif… et trois c’est la recette de la plupart des gammes de gris…

Voici à titre d’exemple une liste des pigments et de leurs caractéristiques de chez l’ami Wiki : cliquez ici. Je ne conseille pas au débutant de prendre tout de suite de la poudre de pigments, car il vaut mieux qu’il se fasse la main sur les mélanges basiques pour vraiment cerner ensuite ce dont il a besoin…

Très curieusement, les meilleurs fabricants de pigments bruts sont allemands... ce qui est un gage de qualité. Mais celui qui voyage ou a des relations peut également trouver de bons pigments dans le Nord de l'Afrique ou mieux... en Inde.


Kromachem (plutôt pour Entreprises)

CLARIANT

BASF (Suisse)

Ôkra (pigments, liants & outillage)

Bloxcs (du « punch »)

Artisan pastellier (tous produits)

K R E M E R > le n° 1 côté qualité !

Les pigments bruts vendus par D. Smith et d’autres proviennent tous de ces grands « fournisseurs »…


En démonstration bien sûr, personne ne dit où il s’approvisionne en pigments… et il faut un certain temps voire un temps certain pour faire soi-même ses essais et trouver ce qui correspond le mieux à sa façon de peindre et surtout à ses exigences qualitatives.

M’intéressant aussi à l’Encre pour les illustrations, j’ai trouvé quand même le PDF de chez Kremer très efficient. Le site est consultable en plusieurs langues ce qui est incontestablement un « plus »… Danke ! Les pigments sont très purs et pas mélangés. Ils se laissent magnifiquement travailler.

Concrètement, il faut distinguer le pigment brut déjà en poudre et celui qu’il faut réduire soi-même en poudre.

Le pigment déjà en poudre s’utilise par mouillage avec un liant voire un mélange (gomme arabique ou glycérine). Le mélange de base est 1:1 entre liant et poudre… après il faut procéder à des tests qualitatifs  personnels. Un bon vieux mortier est idéal pour cette préparation à laquelle on rajoutera un peu d’eau déminéralisée (grande surface)  par ex. 2  x les volumes précédents et surtout encore un volume de miel ou de glucose (pour la transparence). La girofle se rajoute pour la conservation et le fiel de boeuf peut éventuellement fluidifier. Archi-bien mélanger, laisser reposer une journée et… utiliser.

Pour approfondir et si vous maîtrisez l’anglais… c’est  par ici.

Certains aquarellistes utilisent l’huile de lin comme liant. Mais c’est à réserver à mon sens aux techniques mixtes. D’autres tentent le borax, ou la caséine-calcaire mais le résultat est moins bien.

A retenir : les pigments organiques sont plutôt transparents, brillent bien et ont des couleurs vibrantes. Les pigments non orgniques (minéraux) sont très souvents opaques et mats.

Qu’il s’agisse de pigments bruts préparés soi-même ou d’un produit tout prêt, l’aquarelle repose sur le fait qu’on dilue cette base à l’eau, sur palette ou directement sur papier… et qu’au séchage le pigment reste sur le papier… sachant bien sûr que certains papiers absorbent plus la couleur que d’autres…  C’est aussi pour cela qu’il faut se forger une bonne expérience d’aquarelliste avant de tester la fabrication de son propre médium sur base de pigments bruts. Ils doivent être frottés sur de l’émeri fin, puis soigneusement écrasés avant d’être mélangés à quoique ce soit…

L’intérêt est souvent le prix… mais ce qu’on gagne à l’achat se perd en temps et le temps c’est aussi de l’argent… donc bien calculer…

Par ailleurs, avec la chimie-maison-sur-mesure… il faut se tenir sans cesse au courant des dernières actualités car régulièrement les pigments nocifs ou non-performants sont remplacés et le plus souvent par du chimique. Le résultat est souvent aussi bon. Cela se vérifie par exemple dans le jaune-indien, la gomme-gutte, le rouge de Saturne…  Et comme on ne peut plus non plus aller au Tibet chercher du Lapi-Lazuli … autant utiliser la chimie avec un résultat parfois meilleur.

Pour le pigment que l’on doit moudre soi-même… il faut savoir que le résultat est parfois un brin déçevant… mais parfois aussi très surprenant. A titre de comparaison, on n’arrive pas tellement à faire les éclaboussures et effets spéciaux (ex. paille) mais qu’on récupère en éclat ou texture ce qu’on perd sur un autre plan…donc toujours peser le pour ou le contre.

Pour ceux qui entendent par pigment l’index… c’est chez Sennelier que l’on trouve le plus facilement les indications sur le contenu des tubes… On gagne toujours à étudier les ingrédients du médium que l’on utilise et leurs interactions possibles…
J’en parle un peu ici… à suivre.



CHRISTIANE ALLENBACH RETOUR ACCUEILfacebook sous ALLENBACH CHRISTIANE WATERCOLOR

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