Art & conditions de travail en l’absence de luminosité

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Le clair-obscur est une pratique connue des bons Artistes et consiste à faire émerger de l’ombre les parties essentielles de la scène que l’on souhaite mettre en valeur.

Mais qui s’est déjà demandé POURQUOI on a jadis commencé à procéder ainsi ?

Pour le comprendre pleinement il ne faut pas se contenter d’hypothèses, il faut se remettre soi-même dans les conditions de travail d’un artiste à l’époque… (image commons)

A titre d’exemple : à l’époque de L. de Vinci les conditions climatiques étaient différentes de maintenant, la vie était plus rude et les logements étaient adaptés au contexte. Les Compagnons-Constructeurs n’avaient pas les mêmes normes à respecter et les habitations avaient le plafond très bas pour permettre un chauffage facile. Dans le même ordre d’idées, les fenêtres étaient petites alors que de nos jours, la norme moyenne (hors face Nord) est d’environ un quatorzième de la superficie du sol pour un vitrage vertical et un seixième en cas d’ouverture oblique. J’ai pu observer cette différence entre autrefois et maintenant au cours de mes différents voyages, mais aussi en me heurtant douloureusement la tête au plafond dans la maison de Jeanne-d’Arc ou en visitant des édifices très variés…

On observera sur la gravure supra que la ligne d’horizon est en dessous de la porte et  que les visiteurs semblent avoir été dessinés un brin trop petits pour mettre l’accent sur le bâtiment. A l’époque 1m60 était la norme moyenne côté taille…

Mais par rapport à l’Art… le clair-obscur (avec transitions douces)  et le ténébrisme (sans transitions donc contrastes vifs) sont nés à une époque où l’électricité et même la lampe à pétrole n’existaient pas… on peignait à la lumière du jour… donc très peu de temps en fait… et certains ont tenté de travailler éclairés par une ou plusieurs bougies… d’où un rendu typique dans les travaux authentiques d’époque… différents des clairs-obscurs actuels…

J’aime bien, à titre expérimental, me mettre dans des conditions autres que contemporaines et je puis dire qu’être Artiste n’était pas plus facile dans l’ancien temps, bien au contraire. D’abord, le statut social d’un Artiste pas encore célèbre n’a toujours été qu’assimilé à celui d’un artisan ou simple domestique de cour… du moins jusqu’à intégration en Corporation…  et concrètement la vie quotidienne d’un Artiste était jalonnée de difficultés en tous genres… et l’essentiel parfois manquait… 

Au niveau de la luminosité… vu que les bougies autrefois avaient aussi leur prix… on peut comprendre que d’une part l’Artiste s’abîmait souvent les yeux en travaillant à peine éclairé… et que d’autre part… il ne pouvait peindre que ce qu’il voyait donc que les parties éclairées… C’est à la foi peu… et beaucoup pour qui sait en tirer quelque-chose…

Même de nos jours, en saison hivernale le travail d’un Artiste est  considérablement entravé…

Tout d’abord il y a le froid… ensuite malgré que les fenêtres soient plus grandes… les aquarelles reflètent inmanquablement la morosité climatique…

Les lampes ne sont pas une solution… et ni le néon ni les lampes économiques (jaunâtres) ne permettent un rendu réaliste et riche en nuances. On est donc souvent contraint de se limiter aux travaux à l’Encre de Chine ou aux monochromes.

Les lampes dites « lumière de jour » ne conviennent qu’aux petits formats et pas à un grand Atelier où pour des raisons de coût l’Art deviendrait alors encore plus prohibitif…

Concrètement, l’hiver, on ne peut bosser qu’en se calant entièrement sur la saison et le temps… donc liquider avant onze heures du matin les tâches ne nécessitant pas une bonne lumière, ensuite se priver de repas pour mettre à profit les moments naturellement les plus éclairés… sachant que dès quinze heures c’est râpé…

Je parle ici bien sûr de l’Artiste qui travaille dans des conditions normales, n’utilisant ni table lumineuse, ni lampe pro  et ne pouvant pas se permettre de compenser artificiellement la cruelle absence de … soleil qui pourtant s’il est trop fort ne convient pas non plus pour l’aquarelle…

CHRISTIANE ALLENBACH RETOUR ACCUEILfacebook sous ALLENBACH CHRISTIANE WATERCOLOR

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