Dessiner debout…

© contenu intégral du site sous copyright ____________

 

dernière mise à jour : 04 février 2016


J’ai déjà évoqué EN PEINTURE le fait de travailler avec ou sans chevalet   que ce soit assis ou debout.

Jusqu’ici, en déplacement ou dans la nature, je dessinais systématiquement assise.

J’ai découvert, auprès d’un « pro », les avantages de dessiner en possition debout. Petit tour d’horizon :

Tout d’abord, un chevalet (cher) tel que celui-ci n’est pas forcément nécessaire… si on est le roi de l’improvisation, en fonction de la position du corps souhaité, on trouvera des alternatives à coût zéro ou très proche…

Un carton-mousse adapté au format du papier s’avère idéal en déplacement, bien que la carton à dessin fasse également l’affaire, ici sur un chevalier scolaire très efficient :

Un impératif : la ligne d’horizon doit coller pour rendre le sujet sans le déformer, il faut un brin d’habitude pour repérer les bonnes  hauteurs de « travail »  par rapport à des positions données d’un sujet humain. Pour les bâtiments, ce sera un brin plus facile…

Sauf dans les cas où les besoins de la perspective nécessitent que l’on dessine assis(e)… le fait d’être debout pour dessiner (je n’ai pas dit pour peindre) apporte plein d’avantages.

Le Premier… c’est la libération du geste.
Assis(e) vous bougez le poignet, éventuellement l’avant bras.
DEBOUT… ON BOUGE LE CORPS ENTIER…
Le résultat est forcément différent.
La sensation ressentie aussi.

L’avantage qui en découle immédiatement : la possibilité de prendre RAPIDEMENT du recul… pour examiner la Création en cours.

Et, il faut le souligner, nous sommes généralement de nos jours on est MAL assis(e) car les tables ne sont plus obliques comme autrefois…

A titre d’exemple, les dessinateurs qui travaillent debout, ont eux aussi une surface de travail inclinée. Il est un fait que la colonne vertébrale est plus droite, les épaule plus souples, les avant-bras plus dynamiques et plus détendus… Bref, une autre dynamique…

L’une des raisons pour laquelle le débutant n’aime pas trop dessiner (ou peindre) debout c’est les tremblements associés au manque d’assurance dans la construction du dessin… mais cela vaut la peine de s’y mettre… essayez !

J’occulte ici les aspects médicaux qui font qu’il vaut toujours mieux être debout pour garder un esprit sain dans un corps sain… et notre mobilier n’est généralement pas conçu pour cela… à titre d’exemple, regardez la hauteur des tables de cuisine dans les anciens monastères : trèèès hautes pour que le corps reste bien droit… (j’ai testé quelques mois, c’est super).

Ensuite, être debout… c’est avant tout NE PAS ÊTRE STATIQUE.
On bouge ses hanches, ses pieds… bref on est vivant(e).
Et le dessin le devient aussi.

Si à la maison vous n’avez rien… prenez votre table habituelle, posez-y une caisse à bouteilles (pleine) ou un coffre et une planche grand format en biais, dos contre la caisse… et testez. Le manque d’équipement peut se compenser par un brin d’ingéniosité et n’est jamais une excuse. En plus, les arrangements personnels permettent toujours de trouver la meilleure position, alors que les chevalets du commerce ne sont pas forcément prévus pour nous… pour notre morphologie…

ici article « avec ou sans chevalet »

Je développerai séparément ce que j’entends par « trait vivant » mais pour moi ce fut une vraie trouvaille de bosser debout… surtout que je n’ai jamais aimé être debout… ayant autrefois été essentiellement assise : à cheval, à vélo, en voiture, au bureau…

Pour être sûr de bien dessiner debout, on aura acquis au préalable les bases de la perspective afin de pouvoir rendre exactement le sujet selon la ligne d’horizon choisie… à titre d’exemple, dessiner debout un personnage assis donnera forcément un effet plongeant, pas forcément recherché… le dessinateur doit donc rester SOUPLE pour bouger en fonction du résultat voulu. Une perspective supportera plus les extrêmes… qu’un humain et il faut avant tout éviter les disproportions… en bougeant en hauteur.

Ceci dit, dans les écoles de dessin renommées, on voit des élèves monter sur une échelle pour un meilleur rendu des perspectives… de même qu’ils dessinent souvent un bâtiment en se trouvant presqu’au pied de celui-ci… sachant que par suite on peut juste sur sa feuille, changer la hauteur d’horizon sans passer par cette gymnastique. Mais il ne faut jamais mettre la charrue devant les boeufs, et bouger pour avoir le meilleur angle par rapport à son sujet reste la meilleure des choses…  On bouge bien plus volontiers lorsqu’on est debout qu’assis… fait souvent constaté, indoor comme outdoor…

L’autre avantage de travailler debout c’est qu’on peut se mettre à des endroits autrement impraticables… exemple ce dessin de racines que j’ai fait debout dans l’eau… Les arbres eux ne figurant pas sur le dessin (à l’encre) :

Dans un autre ordre d’idées… le dessin c’est 90 % d’observation et 10 % d’exécution… Il faut donc pouvoir bien voir son sujet.  Une prise de mesure des principales proportions pour l’ébauche géométrique du sujet se fera assurément mieux debout qu’assis…

Pour ceux qui aiment travailler leurs dessins et aller au-delà d’une esquisse… il faudra préférer multiplier les séances plutôt que de s’asseoir. Pour ma part, j’aime assez les esquisses pour m’en contenter et mon souci-poignet m’interdit de faire des dessins trop fignolés tels que je les aime, uniquement par entrecroisements de hachures, bref à l’ancienne… Ici brève ébauche au gros graphite, juste pour la technique des traits :

J’ai connu (B.A.) les bons vieux sièges-chevalets, très pratiques, mais j’avoue que depuis que j’ai pris le pli de plutôt être debout je n’en ai plus la nostalgie… ici en souvenir un amoncellement de matériel artistique scolaire…

°

Cet ancien matériel, fabriqué fin 1800 début 1900, a fait ses preuves par sa légèreté, son adaptabilité à toutes sortes de hauteurs, et fonctionne associé à une planche de taille variable.

Franchement, on ne fait pas mieux de nos jours…

Enfin, pour terminer… la position assise même correcte (sur plan incliné) limite le format à environ A2 taille maximale…   Donc, plus on dessine grand, plus il faut pouvoir bouger… à cause de la gestuelle et du recul.  Pour cette raison, les dessins pour fresques étaient toujours faits en petit format, parce qu’on a une excellente vue d’ensemble… puis agrandis au carreau. De nos jours bien sûr il existe des techniques plus modernes… ceci juste pour rappeler que le format et la position de l’Artiste sont liés. Il m’est arrivé de faire des fresques murales debout sur une échelle… je les avais aussi préparés en petit et sur le plancher des vaches…

Petite parenthèse pour ceux qui n’ont pas de plan incliné et veulent dessiner correctement. Mettez une chaise devant vous comme au cinéma… et posez votre planche sur le dos de cette chaise, son bas sur vos genoux : ça marche !

Enfin… par expérience… on « conduit » son crayon graphite autrement en étant debout qu’en étant assis(e)… (là aussi je développerai séparément par suite). La souplesse se lit sur le dessin et ce peu importe le style de l’auteur…

 

Je pense vous avoir donné envie d’essayer… allez-hop… en avant toutes… et au pire, scotchez votre feuille sur une porte… ça ira également.

Sinon en oblique, une échelle métallique avec planche vous apportera l’inclinaison voulue… inutile d’acheter un chevalet… ll suffit de perforer votre planche et d’y mettre des crochets. Pour un moindre écartement que le standard, on peut caler à la corde-nylon…

– à vos crayons, graphites, fusain, carrés-sanguine… –

 

CHRISTIANE ALLENBACH RETOUR ACCUEILfacebook sous ALLENBACH CHRISTIANE WATERCOLOR

—–
je vous invite à surfer plus amplement sur mon site,

à découvrir mes aquarelles,
et pourquoi pas, à commencer votre collection…