Autour de la LUMIERE

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ALLENBACH CHRISTIANE PARC GARE HAGL’Artiste qui dessine et peint sur le motif a incontestablement plein de « plus » par rapport à celui qui part d’une photo et j’en parle assez souvent pour que cela ne soit pas nouveau pour les habitués. Exemple : démo sur le motif et définition.

L’une des raisons de faire cet effort est la gestion de la lumière qu’elle soit naturelle ou artificielle. Pourquoi j’en parle ? Il m’est d’avis que les Artistes devraient tous partager leurs astuces dans l’intérêt de l’Art et non pas cultiver leur ego en gardant pour soi leurs trouvailles. Les Anciens, pour qui l’éthique et l’Art comptaient, expliquaient tout, en évoquant le pour et le contre de leur technique. C’est dans cet esprit là que je partage par l’intermédiaire de mon site.

Tout un chacun aura remarqué qu’en se positionnant d’une certaine manière, le bout de son crayon ou du pinceau lui produit des ombres désagréables sur le travail en cours… il vaut mieux alors s’orienter autrement.  Les détails sur l’agencement d’un atelier et sa lumière sont ici, nous allons ainsi pouvoir nous concentrer sur l’outdoor et les sujets autour desquels on peut tourner pour les avoir sous l’angle le plus intéressant mais surtout avec la luminosité la plus efficiente.

Mais tout d’abord quelques définitions…

Il ne faut pas confondre le contrejour en Art avec le même terme en photographie.

En dessin ou peinture de paysage, le contrejour est un aspect du travail des valeurs et des contrastes. Au départ le dessin n’est que lignes, de préférence justes au niveau de la perspective et des formes. Ensuite, pour que la lecture de notre composition soit plus facile, on commence par faire grossièrement ressortir ce qui est lumineux et ce qui est dans l’ombre. Le mieux, c’est de marquer le soleil en marge de sa feuille. Puis on travaille valeurs, contrastes, contrejours. Je n’entre ici pas dans le détail des rythmes nécessaires pour une parfaite efficience ni dans les astuces techniques, si ce n’est pour souligner que le contrejour dans le contexte artistique se définit comme la manière d’accentuer un contraste par opposition au terme contre-jour tel que les photographes l’utilisent. Le contre-jour photographique, lui consiste pour le photographe à avoir le soleil de face, le sujet étant entre le soleil et le photographe. Le sujet se découpe alors en silhouette noire, cela peut être intéressant au niveau des effets spéciaux. En photo il faudra apprendre à exposer correctement les hautes lumières pour utiliser l’aspect positif du contre-jour sans tomber dans les pièges de cette technique…

Jouer avec l’éclairage naturel…

L’Artiste peignant un enfant en bas âge ou une belle femme aura tout intérêt à s’arranger avant de s’emparer du pinceau pour que leur visage soit fortement éclairé. Image Wikipédia :

Le contre-jour dans son sens photographique est ici à éviter. Pourquoi ? Mes Enseignants m’ont appris que c’est pour réduire les ombres et augmenter le romantisme. Sinon, pour les autres portraits, il faut toujours éviter d’avoir un trop fort contraste entre la partie droite et la partie gauche du visage. Sauf effet spécial souhaité bien sûr… Un autre exemple de Bellini avec le Dodge où l’éclairage et l’angle du visage sont parfaitement bien étudiés :

Encore un avantage du travail face à son modèle au lieu d’après photo : le rapprochement ou l’éloignement correct entre Artiste/Sujet … et c’est important pour les architecture comme pour les êtres vivants sur pied. Mais pour en revenir à l’éclairage, l’artiste qui bosse selon photo est tributaire du talent du photographe, alors que l’Artiste-Peintre qui travaille avec un vrai sujet est lui-même le « metteur en scène ». Il serait illusoire dans le style appelé réalisme de partir d’une photo en pensant inventer au autre éclairage car à moins d’être rompu à l’exercice et techniquement parfaitement au point, on va se planter dans les ombres. Pour une architecture, on peut encore se rattraper en étudiant la perspective des ombres mais pour un portrait cela ne pardonne pas et la seule manière d’y arriver c’est de construire son visage en tenant compte des canons. Cela permet d’ombrer à peu près correctement un visage imaginaire. Mais je dis et redis que pour un vrai-beau portrait, il faut bosser en face du sujet, parfois en plusieurs séances. Tout est une question d’exigence. Celle de l’Artiste-Peintre envers lui-même (et souvent il fera juste ce qu’il pourra, pas ce qu’il voudra) ou du client passant commande. A mes débuts j’essayais parfois de me plier aux désirs des clients et le pire qui me soit arrivé c’était de devoir partir d’une photo d’identité pour dessiner un corps entier, et une fois celui-ci terminé on m’a seulement indiqué l’arrière-plan voulu et l’ambiance. Techniquement ce n’est pas du tout ainsi qu’il faut procéder et je le déconseille à quiconque me lira… Maintenant en cas de commande je me réserve le droit d’évoquer une sorte de cahier de charges (points à définir par avance) et j’explique ma manière de procéder. Si cela convient c’est bien, sinon je décline.

Plus facile à aborder : la végétation. Examinons un feuillage éclairé latéralement mais d’en haut, par le soleil du matin :

Maintenant, voici au même moment, le même type de feuillage en face du même endroit, et en contre-jour (sens photographique) :

Qu’observez-vous ?
Rien ? alors renonçez à peindre du figuratif ou du réaliste et passez au contemporain.
Si vous distinguez que la source de lumière vient de derrière les feuilles donc en plein vers vous… c’est un bon début. Vous remarquerez aussi que les ombres sont nettement plus contrastées et que la luminosité ressort mieux. Certaines feuilles n’ont qu’un filet de lumière, et leur texture est plus ou moins transparente selon qu’elles soient en hauteur ou plus bas.

Un contre-jour sur un animal ou un humain produit une sorte de filet de lumière montrant que la lumière vient de par l’arrière (et bien sûr légèrement du haut). Cela décolle le sujet du fond et aère la composition mais permet surtout une lecture claire. Accessoirement ce type de lumière place le sujet en avant plan par rapport à d’autres sujet ou un paysage mais ce n’est pas la seule manière de le faire bien sûr.  Un Maître-ès-Lumières c’est incontestablement Turner, pour qui j’ai une admiration sans bornes. Plus modestement, voici un sketch rapide illustrant le contre-jour.

Tout ceci pour vous dire et redire que c’est infiniment plus formateur de chercher soi-même, en tant qu’Artiste, quel est le meilleur rendu possible face au sujet, plutôt que de s’appuyer sur une photo même belle.

Voici un sujet qu’il est très agréable de peindre en plein air et dans la bonne direction… avec la lumière de face :

Que l’on choisisse l’hyper-réalisme, le réalisme, le figuratif ou l’interprétation, connaître les bases techniques est toujours utiles à qui souhaite progresser… et on n’a jamais fini.

-à vos pinceaux-

 

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