Rééquilibrer son oeuvre

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En Art comme dans la vie, on gagne à planifier en amont plutôt que d’avoir à résoudre un problème en aval…

Il y a quand même un certain nombre de petits « plus » qui une fois l’oeuvre presque terminée, peuvent faire la différence.

Un tableau, on ne le répétera jamais assez, se commence en traçant une ligne d’horizon pour avoir un dessin aussi correct que possible. Mais cela ne suffit pas…

Le tableau doit être HARMONIEUX sur plusieurs niveaux :

  • choisir le bon format par rapport au sujet, et gérer harmonieusement les espaces, dans le respect des règles,
  • détecter les lignes et gérer leur harmonie, et éviter de placer deux éléments similaires sur le même plan
  • trouver la bonne technique en fonction de l’ambiance à rendre (certains sont coincés dans une technique et devront « faire avec » mais les polyvalents doivent à chaque tableau refaire un choix)
  • trouver des bonnes couleurs en fonction de ce qu’on a à exprimer
  • trouver les bons rythmes
  • maîtriser la gestion des valeurs, ombres & lumière…
  • respecter les principes généraux que l’on apprend chez un bon prof’ de la section « composition » (la partie technique de la composition sera développée séparément).
  • Alors qu’un artiste produira souvent des effets-mode ou des oeuvres certes belles mais sans technicité, un Artiste-Peintre, lui, est à même face à un sujet,  de le « rendre » sur papier de manière bien plus saisissante que ce qu’il a devant lui… car il peut en capturer non seulement la quintessence, l’émotion (celle du sujet ou du lieu plus celle de l’Artiste) mais aussi trouver d’instinct la manière la plus équilibrée de placer dans sa composition les différents éléments nécessaires. L’art de la soustraction est ici souvent bénéfique… mais savoir déplacer est pas mal non plus…
  • Le but d’une bonne mise en page, tout comme en informatique, c’est avant tout la lisibilité. Et accessoirement l’émotion. Car pour ressentir une émotion il faut avant tout éviter les dissonnances, savoir quels sujets se prêtent à la symétrie et lesquels plutôt pas, ce qu’il faut dire entièrement ou ce qu’il convient de juste suggérer…  C’est souvent à ce niveau qu’on voit la grande différence entre les coloristes calquant leur sujet et l’Artiste-Peintre qui structure correctement son Oeuvre. Les exigences techniques ont grandement baissé  ces dernières années au bénéfice des effets spéciaux ou de l’innovation mais cela ne veut pas dire qu’il faut forcément suivre ces modes-là car elles auront aussi une fin…
  • Savoir « épurer » son sujet… (attention, épurer est souvent en Art confondu avec styliser mais ce n’est de loin pas pareil)

Bien sûr, une fois que l’on aura peint, on se rendra compte que ceci ou cela n’est pas parfait… il faut alors faire ce que l’on nomme « rééquilibrer son Oeuvre ».

Le ré-équilibrage final se fait en prenant physiquement du recul par rapport à son travail (ce qu’il faudrait en principe aussi faire à intervalles régulier DURANT la phase de mise en peinture).

Il peut consister à :

  • apporter ici ou là un éclat de lumière, par retrait
  • souligner une ligne ou une forme
  • uniformiser le rendu global par une lasure
  • rajouter un élément à un endroit stratégique
  • compléter un détail
  • estomper un contour dur ou une forme trop nette
  • vérifier l’harmonie globale (se fait MIEUX avec un ou deux jours de recul)
  • détourner par un effet spécial de dernière minute, le regard d’un élément mal peint, à une mauvaise place ou insuffisamment mis en valeur. Il s’agira ici de compenser en faisant circuler le regard autrement… Diriger le regard du spectateur sur l’élément que l’on souhaite mettre en avant c’est un peu comme en écriture souligner un mot ou une phrase…

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