Comment réussir son stage…

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En cette période estivale, où l’on retrouve un peu de ce temps qui toute l’année manque chroniquement… voici pour ceux qui songent à un stage, quelques points qu’il est bon à savoir avant de se lancer… Article neutre de pub, écrit en ma double qualité d’Artiste-se-formant-en-continu donc participant à des workshops et… de formatrice.

Règle d’Or :

Savoir estimer son propre niveau.
Pourquoi ?
Parce que pour profiter pleinement d’un stage ou workshop, il faut que le niveau de celui-ci soit juste légèrement plus élevé que le vôtre. Si l’écart est important on repart frustré et on en a pour des années de travail pour arriver à intégrer ce qu’on a pu apprendre…

Pour estimer son propre niveau, l’arme-absolue c’est la parfaite honnêteté envers soi-même : celui qui n’arrive pas à dessiner un visage de mémoire ou qui ne connaît pas les canons n’aura aucun intérêt à s’inscrire à un stage sur le portrait où le Maître de Stage exige que l’on se passe de toute béquille en ne travaillant que face au sujet. Dans le même ordre d’idées, celui qui ne sait rien du mélange des couleurs primaires ne profitera pas pleinement de certaines subtilités de haut niveau…

Oui, nos attentes sont souvent déçues voire contrariées, mais il faut faire la part des choses, souvent le souci ne vient pas de l’enseignant mais d’une mauvaise définition de ce qu’on a besoin d’apprendre à un moment donné. Voir travailler les plus Grands est toujours une joie mais s’imaginer pouvoir y arriver ne serait-ce qu’un peu sans accepter d’évoluer étape-par-étape relève de l’utopie.

L’autre facteur à prendre en compte c’est que l’ego sera titillé dans un travail collectif car dans le groupe il y en a forcément qui sont plus doués car pratiquant déjà depuis plus longtemps ou ayant une recherche mieux ciblée…

Le débutant aura tout intérêt à commencer sa formation par un cours de pur-dessin portant sur la perspective élémentaire, puis à apprendre face à son sujet à choisir la meilleure perspective, celle qui rendra le mieux ce que l’on veut mettre en avant. Parfois il faudra pour ce faire exagérer la perspective. De même, il faudra apprendre à inscrire même une fleur dans une forme géométrique pour plus tard pouvoir faire une composition « juste » avec plusieurs éléments disparates. En matière de composition, nombreux sont les pièges dans lesquels nous pouvons tomber… on ne peut parfois pas tous les éviter mais il faut apprendre à limiter les dégâts. Ensuite il reste à étudier les ombres, l’anatomie et les canons, et naturellement la manière de rendre au mieux chaque sujet selon la technique que l’on choisit. En aquarelle le minimum est d’apprendre à mélanger les primaires, ensuite on pourra passer aux choses plus subtiles et aux techniques-de-peinture à proprement parler.

Le futur stagiaire va donc devoir repérer ses lacunes, puis se renseigner sur qui-peut-y-remédier…

Choix d’un Enseignant-Maître-de-Stage

Un bon Artiste-Peintre n’est pas forcément un bon pédagogue, il faut le savoir. Pour enseigner il faut une patience infinie alliée au savoir-faire-technique. Le mieux, une fois que l’on a cerné soigneusement ses besoins immédiats, c’est de lister tous les Enseignants dont le style correspond à ce que l’on aimerait apprendre. 

Au niveau dessin, il faut souvent dissocier ceux qui vous promettent d’apprendre trop facilement… On peut y arriver même partant de zéro, mais s’il y a des p’tits trucs faciles, il faut savoir qu’un minimum de discipline est nécessaire sur plusieurs semaines avant d’avoir un bon résultat. En dessin, un stage permet avant tout de mieux raisonner, de mieux apprendre à voir, et de mieux rendre avec l’acquis-du-moment.

En peinture et plus particulièrement en Aquarelle, avant de faire ses choix, si l’on peut se déplacer, c’est toujours très instructif de se rendre à une grande Exposition ou dans un Salon. On peut y voir travailler gratuitement ceux qui ont pignon sur rue et souvent aussi des artistes « montants ». Mais il faut savoir repérer ceux qui ne misent que sur les effets tape-à-l’oeil par rapport à ceux qui appliquent de vraies techniques. Il faut également tenir compte du fait que le temps limité d’une démonstration ne permet pas de faire une perspective telle que par exemple un édifice religieux du moins pas en technique hyper-réaliste. Par contre, en « suggéré » cela reste faisable… En clair, voir un artiste faire un sujet simple ne veut pas du tout dire qu’il ne peut pas faire autre chose ou mieux  : c’est juste qu’il essaie de se caler dans le temps qui lui a été imparti…

Dans le public, beaucoup hélas ne savent plus à quel saint se vouer.  Dans notre monde moderne où tout le monde veut tout-tout-de-suite, l’Art n’est pas épargné et il est devenu difficile d’innover car tout a déjà été peint et souvent mieux… Etudier l’Histoire de l’Art se révèle d’une grande aide pour s’y retrouver dans les styles et les techniques
Mais l’essentiel est que chacun repère déjà ce que lui aime et donc qu’il aimerait apprendre.

Donc, sur le terrain, on peut voir qui fait quoi… et parfois participer à de mini-workschops. Il faut toujours bien cibler ces besoins…

CHOIX d’UN STAGE

Une fois nos attentes et connaissances bien définies, et le Maître de Stage repéré… il est bon de participer avant de s’engager sur une semaine entière ou plus, à un stage d’une demi-journée ou d’une journée. Ce principe permet de vérifier que l’on est bien en adéquation avec l’état d’être de l’ Enseignant et que l’on va pouvoir profiter pleinement des nouvelles connaissances qu’on rêve d’acquérir.  Quelquefois on a des surprises… dans le bon sens ou dans l’autre… donc : toujours tester !

A titre d’exemple : une personne sachant dessiner ou ayant envie d’apprendre, n’aura pas sa place chez un « coloriste » distribuant des calques en début de séance… Cela ne veut pas dire que l’Enseignant est mauvais mais qu’il apprend juste à appliquer comme il faut le médium, sans plus. Autre exemple, les Artistes misant uniquement sur la couleur et occultant toute technique de dessin, perspective et composition.

En ce qui me concerne, j’ai trouvé un moyen de sélection efficient et rapide : dans le moteur de recherche, cliquer sur « images » et taper le nom de l’Artiste qu’on avait retenu pour un éventuel stage. Si toutes ses oeuvres se ressemblent (palette ou style) c’est que l’Artiste s’est enfermé dans un style et il vaut mieux l’éviter car on n’y apprendra au mieux que quelques effets spéciaux. Si maintenant on tombe sur une série d’images où l’on reconnaît la griffe de l’Auteur mais avec des sujets différents, des couleurs variées et une recherche technique constante, là BINGO. Il faut soigneusement se la noter… et creuser l’idée de faire un stage avec l’Enseignant. Si-si, il y en a encore de bons… même s’ils sont parfois loin.

En type de stage, il faut toujours privilégier le travail face au sujet. En ce qui concerne le plein-air, la météo peut parfois venir contrarier un stage, il convient de le savoir. Travailler sur le motif est toujours extrêmement formateur, en indoor comme en outdoor.


Ensuite, il y a l’aspect financier qui joue… à chacun de voir ce qu’il peut ou ne peut pas. Les stages « pension complète » sont les plus onéreux, il faut voir s’il existe des alternatives… L’idéal c’est de se constituer un petit groupe d’Artistes de même niveau et… de faire venir l’Enseignant : dès lors qu’il n’habite pas à l’autre bout du monde, c’est jouable et moins cher que de déplacer tout un groupe de personnes sur une semaine entière…

Important pour les allergiques : ne jamais opter pour un stage en pension complète.

Pour tout déplacement, il faut penser à s’organiser de manière à réduire au maximum les frais Sncf, avion et autres…

Le matériel en stage

Souvent on vient avec ce que l’on a en matière de médium & matériel, mais cela ne marche pas toujours. A titre d’exemple, un Artiste peignant exclusivement au pinceau plat vous en voudra si vous débarquez avec juste quelques pinceaux-chinois… La plupart des Enseignants donnent une liste de ce qu’il faut, que ce soit pour le médium, le papier ou les pinceaux.

Je recommande à chacun(e) d’emmener un cahier brouillon pour noter au moins les mots-clés de la théorie… 

Sinon, selon les techniques choisies, un tablier est grandement utile. Et toutes les petites affaires auxquelles on tient : lingettes pour s’essuyer les mains si l’on travaille au fusain ou au conté, chiffons, gobelets, vaporisateurs, apprareil photo.

Lieu du stage

Le lieu du stage peut ne pas être important pour ceux qui enseignent en s’appuyant sur des photos mais il est d’une importance de premier ordre pour tous les autres, les « vrais »… Il est clair que pour peindre un bâteau il faut aller dans un port et que pour peindre un chameau il faut être dans le désert ou tout au moins dans un zoo… Dans le même ordre d’idée, pour un modèle vivant il faut… un vrai sujet.

Un bon stage ne vous ruinera pas mais… il reste cher pour ceux dont le budget est limité. En version « semaine » attention aux journées de coupure qui vous obligent à rester sur place sans peindre : c’est agréable uniquement pour ceux qui ont les moyens. Côté « prix » il faut s’attendre à une fourchette entre 50 et +100 € la journée, hors hébergement et hors nourriture. D’où l’intérêt parfois de venir en camping-car ou de se trouver une autre solution se rapprochant du coût zéro… Je déconseille aussi les chambres à plusieurs car des tensions peuvent ternir le stage…

De qui faut-il se méfier ?

  • De ceux qui vous assurent que vous ferez un chef-d’oeuvre en trois (ou cinq) étapes… c’est un slogan percutant mais sans plus.
  • De ceux qui prennent vingt stagiaires à la fois…
  • de ceux qui vous parlent uniquement de leurs expositions ou de leur carrière fulgurante : un véritable Enseignant souvent met sa propre carrière entre parenthèses car la Pédagogie c’est avant tout une passion…
  • de ceux qui veulent que vous achetiez leurs livres ou leurs CD en « plus » du stage déjà coûteux…

Pour trouver un bon stage, il ne faut pas forcément aller à l’autre bout du monde… il faut juste bien chercher… et se renseigner chez les collègues ayant déjà testé.

Le contenu du stage sera toujours à demander globalement, car certains travaillent en fonction du niveau de chaque participant, les autres ont un planning méticuleux. Bon à savoir aussi : le nombre d’heures de travail par jour. Six me semble être un grand maximum car au-delà il y a crispation corporelle, et c’est contre-productif.

En résumé… un stage consiste à apprendre une nouvelle technique puis à s’en affranchir pour exprimer pleinement son émotion face au sujet. La pratique intensive d’une discipline artistique produit les bons « réflexes », la dynamique de groupe et la qualité de l’Enseignement aident chacun à aller au-delà de ses limites initiales…

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