Pinceau à réserve (ou réservoir) d’eau

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C’est de saison car le moment est venu d’aquareller beaucoup plus en extérieur avec le bel été que nous avons…

Beaucoup ne jurent que par ces pinceaux… je viens de les tester pour vous.

S’agissant d’un outil dont on ne se servira que ponctuellement, pas la peine de prendre les plus chers. J’ai choisi de tester Aqua-Nomade de Léonard, qui offre un bon rapport qualité/prix.

Ces pinceaux existent en trois tailles, qui se différencient de loin grâce à leur couleur. Le rouge correspond à la taille la plus petite de l’embout-pinceau. Il y a ensuite moyen et grand.

Comme on peut le voir sur ma photo, la tête se dévisse pour le remplissage sous le robinet ou dans un seau d’eau et en plein air, pourquoi pas à une fontaine ou dans un lac…

Les poils du pinceaux doivent être « soignés » comme celles d’un pinceau lorsqu’on l’achète neuf, car ils forment une pointe dure et il faut laisser à l’eau le temps de dissoudre la substance dont les poils sont enduits.

Ensuite, une fois le réservoir d’eau rempli et monté à nouveau sur la « tête » (la partie colorée munie du pinceau), il faut exercer une légère pression sur le manche en plastique du pinceau pour faire descendre, selon besoin, une ou deux gouttes d’eau.

La durée de vie d’un tel pinceau avoisine les sept années.

Maintenant il faut être clair : si l’on change d’outil de travail, le style change et doit changer. Il ne faut pas espérer peindre de manière habituelle. Chouette alors, on va pouvoir innover…

Voyons d’abord ce qui ne va pas, ou pas très bien,  avec ce pinceau :

  • les fusions sur papier sec ne permettent, à titre d’exemple, pas de faire des roses
  • l’outil le plus « large » ne permet pas de couvrir de grandes surfaces comme le ferait par exemple un pinceau à lavis ou un pinceau large, il est donc à écarter pour les arrières-plans
  • les dégradés ne sont possibles qu’au format carte-postale pour un ciel par exemple…
  • il faut souvent un deuxième pinceau, lui classique donc sans réserve, pour produire un travail valable
  • il ne faut pas croire que l’on se contente de la réserve d’eau… car le bout du pinceau doit quand même être lavé en fin de travail, et avant de commencer, on peut aussi avoir besoin de tremper entièrement sa feuille… en outdoor il m’est arrivé de le faire directement dans une rivière ou dans un arrosoir (Windstein 2014 par exemple, en démo).
  • Le pinceau à réserve d’eau est prévu pour les outdoor-sketches donc croquis sur le motif en plein air… Son manche est court, il n’est pas fait pour une aquarelle aboutie ni pour un travail sur chevalet… et il ne faut donc pas s’attendre à ce que la gestuellesoit la même.Pour faire descendre l’eau, on est obligé(e) de tenir le pinceau au milieu du manche, et de presser régulièrement. Dans le même ordre d’idées, ce n’est pas évident du tout d’obtenir à chaque fois la même quantité d’eau qui passe du réservoir dans le bout du pinceau… donc il y a à prévoir des surprises (parfois bonnes, parfois moins).

Ce type de pinceau est par contre idéal pour :

  •  prélever le médium directement dans le godet ou sur la palette
  • donner un éclat de lumière par l’adjonction d’une goutte d’eau au bon moment (lire ici cycle de l’eau)
  • utiliser la technique du chemin d’eau avec fusions de couleurs
  • faire des lignes droites très « mouillées » destinées ensuite à être retirées dans une autre direction
  • écrire ou signer
  • faire des détails
  • coloriser rapidement un manga fait sur du papier aquarelle (oui-oui je sais ce n’est pas très courant mais ça existe…). A propos des mangas et des B.D. il faut savoir qu’à long terme l’avenir des auteurs & créateurs est financièrement compromis, lire l’article : crise des auteurs)
  • travailler sans ombre dans un endroit très ensoleillé
  • Sur un papier spécial sketch (comme par exemple Bambou, à la limite Moulin du Coq bien que je ne l’aime pas trop celui-là, sinon Centenaire) le pinceau à réserve d’eau donne vraiment l’illusion qu’on a peint à grande eau, car les couleurs se fondent les unes dans les autres et l’on peut parfaitement bien travailler les auréoles. Je me suis éclatée à faire l’essai suivant, assez stylisé, et j’ai découvert avec ce pinceau une nouvelle approche des sketches voire de l’abstrait :

Pour peindre, on fait descendre une goutte d’eau dans les poils, et on prélève directement sans temper le pinceau dans l’eau avant. Il vaut mieux ne pas remplir le réservoir d’eau déjà mélangée au médium sauf à avoir un pinceau séparé pour chaque couleur car ensuite elles ne se délogent plus…

Personnellement je continuerai à emmener en outdoor mes deux INCONTOURNABLES à savoir mon pinceau chinois et un pinceau à lavis… avec gobelets vides car dans nos régions on trouve de l’eau partout… mais je veux bien me laisser guider par ce nouvel outil pour découvrir d’autres styles… ne serait-ce que dans le cadre des marque-pages ou cartes.

J’ai mis plus haut ce qui m’a frappée par rapport à ma manière à moi de bosser… ce qui ne me convient pas peut très bien vous aller donc il faut y voir des suggestions plutôt que des « lois »… et j’encourage chacun à faire ses propres essais.

Si la marque indiquée plus haut vous donne satisfaction, n’en changez pas mais si vous pensez en systématiser l’usage je vous recommande par contre de passer à la Pentel, pour un prix par pinceau d’une trentaine d’euros.

nb. : m’en servant peu je n’ai jusqu’ici eu aucune « panne » ou souci technique. Si un jour cela arrive je vous indiquerai comment j’ai fait pour y remédier.

Procédure pour remplir les réserves
qui ne prennent que difficilement l’eau du robinet
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