Artiste et assurance(s)

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En enquêtant sur le terrain après un incident dont je parle ici (en fin d’article) qui eut lieu sous forme de tornade mais cela eût pu être tout autre souci… on ne peut jamais tout prévoir… je me suis rendue compte que la masse des Artistes mise sur sa seule responsabilité civile et que fort peu se couvrent de manière professionnelle.

Cela peut parfois être lourd de conséquences…

A titre d’exemple, lors d’une tornade, les chevalets, parasols & tentes qui s’envolent peuvent au mieux ensevelir une personne avec juste quelques hématomes (j’ai testé !) et au pire crever l’oeil d’un enfant ou d’un adulte… et cela m’étonnerait beaucoup que les assurances classiques couvrent alors les débours… En tout cas c’est un risque qu’un Artiste-professionnel ne peut pas prendre : il lui faut une assurance spécifique ou au moins une extension de son assureur habituel.

Mais avant d’y revenir, il faut souligner le fait que beaucoup d’Artistes négligent les élémentaires précautions de sécurité, en emmenant en plein air des grilles étroites et hautes que le moindre coup de vent emporte, et en n’attachant pas assez solidement les tentes et parasols : il faut toujours prévoir des fixations supplémentaires et surtout bien enfoncer les piquets dans le sol ou prévoir des blocs en béton. Les blocs à remplir d’eau ne sont en effet pas assez « lourds » et ne font pas le poids en cas de tornade. Une bonne solution est… une grille basse ou mieux comme je le montre ci-dessous, deux grilles basses fixées ensemble de manière à offrir moins de prise au vent. D’abord parce qu’elles laissent passer le vent entre et ne sont pas compactes (même si ça fait moins joli… ‘faut penser « pratique » avant tout) et ensuite parce que l’inclinaison oblique diminue la résistance… A titre d’exemple, mes grilles sont restées debout malgré la tornade de Saverne à l’outdoor-exposition du 23 juin alors que c’est justement par là qu’est passée la base de la tornade… (nb. : on a noté des envols de tentes entières, et je me suis retrouvée ensevelie sous un énorme parasol et des toiles & chevalets en provenance du voisinage… mais mes propres grilles ont tenu bon).

Gérer un incident de manière aussi possitive que possible est bien mais c’est encore MIEUX de le prévoir en amont. Sécuriser son exposition est une responsabilité voire une obligation, et l’Artiste qui aurait insuffisamment arrimé son matériel pourrait se voir refuser un remboursement…C’est souvent lors d’incidents que l’on voit la différence entre l’organisation professionnelle et la manière de faire des amateurs. A titre d’exemple, j’ai vu aussi la différence entre l’envol d’une toile de qualité payée au prix fort et l’usage de toiles bon marché qui se perçent facilement au moindre pépin… N’offrez à vos clients QUE de la qualité !!! (oui cela réduit vos marges mais c’est le bon choix)

Au risque d’être rasante je rappelle à tout le monde qu’il est absolument essentiel d’avoir une bonne assurance.

Par contre, il faudra prévoir de signaler au coup par coup à l’Assureur ses activités, c’est pour les amateurs un réflexe à prendre. Ayant autrefois eu un portefeuille assurances en Entreprises, je n’ai pour ma part aucun souci d’organisation à ce niveau… tout n’est que procédure, parfois cela prend juste cinq minutes mais cela peut être décisif lorsqu’une catastrophe survient. Cela n’arrive pas forcément qu’aux autres…

Pour ceux dont l’assureur ne fait pas d’extension de garantie, la Maison des Artistes a enquêté et indique des assureurs proposant des polices particulièrement adaptées aux Artistes. Mais il ne faut pas hésiter à se renseigner aussi auprès des assureurs spécialisés pour les commerces non-sédentaires (compter au minimum 150 € par année).

Très utile avant toute négociation :

  • listez de manière précise le risque à couvrir (à titre d’exemple un artiste travaillant souvent ailleurs que chez lui préfèrera faire passer son atelier par l’assureur s’occupant de ses locaux privés) et prendre une assurance séparée pour le transport et les expositions…
  • être honnête et tout mentionner (donc ne pas dire qu’on fait trois expositions par an si l’on on fait trois chaque mois)
  • faire la part des choses : ce qui est important avant tout dégât matériel c’est la prise en charge si un tiers est blessé directement ou indirectement via notre propre matériel.

Les risques sont différents si l’on expose en salon mais on n’est pas non plus à l’abri (incendie, inondation, vol). Trop souvent les organisateurs se déchargent… ou font signer des décharges… il faut donc absolument se couvrir personnellement et au coup par coup.

Une fois les besoins spécifiques bien listés… il faut démarcher à la fois les assureurs-de-proximité et ceux, plus loin, qui ont pignon sur rue… chacun y trouvera forcément son bonheur… et une exposition faite en sérénité est une exposition réussie.

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