Les craquelures à l’aquarelle

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Les craquelures sont spécifiques au travail à l’huile ou plus précisément huile-sur-toile car à l’origine on peignait sur bois (comme par exemple la Joconde… peu savent qu’elle est sur bois). Pour mieux comprendre les craquelures dûes au temps… il faut savoir que la toile brute est enduite de ghesso mais que dans les temps anciens on préparait une colle spéciale qui bien sûr s’altérait systématiquement au fil des siècles. Le travail était préparé par superposition de couches minces, de grisaille, de glacis (même sens & utilité qu’en aquarelle), empâtements etc…

En aquarelle, le papier peut légèrement se dilater en cas de variations d’humidité et le médium « suit » sans craqueler.

Mais parfois, en peignant, nous voudrions donner le rendu ancien… soit parce que nous avons un client qui le souhaite, soit parce que nous travaillons en nous inspirant d’un modèle ancien que nous n’avons jamais vu « sans » les fameuses craquelures…

En aquarelle c’est presque mission-impossible mais on peut approcher de très près l’objectif voulu, pour peu que l’on ait un minimum de patience.

Bien sûr, il existe quantité de produits mais avec quelques gros inconvénients : primo le coût de ces produits, secundo le fait que les crâquelures ne sont pas vraiment prévisibles en forme et direction, tertio reste le problème d’éthique pour les puristes comme moi qui ne souhaitent travailler (sauf démonstrations) qu’à l’eau et au médium.

Les produits destinés à modifier les propriétés du médium ou jouer sur les textures doivent généralement se superposer… et le rendu s’approche souvent d’un vernis. Or nous n’avons aucun recul dans le temps (plusieurs siècles) sur ces produits… Ceux qui néanmoins souhaitent en savoir plus feront bien de jeter un coup d’oeil au centre de ressources de W&N en gardant à l’esprit que la granulation n’est pas la même chose que les craquelures. Si l’on veut obtenir ces dernières avec des produits il faut aller piocher un peu dans les rayons acrylique & techniques mixtes. Il y existe des médiums à fissurer, des vernis à craquelures et autres produits… mais généralement ils sont faits pour être utilisés sur un support en dur.
A noter qu’il faut généralement associer plusieurs produits avec une couche intermédiaire (par exemple vernis à vieillir plus fiel de boeuf puis vernis à craqueler).Il faudrait donc au minimum faire de l’aquarelle sur toile… ou carrément sur du dur-enduit de gesso. On peut mais… pour moi c’est alors de la décoration et plus de l’aquarelle.

La solution consiste donc, si les craquelures sont assez grossières (comme de la porcelaine de vaisselle par exemple) à  peindre avec précision chaque craquelure. Un exemple ici avec un masque vénitien bien qu’à l’époque je peignais autrement qu’en ce moment :

Pour un travail de précision il faut combiner toutes les astuces possibles et imaginables… et connaître à fond tant son papier que son médium. Il faudra préalablement marquer au crayon (de bureau) les principales craquelures, sachant que sauf à vouloir faire un puzzle, on ne pourra pas les reproduire telles quelles si l’on a un modèle ancien.

Les craquelures d’un mur (voir interprétation fleurie ci-dessous) sont plus faciles à rendre que les craquelures sur de la vaisselle ou pire d’un tableau ancien comme citée plus haut…

D’autres craquelures sont visibles sur l’aquarelle suivante, inspirée de la fameuse huile de Vermer : la Laitière.  L’image sera montrée en plus grand dans un article séparé car cet exercice mérite quelques remarques… (dans google taper : Christiane ALLENBACH puis : LA LAITIERE)

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