Artiste et sang…

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Non je ne parlerai pas ici de l’étude sur les rouges et leurs différentes nuances, ni de l’utilisation du rouge et de ses ascuces… Il ne s’agit pas non plus de peindre au sang ni de signer un document au sang…  mais plus simplement il y a des cas où suite à une coupure (un artiste manie ciseaux & cutter sans parler de l’outillage d’encadrement) on se retrouve avec une tache de SANG sur du papier aquarelle.

Le sang comme nous l’expliquaient déjà nos grand’mères… est difficile à enlever, sur un tissus encore plus que sur une aquarelle.

On peut néanmoins oublier tous les additifs utiles pour du linge notamment blanc car l’aquarelle ne supporte (à titre d’exemple) ni amidon, ni eau oxygénée, ni javel. Oui-oui il y en a qui prennent du javel pour les effets spéciaux mais si on souhaite faire une aquarelle devant se garder intacte au fil des siècles, la règle d’or c’est de ne prendre que de l’eau et du médium, point-barre.
Primo c’est ainsi que le savoir-faire d’un Artiste se mesure (sans « béquilles ») et secundo c’est ainsi que les Collectionneurs préfèrent investir.

Bon alors concrètement, voici quelques conseils :

  • vous vous coupez, ayez le réflexe de vous tenir loin de votre papier… régler un problème en amont est toujours meilleur que d’avoir à le faire en aval,
  • ça n’a pas marché ? alors dans l’ordre, il convient de :
    • tamponner immédiatement à l’essuie-tout le papier aquarelle (essuie-tout ou linge : l’aquarelliste en a toujours sous la main).
    • Ensuite il faut soigner la coupure. Si elle saigne beaucoup, il est bon de lever le bras en compressant puis de saupoudrer la coupure de poudre d’argile et de « fermer » au sparadrap.
      Si elle saigne peu, on peut prendre un produit pour crevasses.
  • Puis sans attendre, il faut s’occuper à nouveau du papier car plus on tarde, plus le sang est difficile à enlever.
  • Cas du papier aquarelle de faible grammage ou de mauvaise qualité (genre Moulin du Coq, Montval…) on peut hélas oublier la retouche-parfaite : il faut retourner le papier et peindre sur l’autre face. Le Centenaire supporte un peu mieux…
  • Cas du papier de qualité comme par exemple : l’Arches, le Bockingford, le Saunders-Waterford et bien d’autres de cette « trempe »… on peut pratiquement faire disparaître le sang à 100 % surtout si l’endroit n’est pas encore peint.
    Procéder alors comme suit :
  • prendre un coton-tige et l’humecter
  • frotter doucement,  en croisant les sens ou par rotation. Un bon papier tiendra facilement la route. Dans l’éventualité où vous auriez trop frotté et que la surface ne serait plus lisse… il faudra égaliser à l’ongle et faire correspondre cette partie là à un endroit du travail comportant des couleurs non-uniformes…
  • Si la surface à nettoyer est plus importante, l’idéal est de frotter avec de la gaze mouillée si le papier est encore non-peint. S’il est peint… il faudra tenter le retrait au coton-tige mais l’aquarelle sera à retoucher.

Personnellement je ne mets jamais en vente une aquarelle ainsi accidentée mais elle peut très bien servir à une étude. Souvent, la sachant non-vendable, on a le courage d’innover techniquement et de pousser là où autrement on n’eût pas pris de risque.

Le mieux est bien sûr de repeindre sur l’autre face du papier.

Faire disparaître la tache de sang reste toutefois nécessaire les fois où l’on a déjà pris des heures à faire son dessin… ou les fois où l’on prend du format raisin. A noter que les papiers 300 g ou plus… supportent très bien un énergique brossage à l’eau donc une fois de plus il s’avère que l’on est toujours gagnant(e) à prendre du papier de haute qualité.

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