Marouflage papier sur toile

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La plupart des aquarellistes connaissent au moins le concept du marouflage sur le dur tel que le pratique F. Lamy que vous trouverez ici.

Moins connu est le marouflage sur toile.
Le principe m’ayant intriguée j’ai approfondi la question.

Le marouflage est une opération consistant à fixer un papier de faible grammage donc léger ou ondulant, sur un support plus rigide lequel peut être varié. Cela se fait à l’aide de colle forte appelée maroufle. Attention, cette opération n’est PAS à confondre avec la technique d’encollage au papier-peint que j’utilise pour les papiers de faible grammage dont je parle ailleurs.

J’occulte ici volontairement la technique liée à la « restauration » bien que ce sujet me passionne également… mais on va déjà partir de l’idée que pour en améliorer la présentation et la conservation, un papier fin, neuf, peut être marouflé sur du bois ou de la toile.

La technique orientale ne sera pas non plus évoquée ici car le maniement du papier de riz (qui est très délicat) exige quelques précautions techniques qui ne sont pas à portée d’une personne n’ayant pas déjà fait des marouflage « normaux ».

Maintenant, il faut savoir que lorsqu’on veut utiliser une toile comme support… on prend des risques. En effet elle est sujette à des dilatations et rétractations car sensible aux variations de l’humidité dans l’air… Personnellement je préfère un support dur mais bon… les français aimant la toile… ! …

Il existe toutes sortes de colles et de liants, et la gamme va du naturel au synthétique. Penser à rajouter aux colles naturelles un antiseptique sinon il y a risque de moisissures au fil des mois.

  • le papier à maroufler (donc à coller) doit toujours être plus fin que son support
  • si on opte pour la toile, la choisir en lin ou en toile synthétique mais il faut savoir qu’en magasin « pro » on la trouve prête à l’emploi, parfois même déjà enduite de colle.

Il faut préparer la colle en suivant les conseils du fabriquant pour les synthétiques ou faire sa colle « maison » si l’on dispose d’une recette fiable. Je n’évoque la technique que dans les grandes lignes… car très peu de personnes prennent le risque de maroufler.

Encollage dans l’humide

Sur toile tendue à l’agrafeuse ou par un système spécial (en bois) il convient de passer un mélange de colle [farine+peau].  Pendant que cela pénètre un peu, à plat on détend le papier à encoller à l’eau. La face peinte est bien sûr protégée par un papier de bonne taille, ou du tissus fin. Ensuite le travail est encollé, recouvert d’une fine mousseline et ré-encollé. Chasser la moindre bulle d’air et laisser sécher un à deux jours. On peut alors éventuellement donner un coup de fer à repasser.

L’avantage d’un encollage dans l’humide c’est que l’on peut poser par-dessus une planche et surtout un poids… on est donc sûr que tout sera parfaitement aplati !

Encollage à sec

  • Sur une table de tapissier (ou au sol si l’oeuvre est plus grande) poser un papier et y mettre l’oeuvre côté peint contre ce papier de manière à pouvoir encoller son dos. Ce papier est toujours plus grand que l’oeuvre.
  • Au pinceau large on étale la colle en la croisant bien (j’ai testé, on peut aussi l’appliquer à l’éponge faute de pinceau approprié). Attention à ne pas coller trop fort sur les bords (diluer la colle à cet endroit avec de l’eau). La colle vinylique se dilue pour moitié à l’eau. Faire des essais préalables.
  • Si on prend de la colle à papier peint il faut absolument faire des essais sur un petit papier avant. Elle doit à peu près avoir la consistance de crème chantilly (Astuce testée : la battre à la main aide à trouver la bonne consistance). Petit truc qui aide les débutants : partir du milieu en encollant et déborder d’une dizaine de centimètres.
  • Une fois le papier ainsi préparé (veiller à une parfaite uniformité de la colle) on pose par dessus un papier bien plus large. Le papier de riz en rouleau est parfait pour cet usage. Chasser conscieusement chaque bulle d’air sinon le travail sera foutu. Laisser reposer un à deux jours. On décolle ensuite le papier auquel l’oeuvre est maintenant fixée en tirant doucement dessus.
  • C’est à ce moment là qu’on choisit soit d’encadrer tel quel soit selon le style de travail, de maroufler sur une toile tendue ou sur un support plus rigide.
    Le marouflage se fait donc toujours en plusieurs étapes… voici un récapitulatif illustré.


« POURQUOI maroufler » ?

  • Si on a du papier de riz ou du papier de paille, le marouflage est obligatoire mais il doit se faire à sec, le papier risquant de déchirer au cours d’un travail à technique humide.
  • Si l’on a du papier aquarelle même de faible grammage, préférer le marouflage avec technique humide. Pour les formats carrés j’ai testé le marouflage d’aquarelle directement sur le bois du cadre… et j’en suis très contente.
  • Les cas de figure possible :
    • papier sur carton
    • papier sur toile
    • papier sur bois
    • toile sur carton
    • toile sur bois (choisir un bois ne risquant pas de se déformer et légèrement poncer avant encollage)
    • huile sur toile marouflée sur toile tendue (technique de rentoilage ou de doublage propre à la restauration)
    • huile sur toile marouflée sur bois

Le marouflage renforce donc les papiers fins mais les travaux au pastel ne sont pas compatibles avec cette technique. Idem pour les travaux avec une encre non indélébile.

  • Ceux qui souhaitent « cuisiner » pourront faire leur maroufle eux-mêmes. Un site qui explique très bien la procédure est : pigmentsrecettes (D.Damour).

Pour une aquarelle, inutile en principe de se faire tout ce travail. J’ai vu en salon-international des marouflages d’aquarelles pour une présentation plus moderne, je n’ai franchement pas aimé.

Il vaut mieux alors humidifier complètement son aquarelle, et la brocher encore humide sur un cadre. Petite astuce si l’on veut procéder ainsi : défaire une toile sur cadre achetée et bien observer comment sont découpés les coins. Elle se tendra en séchant et sera prête à être recouverte d’un fixatif ou vernis bien que là aussi je sois très sceptique, des « pros »  m’ayant prévenu que cela ternissait le travail.

De surcroît avec ces produits nous n’avons aucun recul dans le temps… alors qu’une aquarelle encadrée de manière traditionnelle se conserve quand à elle intacte plusieurs siècles… et a un tout autre cachet pour le collectionneur. Dans le pire des cas, une aquarelle malencontreusement en contact avec de l’humidité peut toujours être re-tendue et ré-encadrée, elle restera intacte si l’on prend soin de l’encadrer sèche et d’éviter les moisissures par l’usage d’un épais passepartout.

Utile : lien vers les encadrements maison, semi-pro et professionnels, ces derniers étant bien sûr recommandés.

-Avant

Comme toujours avant de rédiger cet article j’ai enquêté auprès de ceux qui pratiquent cette technique et surtout j’ai moi-même fait mes essais. L’article sera mis à jour à la lumière de nouveaux éléments par la suite.

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