autour de l’encre traditionnelle chinoise

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Ayant eu en cadeau un coffret de calligraphie chinoise… je vous invite à explorer les possibilités de ces outils non pas pour la calligraphie (que j’aime aussi beaucoup) mais pour la peinture à l’encre. Ce chapitre vient compléter l’article où j’évoquais déjà un peu l’encrage. L’encrage d’un dessin de style manga se fait à la bonne Encre de Chine mais l’encre pour Calligraphie est (nuance !!) de l’encre chinoise TRADITIONNELLE. Il s’agit d’un produit très différent pour une utilisation elle aussi différente.
>>> Travail à l’encre de Chine.

L’encre traditionnelle se présente en effet sous forme de bâtonnet. C’est pour cela  que l’on prévoit un support évidé (sorte de « cupule » pour ceux qui connaissent le terme dans son contexte celtique voire ésotérique). On y met un peu d’eau et… on frotte le bâtonnet d’encre d’un mouvement circulaire dans la cupule de la pierre à encre. Les bâtonnets ou bâtons d’encre comporte très souvent des symboles ou marques de fabrique et peuvent avoir des formes et des couleurs différentes.

La pierre à encre est tradition-nellement constituée de roche creusée puis polie. S’en servir est très « ritualisé » et la texture voire le son en sont appréciés par les spécialistes. Cet « ustensile » existe également en porcelaine mais son utilisation exige alors plus de finesse.

C’est la proportion de l’eau qui détermine les différentes « nuances » obtenues.

En tant qu’Artiste nous allons plus particulièremement nous pencher sur les utilisations de cette encre pour peindre. La calligraphie chinoise exige en effet des études plus poussées… L’encre est, en résumé, obtenue par addition de noir de fumée (après combustion) et de divers produits variant d’une sorte d’encre à l’autre. Le bois de sapin a une grande importance.

La bonne encre traditionnelle est d’une extrême dureté et dans la pierre il faut pratiquement la « moudre » par mouvement de rotation. Le bâtonnet doit pouvoir rester immergé dans l’eau et demeurer intact mais très curieusement on a toujours pris d’infinies précautions pour le préserver de l’humidité.

L’utilisation la plus facile pour nous occidentaux, reste le « lavis« . J’ai découvert récemment (et avant de recevoir mon coffret) que Victor Hugo pratiquait très efficacement cette technique. En voici un bel aperçu.

Les points communs entre le lavis à l’encre et le lavis à l’aquarelle sont la grande dilution du médium. Dans les deux techniques on peut l’appliquer sur papier sec ou sur papier humide. A l’aquarelle on peut faire des retraits, à l’Encre non. Mais on peut retravailler à l’aide d’un pinceau gorgé d’eau. A noter que le résultat est très différent à l’encre selon que l’on travaille à plat ou sur un plan légèrement incliné… l’encre se diffuse bien plus vite sur une surface humide que l’aquarelle…

Ceux qui ont déjà eu la chance d’observer des artistes orientaux auront remarqué leur grande assurance dans l’exécution de l’Oeuvre… cette spontanéité n’est obtenue qu’après de longues années de travail et de méditation.

Pour qui les travaux à l’encre conviennent-ils ?

  • pour ceux qui savent faire preuve de patience
  • pour rendre la perspective atmosphérique & subtilités
  • pour les études de valeurs en monochrome
  • pour ceux qui trouvent que peindre c’est aussi méditer
  • ceux qui ne craignent pas l’absence de repentir.

Les lavis bistres de Fragonard sont de toute beauté, cliquez ici pour en avoir un aperçu.

Alors que la calligraphie à l’encre traditionnelle chinoise se fait sur du papier de riz… nous pouvons faire les lavis sur les supports occidentaux que nous connaissons, donc pour moi le papier aquarelle ou le papier-calligraphie si son grammage est suffisant.

Peindre au lavis exige de bonnes bases en dessin et un geste sûr. Tellement sûr qu’un Maître sachant méditer pourra se passer d’un tracé au crayon alors que nous autres, pour un résultat regardable, ferons mieux de crayonner avant d’encrer. L’idéal est, comme pour l’aquarelle, de se préparer avant une vignette (ou croquis tonal). On travaille ensuite par superposition de « jus » plus ou moins dilués, sachant que les zones blanches ne doivent pas être mouillées ni peintes.

Petit détail technique qui a son importance : à l’encre, surtout au bâton d’encre… il est pratiquement impossible de se re-préparer un jus de la même densité ou couleur… il faut donc en préparer  suffisamment quitte à ensuite utiliser le reste pour autre chose.

Techniques :

  • laisser le papier complètement sécher entre deux couches (permet des contours « nets »)
  • appliquer la couche sur papier encore humide (permet des contours estompés)

Au lavis-encre, la technique du négatif reste possible.

En tant qu’illustratrice occasionnelle, j’adore travailler à l’encre et ses divers degrés de dilution permettent d’obtenir d’infinies nuances. On peut aussi travailler les contrastes avec une palette de nuances plus réduite. Les travaux graphiques à l’Encre ont, quant à eux, un rendu incomparable.

(j’ai fait des tests avant de rédiger mon article mais sur papier-bureau… des photos personnelles seront rajoutées dès que je disposerai de papier approprié)

L’entraînement « lavis » le plus ludique est sans doute l’exercice consistant à dessiner des bambous. C’est l’anti-stress parfait… Après bien sûr, tous les sujets sont possibles, qu’il s’agisse d’animaux, de paysages ou d’architectures.

En technique-mixte on peut aussi combiner Encre et Or… c’est du plus bel effet quand on maîtrise la technique…

Le lavis (uni ou dégradé) gagne à être souligné de traits à la plume !

Une technique dérivée du lavis consiste à faire un tracé à la plume et immédiatement (l’encre sèche plus vite que l’aquarelle) à faire des dilutions localisées au pinceau humide. Mais attention, l’encre se diffuse différemment que l’aquarelle…

Espérant vous avoir donné envie de vous y mettre……….

 

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