Les ombres en aquarelle

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Christiane ALLENBACH |INTERPRETATION SELON CROQUIS OUTDOOR PFAFFENHOFFEN AQUARELLE | PORTRAITS  | PEINTUREMAMANLOTUS | CHRISTIANE ALLENBACH |  BOY PABLO CORDON PMPTout d’abord quelques généralités concernant les ombres, sans entrer dans trop dans la technique et sans aborder la perspective des ombres qui elle sera traitée séparément.
Sans ombres pas de lumière… donc c’est un passage-obligé tant pour l’artiste-amateur que pour ceux qui fréquentent une Ecole Artistique dans le but d’orienter leur future carrière dans cette Voie. Dans les séances de travail sur modèles-vivants (l’indoor cumulant les sources de lumière) notre Enseignant nous faisait parfois dessiner une sphère… qu’il fallait ombrer « logiquement » sans en marquer le contour, c’est un exercice formateur à entreprendre avant ou en même temps que le sujet… Dans d’autres contextes, des professeurs enseignaient la même chose => toujours se faire une marque sur le papier, pour désigner d’où vient la Lumière. Ensuite peindre de manière « logique »…Astuce… à l’étape « croquis » marquer les endroits à foncer fortement… là où de gros contrastes mettront la luminosité en valeur.

 ALSACE | REICHSHOFFEN | AQUARELLE | PORTRAITS | PEINTUREMAMANLOTUS | CHRISTIANE ALLENBACH | ANDREAS MATTERNToujours à l’étape-croquis, il faut penser au rythme (succession cohérente clair/foncé). Les transitions seront « fondues » ou nettes selon le style de la peinture ou selon l’endroit… c’est une technique qui ici ne sera que suggérée…Le croquis-préparatoire ou vignette prend ici toute son utilité (lire aussi « les estompes »). En effet non seulement on pose les bases du futur travail mais… on peut encore éviter les boulettes à ce stade et travailler un ombrage particulièrement contrasté. Les personnes voulant faire trop vite, qui se passent de cette étape, peignent souvent leurs erreurs de raisonnement. Plutôt que de multiplier les aquarelles il faudrait chercher à en améliorer la qualité (dessin, composition).


On apprend généralement les ombres par une observation intensive combinée aux bases techniques.

Astuce : dessiner des arbres tôt le matin ou tard le soir lorsque le soleil est bas dans le ciel, cela fait des ombres intéressantes au sol et anime une aquarelle autrement statique… Sans tout de suite faire compliqué comme par exemple faire ressortir quelque-chose sur une partie que l’on ne peut pas ombrer ou travailler une fleur blanche se trouvant sur une table de même couleur… il est bon de juste se rappeler que les objets ou personnages que l’on met en scène sur le papier sont interdépendants et que les ombres de l’un agissent sur l’autre…Une ombre est généralement plus dense à sa base (j’observe un gros poteau électrique à l’instant même…) et plus légère à son extrémité mais il faut que son contour reste assez net (non flou). Les ombres se cumulent et se projetent sur les objets environnants.

Attention
Pour ceux d’entre vous qui pratiquent le dessin industriel… par convention dans cette discipline l’ombre propre d’un objet est toujours moins dense donc moins sombre que l’ombre que cet objet dessine au sol ou sur les objets environnants. Cela ne correspond PAS à la réalité que l’Artiste-Peintre devra chercher à traduire au mieux.

Dans ce monde de dualité… l’Artiste est plus qu’un autre sensible aux contraires car la Lumière ne peut être mise sur papier sans traduire aussi l’ombre… Il est généralement admis qu’une lumière puissante produit des contrastes très forts et qu’un ciel voilé présentant une lumière diffuse donne des ombres faibles en intensité et floues. Mais attention, l’observation sur le terrain passe toujours avant les conventions. Alors que plus haut nous parlions d’un rythme normal, la mode est actuellement, tant pour les fleurs que pour les portraits, à l’association de deux zones claires pour marquer une forte luminosité. Il y a d’autres techniques bien sûr… Mais d’éminents artistes nous font régulièrement remarquer que même dans les pays chauds où l’on s’attend à de forts contrastes, les ombres ne sont jamais si foncées qu’un débutant ne les ferait et présentent de belles dégradations… On peut donc se poser la question si les contrastes forts ne sont pas tout simplement un manque de technicité dans la traduction de la réalité ? Ou un désir d’interpeller, de fasciner…En cours on travaille souvent des croquis avec juste deux ou trois valeurs, maximum quatre. Cela permet d’aborder les valeurs et de comprendre comment ombrer.

A ce stade, ceux qui dessinent sans décalquer sont clairement avantagés car pour construire une tête ou un corps ils auront posé en premier sur le papier les masses géométriques et… en les suivant, la pose des ombres sera LOGIQUE. Une personne qui décalquerait passerait à côté de ce processus. Il faut savoir qu’au niveau des ombres, on ne peut prendre les mêmes libertés qu’au niveau du trait… qui bien que devant être juste, peut devenir intentionnellement dynamique et véhiculer des émotions. Lorsqu’on se plante dans les ombres, la dissonnance est perçue par celui qui regarde le tableau, et ce même s’il n’a pas étudié la Technique. Un débutant aura intérêt à se faire une échelle comprenant dix valeurs de gris… mais la plupart des professeurs n’enseignent pas comment ensuite utiliser cette échelle ni comment la rapprocher d’avec les couleurs, d’où une utilisation intempestive des logiciels pour transposer la couleur en valeur de gris. Résultat, presque personne ne travaille sur le motif et c’est fort dommage. L’un de mes  Enseignants m’a appris à faire une roue chromatique et à poser dessus un très fin tissus rouge appelé acétate. Faute d’en disposer, on peut trouver au supermarché un protège-cahier rouge… et s’en servir (c’est moins bien mais peut quand même rendre de bons & loyaux services). Au début on ne garde que trois valeurs (le blanc, un gris et du noir) et petit à petit on élargit son éventail de tons grisés.

En transposant le croquis-préliminaire en peinture, il faudra se rappeler que quatres valeurs sont un minimum et que plus il y en a, meilleur sera le rendu final. De belles (et logiques) ombres aident à COMPRENDRE un dessin ou une peinture. Parfois dans une aquarelle, on aura intérêt à travailler les valeurs un peu autrement que telles qu’on les voit sur le sujet. Mais la plupart des personnes qui s’intéressent aux ombres en aquarelle n’ont pas envie de brasser de la théorie, et veulent connaître des mélanges-de-couleurs-qui-marchent. Je vais en parler un peu, rien qu’un peu, car j’affirme haut et fort qu’il ne faut pas mettre la charrue devant les boeufs. Ce n’est quand même pas pour rien que certains étudient cela durant cinq années avant d’arriver à un rendu correct… donc… PATIENCE. C’est en multipliant les petits exercices simples qu’on gère au mieux et petit à petit, ses ombres.Il faut tout d’abord faire la distinction entre l’ombre propre et l’ombre portée. LA VALEUR DE L’OMBRE PROPRE EST MOINS DENSE QUE CELLE DE L’OMBRE PROJETEE. L’ombre propre est la partie de l’objet où arrive moins de luminosité. L’ombre projetée ou portée,  est l’ombre que ce même objet laisse soit au sol soit sur ce qui l’environne. On la construit géométriquement en perspective et à la louche pour les silhouettes vivantes et végétaux. Les couleurs d’une ombre ne seront donc pas les mêmes sur une scène peinte en plein air sous un ciel bleu que sur une nature morte peinte en intérieur.En effet, le Peintre utilise souvent la complémentarité des couleurs, sinon les ombres sont trop grises voire froide & artificielles. Ceci dit, en partant des primaires on arrive non seulement à faire de beaux gris mais très vite on « comprend » aussi ce qu’il faut utiliser pour les ombres…

Ci-après quelques exemples qui marchent… mais c’est à chacun, en fonction de sa Technique et de son style, de décider..

.on peut  foncer du vert en lui superposant :
– du bleu
– de l’orange ou certains rouges

Pour un arbre on peut mixer sur le papier bleu et gold-ocre…

on peut foncer du jaune en l’associant :
– au violet
– ou l’ombrer avec jaune, violet et bleu

on peut foncer du bleu avec :
– du sépia
– de l’ocre rouge
– de la terre de sienne brûlée (marche bien avec outremer)

on peut foncer du rose avec :
– [rose + bleu]
– [bleu clair genre garance + touche de vert]

on peut foncer de la terre d’ombre brûlée :
– au bleu
– [brun+violet]

L’ombre du vert :
– vert + rouge + bleu

L’ombre du brun :
– brun et bleu etc…

la liste est longue et je ne donne ici que quelques pistes.

En général, l’ombre s’obtient avec sa couleur et sa complémentaire puis une pointe de bleu.

Attention aux quantités sinon on vire facilement dans la gamme des gris. Les gris châtoyants (sur base des primaires, inutile de taper dans l’onéreuse gamme des « luminescents » de D. Schmith )).

Un gris peut aussi se faire avec seulement deux couleurs pour les plus avancés (violet et jaune, vermillon & prusse par ex).
Lire aussi le chapitre « teintes neutres« .

Les ombres s’appliquent généralement en lavis sur travail sec bien que par endroits on puisse injecter de la couleur dans l’humide. Il faut se rappeler qu’en aquarelle, la valeur du blanc doit être pensée dès le début car il s’agit simplement de ne pas peindre cette zone. On peint ensuite tout ce qui est éclairé, cela fait la deuxième valeur, puis après séchage on marque les ombres. Après re-séchage on pose de franc contrastes par endroits.

Certains bords gagnent à être laissés francs, d’autres à être cassés et expérimenter cela apporte énormément de joie.Penser à appliquer les opaques en dernier (sauf technique spéciale).En paysage comme en portraits, certains posent les ombres en premier, d’autres à la fin. Si on les pose à la fin, il faut en faisant le crayonné se faire de léger repères… Je pratique les deux selon l’effet souhaité. Dans tous les cas il faudra éviter plus de trois couleurs en mélange sous peine de ternir.

Toujours bien « soigner » la séparatrice. La séparatrice désigne la limite entre les parties d’un objet ou d’une personne qui est éclairée par le soleil (ou une lumière) ET la partie du même sujet qui est dans l’ombre.  Tous les points de cette ligne admettent des rayons comme tengente.


Après les généralités où les nuances et leurs subtilités furent développées, voici une partie un peu plus techniques pour ceux -rares- qui tentent de dessiner plus juste. Je vous livre l’enseignement comme je l’ai reçu moi-même des Anciens qui eux-mêmes l’ont reçus de leurs Anciens…

Par définition (et ça marche sur tous les plans pas qu’en dessin) l’ombre est la privation de lumière.

Cette privation intervient par le biais de nuages, de végétation plus ou moins dense, ou lorsqu’un bâtiment, des rochers ou une montagne, interceptent le Soleil.

Attention… à l’équateur, la durée du jour est équivalente à celle de la nuit. Chez nous en Europe c’est seulement à peu près le cas à l’équinoxe du mois de mars, et à celle de septembre. Cela s’explique que la terre tourne à la fois autour du soleil et autour de son propre axe mais attention il est oblique et pas droit (son inclinaison est d’environ 23°). Ce point est vérifiable en partant d’une égale distance de l’équateur à la fois vers le haut et vers le bas de la terre : si l’axe de rotation terrestre était vertical, on y relèverait des équivalences jour/nuit… mais ce n’est pas le cas…  Cet axe de rotation reste toujours dans la même inclinaison tout au long de l’année…

Dans les moments où le jour et la nuit ont une durée égale, le soleil semble décrire autour de notre hémisphère un demi-cercle de 180 °. Admettons qu’il ait comme centre le centre de notre hémisphère et qu’il représente notre hozizon… debout dehors, à midi-pile, nous n’aurions aucune ombre au sol… De même, un bâton n’aurait alors aucune ombre.

Mais dans nos contrées européennes, hélas nous nous éloignons de ce principe…  et même à midi-tapantes, on peut observer de petites ombres…

C’est pour cela que, dans les dessins, souvent les Artistes se facilitent la tâche par des conventions. C’est ce qui est systématiquement à faire si l’on part d’une photo prise par temps couvert. Si l’on travaille dans la nature, on peut se contenter d’observer minutieusement.

Mais avant de les développer il faut savoir que chaque être vivant et chaque objet soumis même partiellement à l’éclairage du soleil, ont une ombre propre et une ombre portée.

Les rayons du soleil qui viennent frapper un objet n’arrivent que d’un côté… l’autre côté, celui qui n’est pas éclairé, n’est visible que par la lumière réfléchie.  C’est la lumière DIRECTE. Cette partie ainsi dans l’ombre et non directement éclairée est nommée ombre propre.

La lumière réfléchie est la lumière n’arrivant pas directement du soleil : cette lumière tombe alors sur les objets environnants, qui la renvoient.  A titre d’exemple, le bout de lune que nous voyons la nuit c’est de la lumière réfléchie…

Un dessin étant plus LISIBLE avec de belles ombres, par convention on place souvent le soleil, que sur le papier on matérialise par une petite croix… de manière qu’il forme un angle de à 45°. Pourquoi justement 45° ? parce que les ombres portées donc projetées par un être ou objet, sont alors égales aux saillies des surfaces (verticales ou horizontales) qui portent ces ombres. On obtient les 45° sans rapporteur avec la diagonale d’un cube de face.

C’est très pratique en dessin… car il suffit de faire glisser une équerre le long d’une règle et de partir de chaque  « point » qui porte ombre… on peut aussi le faire avec une autre inclinaison … puisqu’en effet par convention également on admet que les rayons du soleil sont parallèles contrairement à ceux d’une lampe. Il faudra juste se rappeler que  : l’ombre est… inversée… l’ombre est égale aux saillies… et les ombres s’additionnent…

Exemple « simple » ci-après, le reste pouvant être développé en cours (sur demande) :

CHRISTIANE ALLENBACH OMBRES SI SOLEIL

 

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