Le CALAME et l’aquarelle

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La plupart des Artistes connaissent le Calame, outil qui nous vient de l’Orient et qui était avant tout utilisé pour la Calligraphie avant de servir en Art.

Le calame se taille la plupart du temps dans le roseau ou le bambou, et on peut facilement le faire soi-même, en prenant au rayon jardinerie un tuteur (qui doit être bien sec, on en trouve de différents diamètres). J’ai aussi quelques calames faits dans le bois de vieux pinceaux.

Sinon, le calame se trouve dans le rayon Calligraphie de la plupart des gros fournisseurs de matériel artistique.

La plupart des Aquarellistes font l’impasse sur le Calame parce que théoriquement il nécessite l’usage d’Encre de Chine… et donc ce travail passerait sous la dénomination de « technique mixte » et plus d’aquarelle. C’est le cas pour le petit croquis ci-dessus, fait à partir d’un modèle vivant.

Pour la taille j’utilise un cutter. Les premières fois on loupe un peu la taille en courbe mais il est facile de « reprendre ».

Les raisons pour lesquelles nous pouvons avoir envie de faire usage du calame c’est que lorsqu’un travail nécessite une partie dessin et un style de trait particulier, le calame convient mieux que le pinceau. Il offre un contact très agréable avec le papier (sec !!!) mais éviter le « rough ». Le sketchbook « bambou » est particulièrement adapté au travail avec calame.


Le calame met du mouvement dans une Création si on garde les traits purs sans les faire baver.
En bois ou en bambou, il nécessite d’être retrempé à chaque trait, car il n’a pas de réserve.
A noter toutefois qu’un mélange [eau+aquarelle] permet des traits plus longs que la pure-Encre de Chine. Le travail au calame exige de démarrer à sec (soit sur feuille blanche soit sur papier déjà aquarellé et bien sec).

Son utilisation est très différente de celle d’un pinceau.

Ce que j’aime, avec le calame, c’est que le tracé est « vivant » et anime donc une aquarelle un peu inexpressive.

Il convient aussi lorsque le rendu aquarellé est assez plat par manque de modelé… compléter le tracé en appliquant à sec des lignes au calame donne alors un nouveau style à l’oeuvre, et permet de la démarquer de la tendance réaliste. Le calame n’est pas obligé de suivre les contours de l’aquarelle, bien au contraire… il peut suggérer au regard de partir dans une autre direction.

Techniquement, pour se servir d’un calame sur feuille blanche et face à son sujet, il y a deux cas de figure :

  • on a déjà fait un léger tracé au crayon et on pourra alors spontanément passer le calame en jouant sur les pleins et les déliés,
  • on travaille instinctivement sans passer par la phase « crayon »… il faut alors être sûr(e) de son tracé et maîtriser pleinement la gestion des espaces-vides car on n’a AUCUN REPENTIR. Dans le cas d’un dessin de silhouette humaine au calame il faut connaître ses canons sur le bout des doigts et ne plus avoir besoin de repères. Pour arriver à ce stade, il faut passer une après-midi entière à restituer uniquement des espaces-vides pour rendre différents sujets… c’est un peu rébarbatif mais très formateur.

Le calame s’utilise par la pointe… ou en le prenant côté plat pour étirer le médium en vue de colorer une plus grande surface. On peut ou pas compléter le tracé au calame avec des étirement de médium au pinceau ou des faire rehauts clairs avec d’autres médiums, ce qui apportera à l’Oeuvre un aspect « strong ».

En dessin-pur, le calame gagne à être utilisé sur du papier genre emballage, présentant un léger relief (Lana en produit de bons).

En aquarelle, prendre du papier à grain fin ou satiné.

Là où j’innove, c’est qu’au lieu de prendre de l’Encre de Chine, je trempe désormais mon Calame dans… de l’aquarelle préalablement diluée et mise en godet. Cela permet d’obtenir toutes les couleurs de traits et d’avoir des lignes chromatiquement en harmonie avec l’aquarelle. Ci-dessous un tracé de lignes aléatoires où seul l’intensité du noir permet de différencier les lignes tracées à l’aquarelle et à l’encre… encore qu’en prenant du noir de chez white-night… on obtient un résultat très proche de l’Encre de Chine.

Le calame ne convient PAS aux travaux de type « manga » lesquels sont de préférences encrés à la plume, au crayons ou maintenant à la tablette… mais aussi parce que, pour une bonne gestuelle, il faut travailler sur des pages de format raisin.

En déplacement je préfère emmener mon calame-bois, il est moins fragile que le calame en bambou. La durée de vie d’un calame est égale à celle d’un bon pinceau soit plusieurs années. Cela dépend aussi en partie des soins qu’on lui apporte (lavages, retaillage, préservation des chocs).

J’utilise avec parcimonie le calame en aquarelle car il ne correspond pas vraiment à mon style mais je m’en sers parfois pour mes travaux 100 % Encre-de-Chine.

Par contre, en démonstration, j’en explique souvent l’usage.
Je « montre » tous les outils et tous les styles liés à l’Aquarelle, pour permettre aux intéressés de tout tester avant d’opter pour telle ou telle technique.

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