Aquarelle et gomme arabique

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Article actualisé le 31.08.2017


Plutôt puriste, je n’utilise guère certains produits conçus à mon avis pour pallier un manque de savoir-faire technique ou pour obtenir des effets spéciaux. Mais il est parfois bon de savoir qu’ils existent et ce qu’on peut en faire. La gomme arabique en fait partie.

La gomme arabique est un produit provent de la sève d’arbres de la famille des acacias. C’est l’un des composants de l’aquarelle (médium) pour ses qualités de liants et de conservation.

Utilisations possibles pour l’aquarelliste-averti :

  • rajouter quelques gouttes à un lavis
    • ce procédé est censé augmenter la fluidité et la brillance après séchage. Pour ma part, j’ai fait une mauvaise expérience car une certaine aquarelle même bien sèche, n’a pas pu être regardée de biais pendant longtemps parce qu’on discernait encore très clairement les zones peintes avec adjonction de gomme arabique par rapport aux zones 100 % pure-aquarelle. CE N’EST QU’APRES PLUSIEURS ANNEES QUE CETTE BRILLANCE A DISPARU.

 

  • s’en servir comme retardateur de séchage
    • Là aussi, prudence car la brillance se voit ! Une bonne technique en aquarelle compense largement la nécessité de retarder le séchage.

 

  • réaliser des structures, donner une impression de matière
    • à essayer mais une bonne étude des PIGMENTS et de leur propriété permet par le seul mélange de certaines couleurs, d’obtenir assez d’effets intéressants…
    • On peut pratiquement TOUT faire avec l’aquarelle et rien que l’aquarelle.

 

  • faciliter les projections
    • le mélanger au médium, peindre, attendre le bon moment (voir les cycles de l’eau ici) puis projeter. Personnellement je trouve qu’il faut attendre trop longtemps, je préfère projeter sans ce produit.
    • La gomme arabique n’est pas nécessaire si l’on sait choisir comme il faut son papier et son médium, ce qui fait aussi partie de la Technique artistique au même titre que l’aptitude au dessin…

  • Un ami allemand m’a appris à enduire le papier aquarelle de gomme arabique et d’attendre le séchage complet pour peindre. Mais hélas les choses positives que l’on retire sont contrebalancées par grand’nombre d’inconvénients comme par exemple :
    • on ne bénéficie plus des avantages d’un papier de qualité… techniquement conçu pour être utilisé « pur »
    • les FUSIONS sont quasiment inexistantes
    • le travail au double-pinceau n’est pas possible
    • à proscrire absolument : les retraits à l’essuie-tout, lequel reste carrément collé sur le travail
    • ce liant disparaît au bout d’un certain temps ce qui fragilise une oeuvre que l’on voudrait garder pour la postérité. C’est l’une des raisons majeures pour lesquelles je ne me sers PAS de ce produit.

J’ai testé ce produit sur du papier de qualité (Arches 300 g que je connais par coeur) AVEC DES TRANSPARENTES, DES SEMI-OPAQUES ET DES OPAQUES.

Ce qu’on peut éventuellement faire avec ce produit (mais ce n’est pas tellement mieux que sans) c’est :

  • le salage au sel fin ou gros
  • des retraits par grattage (mais ils ne sont pas meilleurs que sans le produit, on ne récupère pas plus de blanc, la seule chose c’est qu’on a un peu plus de temps pour le faire)

La gomme arabique s’achète en poudre, en grains ou (mieux pour un aquarelliste) en liquide. Elle a alors une consistance assez visqueuse. Le meilleur produit provient de l’Est-africain : ne pas prendre les autres ! Si on la prépare soi-même en partant d’une poudre, il faut le faire la veille et laisser reposer. 

voici une photo montrant sa viscosité :

Les peintres qui font des grands formats se procurent souvent les pigments bruts et font leur médium eux-même par adjonction de la gomme arbique. Prendre une mesure de gomme arabique pour quatre mesures d’eau, bien mélanger et incorporer un peu moins de pigment que de gomme arabique. Choisir des godets convenant à la taille des pinceaux parfois énormes…


A mon avis, la meilleure utilisation de la gomme arabique reste la détrempe, technique ancienne aussi appelée tempera et très courante AVANT l’apparition de la peinture à l’huile. Voici un exemple de détrempe… qui exige un savoir-faire encore plus pointu que l’aquarelle mais n’est plus utilisée actuellement que par les RESTAURATEURS d’oeuvres anciennes.

Sinon, en aquarelle, enduire le papier de gomme arabique avant mise en peinture permet d’excellents retraits au pinceaux. Mais on n’apprend nullement la technique du retrait puisque le produit fausse les résultats par rapport au papier pur… il vaut mieux acquérir la bonne gestuelle et on pourra faire des retraits efficients sur n’importe quel papier même sur du Arches… (si-si je vous assure !!!).

Par contre, une utilisation agréable de ce procédé peut se faire pour la confection des marque-pages et des cartes de voeux car le pinceau glisse alors sur le papier comme par exemple si l’on peignait sur toile ou sur yupo. Cela permet d’obtenir des fleurs stylisées d’une grande beauté en monocouche.

Voici l’un de mes échantillons « tests » sur lequel j’ai fait des retraits au pinceau, à la CB, des projections qu’on ne voit presque pas et un saupoudrage de sel fin… donc à retenir : c’est pour les retraits au pinceau que ça marche le mieux.

Info :

pour les mixed-média… on peut obtenir une excellente ENCRE en mélangeant de la gomme arabique avec l’encre du champignon nommé COPRIN NOIR D’ENCRE. En voilà une bonne nouvelle.

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