Stylo-Pinceau-Plume japonais Pentel

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Dans mon article « comment encrer un dessin » je parlais entr’autres de ce pinceau-plume, qui est polyvalent et mérite qu’on s’y attarde un peu plus.

Tout d’abord il convient de stipuler que si vous le cherchez, il ne faut aller ni au rayon des marqueurs ni au rayon des pinceaux, car hélas ce pinceau est classé (par le Géant comme par d’autres fournisseurs) parmi les stylos & feutres… petit illogisme car il fonctionne vraiment comme un pinceau.


Officiellement il s’appelle stylo-pinceau. Sa pointe est constituée de soies synthétiques et son alimentation d’encre se fait par cartouches.

J’ai testé cet excellent « outil » de différentes manières pendant plusieurs années avant de vous en parler.

Tout d’abord… si vous pouvez, achetez-le hors de France, il vous coûtera à peine 18 € au lieu des 24,50 € qu’affiche actuellement (février 2014) le Géant des Beaux Arts…

Ensuite, tout comme il faut préparer un pinceau normal avant sa première utilisation, il convient, ici également, avant de charger une cartouche, de laver très doucement les soies avec un savon spécial-pinceaux, et de bien rincer. Ensuite on met une goutte d’eau au niveau « alimentation-cartouche » et on souffle très fort… après on peut installer la cartouche. Mais surtout, attendre patiemment que l’encre descende, en tenant le stylo à la verticale. Ne jamais écraser les soies sur le papier en pensant que ça arrive plus vite. Le poser dans un pot et l’oublier une heure ou deux est une excellente solution.

L’usage de ce stylo-plume est initialement l’ILLUSTRATION, mais cela sous-entend que le format soit suffisamment grand car sauf à avoir une main aérienne,  le trait a quand même tendance à s’épaissir.

Je l’emmène en outdoor pour certains types de croquis.

Il convient également aux techniques mixtes [Encre + aquarelle] ou [encre + acrylique] mais attention : le support doit alors être parfaitement SEC sinon les soies s’abîment irrémédiablement. La durée de vie moyenne de cet outil, avec une utilisation régulière et quelques bons soins, est de quatre années.

Ce qu’il ne faut PAS faire c’est de la pointe de cet outil, vouloir couler un peu de noir dans du mouillé-aquarelle. Après plusieurs dérapages de ce type, les soies seront foutues… totalement irrécupérables. Si vous avez besoin de faire ce type de chose, achetez un godet de noir de chez White-Nights, il est méga-opaque, ne fait pas d’auréoles,  et vous donnera entière satisfaction.

Côté gestuelle il ne faut pas le tenir comme un stylo, c’EST bel et bien un pinceau. Il a la particularité de faire de la granulation si on le passe très rapidement et un peu à plat sur le papier, et c’est utilisable pour traduire une troisième valeur entre le blanc du papier et le noir-parfait… ceci pour les travaux en monochrome. Si on veut une ligne bien nette, il faut ralentir le tracé.

Côté qualité d’encre, elle est extra et indélébile.

Bémol : n’espérez pas l’utiliser en complément d’un travail à l’Encre de Chine car le noir n’est absolument PAS le même et le travail serait irrémédiablement gâché surtout en l’examinant de biais. Donc à associer éventuellement avec un autre médium mais pas avec une autre encre du moins pas avec une noire.
Cet outil peut avantageusement être associé aux encres couleur de chez Sennelier ou encore mieux, celles de chez Rohrer & Klinger (Leipzig)

Dans un autre ordre d’idées, des fois qu’il servirait dans un travail polychrome, il vaut mieux l’appliquer en premier pour garder sa pointe aussi longtemps que possible en bon état.

S’utilisant aussi dans le même esprit que les pinceaux japonais, on peut selon le degré de la pression qu’on exerce, contrôler le tracé pour par exemple faire du feuillage… on appuie très légèrement à la base de la feuille, de manière soutenue en son milieu pour alléger de nouveau la pression à la pointe de la feuille ce qui fait une feuille d’un seul geste un peu comme dans la technique japonaise appelée sumi-e. Le mot sumi se traduisant par encre.

Je précise en passant que l’art japonais a connu quantité d’alternances entre les influences extérieures et le repli-sur-soi… allant du monochrome au polychrome… et il en est ressorti un style d’expression d’une très haute qualité picturale, composé de beaucoup d’oppositions, de contrastes, d’harmonie et aussi de dépouillement. Dès les années 1940 naquirent aussi les mangas qui comme les autres formes d’art, traduisent en permanence l’opposition entre le style oriental et occidental.

Cette petite parenthèse est à mon sens utile car l’usage du stylo-plume devrait se faire dans la même optique que l’usage d’un pinceau : chaque geste est mûrement réfléchi et découle à la fois d’une longue observation et d’une technique maîtrisée.

En ce qui me concerne, j’utilise de préférence ce stylo-plume en extérieur car il m’évite d’emmener tout mon attirail de plumes et mon pot d’encre… je garde le souvenir d’un t-shirt marqué à jamais… en Atelier je préfère de loin le vrai pinceau et la bonne vieille encre de Chine.

Le stylo-plume reste toutefois une alternative plus que valable et pour rien au monde je ne m’en passerais… je ne peux donc que le recommander chaudement à chacun(e)…

Article fait en 2014 et là en 2017 je suis toujours aussi « fan » de cet outil.

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