TEST | Papier aquarelle Fabriano Grana fina, 25 % coton

TEST | Papier aquarelle Fabriano Grana fina, 25 % coton

Selon le fabricant, ce papier est fait avec d’un mélange de coton (heu… juste 25 % c’et insuffisant !!!)  et de cellulose sans lignine et bien sûr sans acides ce qui offre l’avantage de préserver l’aquarelle au fil des décennies.

Le collage est fait à la fois en masse et en surface ce qui assure une excellente absorption du mélange [eau + médium].

Par contre, c’est un papier à réserver aux étudiants, il ne convient PAS pour les travaux de qualité car on ne peut pas en tirer grand’chose.

Son grain est dit « fin » mais on n’y retrouve pas les avantages du papier satiné de la même marque. A titre d’exemple il est tout à fait IMPOSSIBLE de faire un travail correct à la bougie sur ce papier, les effets voulus sont trop granuleux :

En ce qui concerne l’ouverture des blancs et le travail à l’éponge-magique, ça marche presqu’aussi bien que sur l’extra-white du même fabricant mais c’est bien là le seul avantage de ce papier à mes yeux.

Dans le mouillé ce papier n’a de loin pas les capacités des papiers de qualité que j’ai l’habitude de prendre (Arches, Bockingford, Waterford etc) mais il est vrai que cette technique est à réserver aux plus expérimentés et que le grain fin de Fabriano est plus spécifiquement destiné aux études.

lire aussi : les cycles de l’eau et comment tremper son papier

Les fusions de couleurs sont à peu près satisfaisantes et le travail avec les auréoles également, j’ai testé.

Un des avantages pour moi de ce papier c’est que son format de 36 x 48 cm me permet très exactement de faire des marque-pages sans chûtes (lire comment ici).

Ce papier s’accomode de tous les médiums mais les cadmium ont un rendu particulièrement lumineux si on les utilise purs et convenablement dilués.

Ce papier est idéal au travail en monocouche et peut convenir aux techniques mixtes encre et aquarelle, ou alors aux croquis aquarellés. Il n’est pas possible de travailler avec efficience en superposant plusieurs couches de médium car le papier n’absorbe pas de manière uniforme et on se retrouve facilement avec de petits désastres difficiles à gérer par les débutants, en voici un exemple  (sur seulement deux couches alors j’ose à peine imaginer comment ce serait avec plus…) :


Pour le fond ou arrière-plan… même sur papier bien trempé, le médium pénètre trop vite et on n’a pas le temps de faire migrer les pigments… d’où mon conseil : papier à utiliser plutôt en petit format et pour de petites choses…

Lorsqu’on examine & teste un papier on tient compte de son grammage, de son grain, de sa teinte (pour les fleurs il faudrait du extra-white), de son pouvoir d’absorption du mélange [eau + pigment] et de sa tenue lorsqu’on lui inflige différents traitements et effets spéciaux.

Un autre avantage de ce papier, c’est qu’il peut facilement être tendu sur châssis pour ceux qui sont « fans » de cette méthode. Personnellement je préfère celle de l’autrichien Baxrainer qui m’a autorisée à la traduire en français, vous trouverez la technique en cliquant ici.

Tous les pinceaux peuvent bien sûr être utilisés avec ce papier mais on ne peut de loin pas le passer à la brosse, donc même si les « retraits » sont localement possibles, on a tout de même très peu de repentir au cas où on se planterait sur une grande surface. Par contre, pour faire des rochers, la technique de la carte bancaire convient à ce papier à condition de bien laisser sécher entre deux couches faute de quoi on va tout droit à la catastrophe.

NB. : j’oubliais : ce papier supporte l’application du scotch de bureau pour avoir les bords net… on peut l’enlever sans souci contrairement par exemple au Hahnemühle. Mais cela marche quand même moins bien que sur le Arches.

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CHRISTIANE ALLENBACH RETOUR ACCUEIL facebook sous ALLENBACH CHRISTIANE WATERCOLOR