Les pinceaux chinois

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Initialement conçus pour la peinture à l’encre et la calligraphie, les pinceaux chinois peuvent également être utilisés sur de la soie et pour tous ceux qui aiment dessiner au pinceau, pour l’AQUARELLE.

La qualité de ces pinceaux est parfois contestée parce qu’ils ne sont pas très onéreux mais pour moi cet argument ne tient pas la route. Cela fait maintenant plusieurs années que j’ai le même pinceau chinois, je ne le ménage absolument pas… et il est toujours aussi bon qu’au début. Le voici :

Le médium idéal pour accompagner ce pinceau ce sont bien sûr les aquarelles chinoises que je trouve excellentes, mais j’utilise également avec beaucoup d’efficience W&N, Sennelier ou White-Nights avec le même pinceau.

En fait, la qualité de ces bons pinceaux dépend grandement des poils utilisés :

  • chèvre
    • ce sont des pinceaux souples qui ne gardent pas la forme suite à une technique particulière. Les poils de ces pinceaux sont généralement clairs à blancs. (ma lumière est jaune, désolée)
  • loup
    • Le poil est rigide et ne convient qu’à certains travaux mais le trait fait avec ces pinceaux est très dynamique. Les poils de ces pinceaux sont généralement bruns (clairs à foncé).

  • loutre
    • Ces pinceaux permettent un tracé très précis, et dynamique presque comme les pinceaux synthétiques tout en ayant une plus grande souplesse que ces derniers. Ils sont brun-clair à pointe presque blanche.
  • martre
    • foncés, ces poils montés sur pinceaux chinois sont généralement très touffus.
  • mixtes
    • En version mi-chèvre | mi-loup, ces pinceaux permettent des tracés d’une grande souplesse et d’une extrême précision
    • Parfois les pinceaux chinois sont faits à base de belette, d’écureuil, de plumes de poule, de poils d’équidés, daim, lièvre, ours, oui carrément en oreilles de boeuf pour imiter la martre (!!)

Moins connus, les pinceaux chinois larges, sont faits en chèvre (donc blancs) et existent en différentes largeur. Personnellement je n’utilise que très peu ce type de pinceaux qui permet cependant de se forcer à peindre en évitant les détails.

En Chine on peut aisément essayer son pinceau en magasin avant de l’acheter… en Europe c’est très rare sauf directement chez un Artisan. Mais bon, vu leur prix modique, on peut le tester sans trop avoir à s’en mordre les doigts ce qui n’est pas le cas de tous les pinceaux pour aquarellistes (j’en ai vus et touché à plus de 300 € la pièce !!!).

Mais attention : la peinture chinoise est en Essence et en apparence, très différente de la nôtre. C’est à la fois une question de culture et de philosophie… De surcroît, les travaux à tendance orientale laissent tous une extrême place au « vide »…


A tous ceux qui souhaitent essayer les pinceaux chinois, je conseille l’achat d’un coffret… cet investissement est minime par rapport au prix unique d’un pinceau et permet de disposer au minimum de cinq pinceaux en poils de chèvre et de cinq pinceaux à poils de loup, de tailles différentes bien sûr.

En plein-air, emporter un seul pinceau chinois me suffit amplement, je fais tout de A à Z avec lui. Certains le complèteront par un pinceau à lavis… comme quoi il ne faut pas forcément grand’chose en matériel, c’est l’Artiste qui fera toute la différence.

Dans tous les cas je recommande chaudement ce pinceau à tous les Peintres pour qui les lignes et leur justesse ont de l’importance. Si vous faites partir vos mouvements du poignet ce type de pinceau ne vous conviendra pas du tout. Si au contraire comme en Orient vous faites partir votre mouvement du coude et parfois de l’épaule ou du corps entiers… les pinceaux chinois feront votre bonheur, surtout si vous aimez un rendu brut ou si vous travaillez à deux-pinceaux.

Petit bémol : le cordon d’accrochage au bout du manche ne permet pas la même utilisation qu’avec le manche pointu d’un pinceau, il faut donc disposer d’un autre outil pour compléter le pinceau chinois. D’où pour moi le choix d’un pinceau à lavis à manche pointu… qui fait double usage.

L’utilisation du pinceau chinois amène à la réflexion avant de mettre son émotion sur papier, et à une technique  plus « mûre ».

Que ce soit indoor ou outdoor, j’utilise chaque jour mes pinceaux chinois, même pour les portraits. D’ailleurs, le grand Liu Yi (figuratif) en a magnifiquement fait une démonstration à Izmir, récemment. Après ça on ne dira plus jamais qu’on ne peut pas TOUT faire au pinceau chinois

nb. : pour tous ceux que le système d’accrochage déroute… ce n’est pas pour rien que mes anciens collègues m’appelaient Mac-Gyver… j’ai inventé un système simple et efficient rien qu’à partir de matériel de récupération… voir mon article ici et merci de votre visite

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