Tour d’horizon sur le CHEVALET et ce qui gravite autour

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Après le Guide « avec ou sans chevalet » voici le chevalet au fil du temps…

Selon Wikipédia Le chevalet est un support utilisé en peinture pour tenir l’œuvre en cours de création. Il existe différents types de chevalets, des petits chevalets de table servant à présenter ou travailler sur une œuvre de petite dimension jusqu’au grands chevalets d’atelier à socle en H pour les toiles imposantes, en passant par les chevalets de campagne pliables et transportable. On utilise généralement un support pour l’œuvre qui sera positionné sur le chevalet. Lorsque le support de l’œuvre est une toile, elle est généralement fixée sur châssis. Lorsqu’il s’agit de papier ou carton, il d’usage de le tenir sur une planche à dessin, via des pinces à dessin, ou du ruban adhésif repositionnable. L’un des meilleurs chevalets est fabriqué par Hillmayr mais revient à 250 €  (hors port).

Pourquoi cet article ?

Sûrement pas pour remplir des pages mais parce que je constate qu’actuellement les cours font foison mais le savoir concernant les positions de l’outil de travail et la position du corps et les avantages de tel-ou-tel-choix… sont souvent passés sous silence… 

L’histoire du chevalet est incontestablement liée à l’histoire du papier car à la préhistoire on peignait sur des parois rocheuses et, assis autour du feu, on sculptait… plus tard on peignit sur des peaux, des écorces d’arbres, des os, et divers autres supports. Le premier papier dont l’on a retrouvé les traces remonte à 8 Siècles avant JC.  (c’était en Chine sous la dynastie des Han Occidentaux). Les arabes s’en servirent avant nous… Ce n’est qu’au 8ème siècle après JC que dans nos contrées on sut confectionner le papier. Ceux qui ont envie de savoir comment peuvent trouver des renseignements utiles dans mon article dédié au papier Arches.

A la Renaissance l’usage du papier devint plus commun… et avec lui bien sûr l’usage des chevalets. C’est donc en étudiant l’histoire de l’Art et en se plongeant dans les anciennes oeuvres d’Art que nous pouvons comprendre comment travaillaient les vieux Maîtres.

Il faut pourtant différencier l’usage oriental et l’usage occidental du chevalet. On n’y pense pas toujours mais en Orient on vit au ras du sol, alors les Artistes utilisent d’autres outils et prennent d’autres positions qu’en Occident où l’on aime se retrouver sur une chaise plutôt que de peindre debout…

Ensuite, il faut différencier le travail en Atelier d’oeuvres souvent géantes de par leur format… et le travail en plein air (outpainting ou outdoor).

Voici en vrac, à titre de documentation, la manière dont peignaient des Artistes suffisamment connus pour qu’on en retrouve trace… comme d’habitude sur mon site, la légende est visible en laissant votre souris un moment sur l’image et la plupart des images sont agrandissables par clic.

CHRISTIANE ALLENBACH | GRAND CHEVALET CHRISTIANE ALLENBACH | SIEGE CHEVALET CHEVALETS ET TABOURET

Qu’il s’agisse de dessin (crayon, graphite, stylo, craies, carrés conté, ou même pinceau car on peut aussi dessiner au pinceau) ou de peinture… sauf à calquer, pour avoir une oeuvre vivante il faut avoir une gestuelle souple. Celle-ci passe par la bonne position. Les personnes ayant un souci physique (c’est mon cas mais d’autres peintres ont continué à peindre dans des conditions bien pires, je tire ici mon chapeau à Renoir et à bien d’autres…) doivent adapter les outils à leur problème et parfois faire preuve d’ingéniosité et dans tous les cas de ténacité.

La justesse d’un trait (dessiné ou peint) ne dépend pas que de la qualité de l’outil ni même parfois du niveau de l’Artiste… mais aussi de tout un contexte environnemental dont la position de travail devant le chevalet. L’une des écoles où l’on apprend encore correctement ses bases est par ex. Angel  Academy (site anglophone).

Une gestuelle professionnelle et répétitive peut, si la position est incorrecte, engendrer des tendinites ou des douleurs dorsales. C’est pour cela que dans les temps anciens… on apprenait avant le dessin… la position assise et debout correcte.

Le « tiens-toi-droit » inculqué en milieu scolaire à nos grand’parents et parents reprend tout son sens en dessin car la gestuelle est différente selon que l’on soit droit (ce qui libère le mouvement) ou penché (pour les détails). Droit oui mais… droit-souple, pas droit-raide !!!

Le crayon ou le pinceau ne se tient pas… comme pour écrire mais beaucoup plus haut.

Les mouvements, eux, doivent partir de l’épaule (si on est assis) et parfois de l’axe vertébral (si on est debout). Beaucoup de peintres travaillent avec une main derrière le dos mais cela nécessite qu’on ne soit pas obligé(e) d’avoir une palette en mains, donc qu’on ait un meuble adapté pour poser son matériel.

Il faut toujours commencer à privilégier l’amplitude et ne pas penser à la précision > mettre de la dynamique dans un dessin grand format (raisin ou plus) permet d’avoir au bout du compte un dessin vivant et dynamique. Parfois ce dynamisme fait oublier certaines inexactitudes techniques. Un dessin vivant fait avec une grande amplitude de mouvement sera toujours plus captivant qu’un dessin juste mais sans vie.

Penser aussi que la justesse des lignes ainsi tracées… sont déterminantes et que le travail des ombres et volumes n’intervient qu’après voire pas du tout…

Pour arriver à dessiner rapidement (sous réserve bien sûr qu’on ait un corps qui fonctionne bien) la solution passe par la fluidité… car celle-ci exclut le mental donc on trace instinctivement et surtout librement.

Aussi étonnant que cela paraîsse… il est bon de faire un peu d’exercice physique avant de se mettre à dessiner ou à peindre.

Autre petite parenthèse… le savoir-faire ancien se perd… de même que les anciens bancs d’écoles étaient obliques pour mieux écrire… on ne sait pas forcément produire de nos jours, un mobilier artistique étudié… aussi cher que soit le matériel, il y a toujours un aspect technique qui peut ne pas nous convenir. C’est aussi pour cela que les Musées font faire leurs immenses chevalets en métal et de manière artisanale, suivant plan… et que les grands Peintres le font confectionner conformément à leurs souhaits, chez un ébéniste.

Travailler debout permet de prendre plus facilement du recul… surtout pour un boulot sur un modèle vivant. Je parle ici d’un travail abouti nécessitant un minimum de huit heures de pose, pas pour les entraînements en ateliers avec pauses courtes de cinq ou dix minutes… 

Voici cependant le matériel type qu’on utilisait autrefois en cours… et que j’ai eu l’occasion de tester… Alors que les images ci-dessus sont de Wikipédia, celles ci-dessous sont les miennes :

Stable et solide, mais basique, il suffit à la plupart des études de format raisin ou même plus et convient si le sujet est sur un meuble surélevé ou pour des perspectives particulières. Accessoirement je m’en sers aussi… de porte-manteau car j’avoue aimer les objets multifonctions…

Dans le même ordre d’idées, j’aime bien les chevalets improvisés à orientation variable que l’on peut avoir en position assise avec un carton à dessin et un objet fixe où en reposer l’extrémité. Ce sont alors les genoux qui font office de « cale » et permettent de varier l’inclinaison. Cela nécessite de limiter la souplesse du mouvement à un départ de l’épaule… car en position assise l’axe du corps peut moins bouger. L’usage d’un tréteau est habituel pour pareil cas, à la place du chevalet. Il faut cependant veiller à choisir un tréteau bien stable, pas comme celui-ci :

Alors qu’un tréteau instable peut se renverser en cours de travail, un tréteau stable avec si possible un repose-pied permettant de régler la hauteur des genoux… permet un travail assis de qualité, avec une inclinaison variable.


Voici le tréteau que j’aime utiliser, en métal et stable… il a tout bon… et permet de travailler sur une chaise normale (en ne s’adossant pas)  ou sur un tabouret (mieux).

Voici des tabourets de différentes hauteurs, qui permettent de varier la perspective… j’aime beaucoup celui qui a un repose-pieds.


Ceci bien sûr si on ne dispose pas de matériel « pro » ou fait sur mesure. Voici maintenant un tabouret-chevalet qui bloque l’Artiste dans une position près du sol convenant merveilleusement au dessin et à la mise en peinture de modèles sur le sol ou fort peu surélevés… car la ligne d’horizon doit se trouver à peu près, comme en photo, à mi hauteur d’un corps debout. De fabrication artisanale, celui-ci a battu tous les recors de solidité… mais on ne les fait plus en série, il faut aller voir un ferronier-d’Art avec un plan précis donc avoir un original à disposition pour en prendre les mesures.

Les chaises (combinables avec un tréteau) peuvent varier mais ceux qui auront essayé une chaise spécial « dos »… remarqueront aussi qu’ils ont alors une meilleure amplitude dans les mouvements. Cette chaise nécessite cependant un chevalet en bois classique. La voici, et en dessous des chaises d’atelier normales.


J’évoquerai ultérieurement d’autres méthodes de travail (peinture sur table, au sol, sur mur, sur échelle) mais pour tous ceux qui s’intéressent au chevalet, il peut être utile de faire un tour d’horizon et de voir que finalement, en étant un peu inventif, on n’en a pas systématiquement besoin, dès lors qu’on sait mettre l’accent sur la liberté du mouvement.

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