Autour d’un pinceau…

 

Un pinceau, par définition est un instrument de calligraphie, de dessin et de PEINTURE.

Il est composé d’un manche (ou hampe) en bois ou en matière plus moderne, et de poils. Ceux-si ont autrefois été réunis et fixés au manche par du fil en laiton et dans le jargon artistique on dit alors que le pinceau est monté sur plume.

De nos jours la plupart des pinceaux sont montés en virole (partie métallique assemblant poils et manche).

La qualité du pinceau dépend de la nature du poil utilisé pour sa confection et de la minutie avec laquelle il est fabriqué.

Les pinceaux peuvent, en gros, se classer dans les groupes suivants :

POILS FINS-NATURELS

– martre, vison, écureuil (petit gris), mangouste

autres poils « naturels »

martrette, blaireau, putois, oreilles de bovin ou d’équidé,
– gibier, oiseaux, lièvre, loup, caprinés, ours…
– soies de porc

POILS SYNTHETIQUES

 

Je parle sous forme d’articles (faits et encore à venir) de certains pinceaux et de leurs particularités par rapport à l’aquarelle, et cet article se veut avant tout une explication générale, avec conseils d’entretien, car souvent les débutants sont un peu désemparés par rapport au flot d’informations que l’on trouve un peu partout.


Pour fournir un travail de qualité et se conservant trèèès longtemps, il faut un excellent médium et un papier de premier choix mais le pinceau lui conditionne style et technique et occupe donc une place très importante pour l’aquarelliste.

Contrairement à  une idée répandue, il ne faut pas une grande panoplie de pinceaux mais quelques BONS… qui sont polyvalents.

Les meilleures touffes sont celles en mangouste ou  martre, et leur POINTE doit être impeccable. Les pinceaux sont généralement testés, mais n’hésitez pas (surtout pour les plus onéreux) à demander un verre d’eau au magasin pour tester. Attention, un pinceau neuf est engommé, laissez le ramollir un bon moment dans l’eau, le manche scotché au verre de manière à ce que la pointe ne touche pas le fond mais pende dans l’eau. Ensuite vérifier avec les doigts que la pointe soit impeccable. Si oui… parfait. Ne jamais laisser la touffe se déformer en faisant tremper le pinceau dans l’eau sans précautions… c’est rhédibitoire.

Le tube en plastique fourni à l’achat… n’est pas très utile. En effet, un Artiste se sert souvent de ses pinceaux et on ne peut utilement mettre une touffe sous tube que lorsqu’elle est parfaitement sèche.

Pour les pinceaux en poils naturels qui servent peu… il est utile, après séchage complet, de les mettre dans un écrin avec une petite boule de camphre mais certains Artistes dissuadent les insectes de s’attaquer aux touffes de leurs pinceaux en trempant ceux-ci dans de l’Encre de Chine. Attention cependant… elle est ensuite difficile à enlever. Pour ma part, n’aimant pas non plus les produits chimiques tels que le camphre, je préfère recourir à un Tupperware long-et-plat ce qui par contre n’est possible que si le manche fait moins de 25 cm… Pour les pinceaux plus longs, une fois secs on peut les entreposer dans du nylon fermant hermétiquement.

Pour le transport avec touffe mouillée… une housse en paille ou en tissus conviendra si de retour à la maison on les sort de là !

Les pinceaux pour aquarelle existent avec des touffes en pointes extra-courtes… effilée, longue fine, fine, longue ou extra longue, mouilleur-sur-plume, mouilleur ovale, plat et à réservoir.

Un aquarelliste peut aisément se passer de produit d’entretien pour ses pinceaux ! les nettoyer régulièrement à l’eau claire est amplement suffisant. Il est par contre important de ne jamais laisser de résidu de médium entre les poils surtout près de la virole. Dans un autre ordre d’idée, pour le séchage, la pointe doit être dirigée vers le bas pour que l’eau ne rentre pas dans la virole. Des systèmes existent dans le commerce… et les pinceaux chinois comportent au bout d’un manche une petite anse permettant l’accrochage à un clou.

Les pinceaux les plus vendus sont les petit-gris et les martre.  Mais il faut aussi un pinceau synthétique (peu cher) et plus nerveux.

Pour un débutant, l’idéal et le moins cher est d’acheter un LOT de pinceaux…

Il faut au minimum :

  • un pinceau à lavis (le moins cher fera parfaitement l’affaire, on le prendra plus ou moins grand selon la taille prévue du travail que l’on fait le plus souvent)
  • un ou deux pinceaux-brosse
  • un pinceau à pointe très fine mais souple
  • un pinceau à pointe très fine mais dure (chinois par ex)

On peut aisément se passer de pinceaux à pointe :
éventail, traçeur ou jupon, usée-bombée…

Ce n’est pas le pinceau qui fait l’Artiste, c’est le savoir-faire. S’entraîner régulièrement à peindre un tableau avec UN SEUL pinceau est très formateur.


Il n’y a pas de pinceau idéal… et souvent on en change au fur et à mesure de sa progression artistique… Même avec des années de pratique j’utilise encore régulièrement un pinceau-scolaire à trois sous qui me donne entière satisfaction…

Certains pinceaux particuliers sont très onéreux, notamment en raison de leurs poils… et du soin nécessaire à leur fabrication. Ici chez Raphaël un petit aperçu de la procédure…

Voici aussi un lien intéressant vers Da Vinci + Isabey mais il y a quantité d’autres bonnes marques (Escoda par ex.) et souvent les artistes vendent leurs pinceaux en stage. Ceci est particulièrement intéressant si on veut garder la « griffe » du maître de stage.

Bien sûr… une fois nos pinceaux achetés… on brûle tous d’envie de les essayer. Des chûtes de papier ou échantillons gratuits sont parfaits pour cela…


Disposer un peu de médium sur une assiette, humidifier le pinceau et l’égoutter. Ensuite prélever un peu de couleur et en imprégner la pointe de la touffe. Tracer ensuite une ligne pour voir la réaction de la pointe, puis des courbes. Après seulement, travailler sur des papiers successivements très mouillés, un peu mouillés et complètement secs. Les cycles de l’eau sont repris ici.

Bonne peinture à vous…


(les tubes / godets / papiers sont abordés séparément)

 

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CHRISTIANE ALLENBACH RETOUR ACCUEIL facebook sous ALLENBACH CHRISTIANE WATERCOLOR